26 jeunes de Saint-Denis ont pu bénéficier du dispositif "Pass'Animation", une premiÚre à La Réunion. Développé par la ville et financé par PÎle-Emploi, ce dispositif permet à tous les jeunes déjà engagés dans une association de la ville de bénéficier d'une formation rémunérée, avec à la clé le diplÎme du brevet d'aptitude aux fonctions d'animateurs (BAFA). Du 5 au 9 juillet 2021 ils ont débuté la premiÚre étape de la formation. (Photo : jb/www.ipreunion.com)
"Le brevet d'aptitude aux fonctions d'animateur (BAFA) est une formation diplÎmante qui permet de travailler avec des enfants ùgés de 3 à 17 ans. C'est une formation enrichissante qui me permet de concrétiser mes projets professionnels" raconte Caroline, une jeune dyonisienne de 25 ans, déjà engagée dans un service civique. "Pour ma part, cela fait trois ans que je travaille dans l'animation, j'ai vraiment eu un déclic lors de mon service civique. Ce diplÎme est vraiment la clé pour la suite ma vie professionnelle."
Comme Caroline, 25 autres jeunes entre 17 et 25 ans ont pu profiter du "Pass'Animation", dĂ©veloppĂ© par la ville de Saint-Denis et financĂ© par PĂŽle-Emploi. Un dispositif inĂ©dit sur l'ile de La RĂ©union.Â
La formation est rĂ©munĂ©rĂ©e : une rĂ©elle opportunitĂ© pour les jeunes. "Nous leur proposons de passer leur BAFA gratuitement en Ă©change de 100 heures de leur temps pour une association de leur choix", note Ericka Bareigts, la maire de la ville. Pour Barnabe Proudhom, le responsable de l'agence de PĂŽle-Emploi de Saint-Denis, ce dispositif permet sur le long terme de crĂ©er de l'emploi. "Cela a pour objectif de favoriser l'insertion sociale des jeunes dans notre sociĂ©tĂ©, mais aussi de conforter leur engagement pour la ville", affirme ce dernier. Ericka Bareigts explique le dispositif, Ă©coutez :Â
Ces futurs animateurs n'ont pas Ă©tĂ© choisi par hasard. C'est leur dĂ©termination et leur motivation qui ont payĂ©. "Tous ces jeunes ont Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©s parce qu'ils sont dĂ©jĂ bĂ©nĂ©voles dans des associations qu'elles soient sportives, cultuelles ou plus prĂ©cisĂ©ment celles qui touchent Ă l'Ă©ducation populaire. Pour le recrutement, on a créé tout un 'Ă©cosystĂšme jeunesse' oĂč il y a un certain nombre d'associations de quartier. C'est ces associations qui nous ont dit : ce jeune est gaillard et nous souhaitons le rendre Ă©ligible au Pass'Animation", raconte Matieu Accot, le directeur jeunesse de la ville de Saint-Denis.
La premiĂšre promotion a dĂ©butĂ© la formation ce lundi 5 juillet 2021 et s'est terminĂ©e ce vendredi 9 juillet. La formation se fait en trois phases : la premiĂšre dure sept jours et est essentiellement thĂ©orique. "Durant cette semaine, nous avons fait essentiellement de mise en situation. Nous nous mettons dans des situations extrĂȘmes afin d'ĂȘtre prĂ©parĂ© au pire. Nous apprenons aussi Ă animer des activitĂ©s pour toutes les tranches d'Ăąge. Nous faisons Ă©galement des retours sur expĂ©rience aprĂšs chaque activitĂ©, c'est important pour pouvoir se remettre en question" illustrent AmĂ©lie et Sophie, deux futures diplĂŽmĂ©es.
Ce mercredi 7 juillet, les jeunes étaient en train d'animer une "balle au prisonnier". C'est sur la comptine "un régiment de fromage blanc" qu'ils ont accueilli les élus, regardez :
Les deux secondes Ă©tapes seront des "stages pratiques" : "le premier stage pratique est de 14 jours. Lors de ce stage, les jeunes sont en immersion dans la structure de leur choix et travaillent en tant qu'animateur, le second, de sept jours, est un stage d'approfondissement qui permet de se spĂ©cialiser dans un domaine de leur choix. Cela peut ĂȘtre "surveillant de baignade" ou encore "assistant sanitaire"." raconte Cyril Conradi, coordinateur du comitĂ© rĂ©gional des associations jeunesses et de l'Ă©ducation populaire (CRAJEP).
- Une rĂ©elle opportunitĂ© professionnelle -Â
"C'est une expĂ©rience trĂšs enrichissante, et c'est surtout une grande opportunitĂ©. La formation BAFA coĂ»te cher normalement. De plus cela me conforte dans l'idĂ©e de travailler avec les enfants plus tard", raconte avec fiertĂ© Zabibou Moussa, la premiĂšre personne Ă s'ĂȘtre inscrite. AmĂ©lie a quant Ă elle toujours voulu travailler avec les enfants, mais n'a jamais eu de "rĂ©elles expĂ©riences", c'Ă©tait donc "une chance" pour elle. "LĂ on apprend vraiment Ă redevenir enfant, Ă se mettre Ă leur place. C'est super intĂ©ressant d'ĂȘtre dans une situation comme ça. " Elle s'exprime quant Ă son avenir professionnel, Ă©coutez :
Pour d'autres, avant d'ĂȘtre un accomplissement professionnel, cette formation est surtout une rĂ©ussite personnelle. C'est notamment le cas de Sophie qui a su gagner en confiance en elle. "Cela m'a beaucoup enrichi. Etant trĂšs timide, j'ai appris Ă m'exprimer devant un public, maintenant je suis plus sĂ»re de moi, Ă la fois avec les adolescents, mais surtout avec les enfants" raconte-t-elle. Elle ajoute :"j'ai appris beaucoup sur l'enfant, sur ce qu'il faut dire, ce qu'il ne faut pas dire, les bons gestes Ă adopter face Ă eux ... on a appris Ă gĂ©rer les situations dĂ©licates, par exemple quand les enfants vont poser des questions hors du commun..."Â
Pour mettre Ă bien ce projet, 160 agents communaux ont Ă©tĂ© mobilisĂ©s. Pour l'heure, les Ă©lus tiennent Ă rappeler que ce dispositif est en phase d'expĂ©rimentation. Â
jb/www.ipreunion.com / [email protected]

