Union maritime interprofessionnelle de la Réunion

"Oui à la réforme portuaire dès 2012"

  • Publié le 20 mai 2011 à 09:50
Jeudi 19 Mai 2011

Conférence de presse de UMIR

L'union maritime interprofessionnelle de la Réunion (UMIR), donnait une conférence de presse, jeudi 19 mai 2011, pour appuyer l'entrée en vigueur de la réforme portuaire dès le mois de janvier 2012. La Chambre de Commerce freine ce passage d'une concession à un établissement public, synonyme pour elle d'une perte d'activité équivalente à 1,2 million d'euros annuel.

Pour les professionnels de l'UMIR, la réforme portuaire permettra de mettre en place un système de prise de décision allégé indispensable pour assurer la compétitivité des infrastructures réunionnaises dans un monde maritime en mutation permanente. Dans la zone, le port de l'île Maurice, mais aussi celui de Durban, en Afrique du Sud, font figure de concurrents de taille. Plus adaptés, ils pourraient reléguer la Réunion à un port de seconde zone sur la route des grands navires entre l'Asie et l'Afrique, si rien n'est fait.

Actuellement, trop archaïque dans son fonctionnement, la prise de décision au port de la Réunion freine son développement et grippe tout le système. " Dans la forme actuelle, il y a de nombreuses couches de décisions, après la réforme, il n'y en aura que deux. On va vers une simplification des prises de décisions ", indique Jean de la Perrière, membre de l'UMIR.

Sans compter qu'un nouveau schéma directeur portuaire doit être dessiné pour la période 2015-2040 et doit être réfléchi avec les nouvelles institutions. " Nous pensons qu'il faut que la réforme se mette en place dès janvier 2012 pour mettre en place la politique qui gèrera le port pour les années à venir ", indique par ailleurs Michel Antonelli, président de l'UMIR.
 
En plus, la Réunion n'a aucune chance de connaitre les grandes grèves qui ont secoué les ports métropolitains en raison des transferts de personnels. Depuis 1994, les dockers sont gérés par les entreprises qui les emploient sous un statut privé. La CGTR port et docks soutient d'ailleurs cette réforme et " souhaite même qu'elle passe rapidement ", a indiqué son représentant, Michel Seraphine.

Mais hormis en Guadeloupe, les ports des DOM dépendent des chambres de commerce et d'industrie et la réforme doit permettre la mise en place d'établissements publics d'état. En mars 2011, les représentants des chambres de commerce de Martinique, Guyane et Réunion ont demandé le report de la mise en place de la réforme qui, à la Réunion, apporte 1,2 millions d'euros d'activité annuelle. La concession réunionnaise à la chambre de commerce court jusqu'en 2018, contre 2011 pour les autres DOM.
 
En conséquence, le président de la chambre de commerce demandait la compensation de cette part d'activité estimée à 7,2 millions si la concession allait à son terme. Selon l'UMIR, les autres DOM ont révisé leur position et accepté la mise en place de la réforme dès le début de l'année 2012. Contactée, la chambre de commerce n'a pas donné suite à notre demande.

La création des grands ports maritimes en 2008 a profondément bouleversé le cadre juridique dans lequel les principaux ports français déploient leur activité. Les décrets d'application devraient sortir vers le mois d'octobre 2011. Entre autres, la loi rationalise l'organisation de la manutention portuaire sur le modèle des principaux ports européens.
 
Selon cette réforme, le grand port maritime sera dirigé par un directoire, sous le contrôle d'un conseil de surveillance. Son président sera nommé par décret, après avis conforme du conseil de surveillance. De leur coté, les milieux professionnels, sociaux et associatifs,  ainsi que les collectivités territoriales seront représentés dans un conseil de développement.

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