Municipales à La Possession : la mairie veut faire payer l'organisation des réunions de campagne

  • Publié le 5 mars 2026 à 12:46
  • Actualisé le 5 mars 2026 à 13:16
Mairie de la Possession

(Actualisé) Ce lundi 2 mars 2026, la campagne des municipales était officiellement lancée. À quelques jours du scrutin, une polémique oppose des candidats à la maire sortante de La Possession. En cause : la mise en place d'une autorisation d'occupation temporaire (AOT) pour organiser des réunions politiques sur le domaine public, accompagnée d'une redevance de 2 euros par mètre linéaire occupé. Contactée par Imaz Press, la mairie explique qu'il s'agit d'"une tarification votée en conseil municipal d'une soixantaine d'euros pour toute la durée de la campagne" (Photo : www.imazpress.com)

Cette nouvelle réglementation a été pointée du doigt par Vincent Rivière, candidat aux élections municipales à La Possession, dans un courrier adressé à la presse dans lequel il dénonce "une entrave à la démocratie".

Dans son message, Vincent Rivière explique avoir été informé par la mairie, le premier jour de la campagne, que les candidats devront désormais signer une AOT pour organiser leurs réunions publiques. Un document à lire, dans son intégralité, ci-dessous :

La commune précise dans ce mail, "que toute réunion organisée sur le domaine public (places, rues ou parvis) nécessitera cette autorisation préalable". Dans un courriel adressé au candidat, les services municipaux indiquent notamment : "Aucune installation ne pourra intervenir sans l’accord exprès de la commune".

Dans des échanges suivant la réception de ce mail, la mairie précise les modalités financières de cette occupation. "Le tarif d’occupation est de 2 euros par mètre linéaire par emplacement (un pupitre + une sono portative sont considérés dans 1 ml) à apprécier en fonction de votre besoin. L'espace occupé par le public n'est pas pris en compte mais il est demandé de veiller à sa sécurisation."

- Une disposition "inédite et profondément inacceptable" -

"À ma connaissance, aucune autre commune de La Réunion n’impose ce type de restriction financière et administrative aux candidats en période électorale", affirme Vincent Rivière.
 "Une telle disposition est inédite et profondément inacceptable et soulève de sérieuses interrogations quant au respect du principe d’égalité entre les candidats et à la liberté d’expression politique. 

Le candidat affirme également qu’aucune délibération du conseil municipal ne lui a été communiquée pour justifier cette mesure. "Aucune base juridique précise n’accompagne cette demande", déplore-t-il.

Dans son courrier, il annonce avoir saisi le préfet afin d’obtenir un avis sur la légalité du dispositif. "Le Code électoral garantit aux candidats la liberté de s’exprimer et d’organiser des réunions publiques dans le respect des règles en vigueur. Rien ne saurait entraver ce principe fondamental", écrit-il.

Contactée par Imaz Press, la mairie de La Possession explique que "c'est une réglementation qui existe en matière d'occupation du domaine public. Dès lors une personne doit faire une demande officielle d'AOT". La municipalité se justifie : "c'est une tarification votée en conseil municipal d'une soixantaine d'euros pour toute la durée de la campagne municipale, envoyé à la préfecture pour être enregistrée". 

La mairie poursuit et explique que : "le but est que chacun ne soit pas dans le lieu où un autre candidat a prévu d'être".

- Un autre candidat critique la démarche -

Erick Fontaine, lui aussi candidat à La Possession, partage également ses réserves sur cette procédure. Il indique ne pas avoir reçu de message de la mairie. "J'ai reçu un mail de la sous-préfecture m'informant de la demande de la commune de mettre en place des AOT".

Une demande qui pour lui n’a pas de valeur contraignante. "J’estime que c’est illégal. Pour ma part je n’ai jamais répondu à ce mail puisqu’il n’y a rien de concret. Quand il y aura un arrêté officiel, j’attendrai avec impatience qu’on vienne me verbaliser".

Le candidat va plus loin en dénonçant une manœuvre politique. "Pour moi, c’est une manière pour la maire sortante d’empêcher les autres de faire campagne", affirme-t-il. "Elle est dans la manipulation parce qu'elle se sent affaiblie".

Il évoque également un précédent autour de l’affichage électoral. "Il y a un mois déjà, on m’a demandé d’enlever mes affiches sur les panneaux d’affichage gratuits et à disposition de tous. La loi me permet de le faire. Je ne les ai, bien entendu, pas retirées".

vg/www.imazpress.com/[email protected]

guest
6 Commentaires
Un front anti Miranville
Un front anti Miranville
4 heures

Un front anti Miranville se dessine.
2 mandats ... et les impôts ne baissent pas.

Mesquinerie
Mesquinerie
6 heures

Une Maire dans le doute qui ne sait plus quoi faire. Une façon aussi d’espionner ses adversaires politique. Du jamais vu dans aucune commune de France, bonjour la démocratie !

Marre d'elle
Marre d'elle
8 heures

A ete écolo
Aujourd'hui a droite avec jeannot lapin de st Jo.

Missouk
Missouk
10 heures

Elle la tête qui enfle Mme MIRANVILLE. Son virage à 180° de l'écologie (militante Greenpeace, membre des Verts...) vers la droite pure et dure laisse des traces. Que les possessionnais la remettent une bonne fois à sa place!

Tout sauf Miranville qui roule a droite
Tout sauf Miranville qui roule a droite
10 heures

Changeons de maire a la Possession.

Denis Rupella
Denis Rupella
5 heures

On marche sur la tete … c’est un peu comme dans les affaires Sarkozy et Le Pen , voilà maintenant qu’on s’offusque quand la loi et la réglementation sont appliquées !!..à croire que parce qu’on fait de la politique on est au dessus des lois ..plutôt que de s’indigner, tous ces messieurs qui, j’en suis sûr, fustigeraient tous ceux qui veulent mettre à bas l’Etat de droit , sont les premiers à crier au complot..j’espère en tout cas que les services de la mairie mettront à l’amende MR Fontaine ce défenseur de la veuve et de l’orphelin qui réclame l’application du droit pour les autres , mais surtout pas pour lui !!!… la ou moi je crierai à l’injustice c’est si la Mairie fermait les yeux et ne verbalisait pas en cas d’impayé !