(Actualisé) Les maires ont décidé de se mobiliser ce mercredi 20 mai 2026 à partir de 9h sous les fenêtres du représentant de l’État à La Réunion. Du bruit et une présence pour alerter le préfet Patrice Latron, et lui demander, une fois de plus, de ne pas toucher aux contrats PEC. Sans discussions et sans échanges, le couperet est tombé le 5 mai dernier : 4.000 contrats PEC sont attribués à La Réunion pour l'année 2026, dont 800 pour l'ensemble des communes, contre 10.000 en 2025. Le taux de prise en charge et la durée des contrats sont aussi revus à la baisse. Une décision unilatérale qui force les collectivités à repenser leur fonctionnement. Ce mercredi, les maires ont décidé d’élargir leurs revendications : mutations des enseignants réunionnais et diminution des financements des logements sociaux sont aussi à l'ordre du jour (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Dans les couloirs de la mairie de l’Étang-Salé, les équipes de direction s’affèrent.
Il faut non seulement réaménager certains accueils, mais aussi faire l’état des lieux des compétences des employés communaux afin de les dispatcher dans d’autres services, s’ils en ont les compétences. Le tout, en plus, sans impacter son service principal.
Dans les cours d’école, par exemple, hors de question de laisser les écoliers sans surveillance sur les temps de la pause méridienne et de l’accueil des matins dont la mairie a la responsabilité. À l’heure où les 120 contrats PEC de la ville sont supprimés, un mot d’ordre subsiste : il va falloir faire preuve de résilience.
À l’Étang-Salé, l’accueil périscolaire du matin et des après-midi assuré par la municipalité est menacé. Sans contrat PEC, la prise en charge de la garderie par la mairie prendra fin.
- Le contrat PEC: "un ascenseur social" -
Dominique Deurveilher, directeur général des services à la mairie de l’Étang-Salé nous raconte : "Sur les 120 contrats PEC de 21 heures que nous avions par an, la grande majorité, environ 75, étaient affectés dans les écoles, direction de la vie éducative et également à la restauration scolaire. Cela nous a permis également de mettre en place depuis 2022 l'accueil périscolaire dans les écoles, tôt le matin et jusqu'à 17 heures le soir. C'est un service qui est rendu aux parents d'élèves et qui est très apprécié."
Un service, qui risque de s'arrêter à la rentrée, forçant ainsi les parents à se ré-organiser eux aussi.
Le DGS de la ville de l'Étang-Salé en est persuadé, les contrats PEC constituent un vrai appui dans l'organisation des services, mais ce n'est pas tout. Selon lui, ces missions ont également une vocation d'ascenseur social.
Dominique Deurveilher raconte : "Dans nos effectifs, on a bon nombre d'agents aujourd'hui qui sont en catégorie C, B, voire A. On a même un directeur d'établissement public de la commune qui a commencé sa carrière sur un emploi jeune. C'est un emploi aidé qui lui a permis de mettre le pied à l'étrier, de se former, de passer ses concours. Nous avons d'autres chefs de services qui ont commencé également sur des dispositifs semblables et aujourd'hui qui occupent un poste d'encadrement au sein de la collectivité. C'est donc un vrai dispositif d'ascenseur social d'un côté, et un dispositif d'amortisseur social également de l'autre sur des postes plus d'exécution, notamment sur un public un peu plus âgé, très éloigné de l'emploi".
- Mutualisation, réaffectations internes et externalisation des services-
Selon le directeur des ressources humaines de la ville, afin de faire face aux besoins de la municipalité, une piste est envisagée : faire appel à des entreprises extérieures pour le nettoyage par exemple.
Patrick Rivière détaille : "On est en train de travailler avec les services pour voir comment on peut réorganiser d'un côté sans désorganiser de l'autre, parce qu'il faut aussi assurer un minimum le service d'origine d'où l'agent sort. C'est une solution qui va être provisoire. On voit aussi des formes d'externalisation possibles, notamment pour l'entretien, à condition que le coût soit raisonnable également, puisque s'il faut prendre une entreprise de prestation de services pour faire l'entretien des bâtiments ou des écoles, on le fera, dans la limite de nos moyens budgétaires".
- Un système et un fonctionnement à repenser -
À Saint-Leu, un audit financier et organisationnel est en cours. La ville avait jusqu’à présent un quota de 200 contrats PEC majoritairement affecté au fonctionnement des 20 écoles du territoire.
C’est là aussi tout un fonctionnement à repenser, le maire de la ville, juge la diminution des quotas brutale et aurait souhaité que celle-ci soit accompagnée par l'État. Il annonce participer à la manifestation de ce mercredi devant la préfecture de la Réunion, tout d’abord en solidarité avec les autres maires de l’île, mais aussi pour demander et proposer des solutions.
Karim Juhoor demande : "J'appelle vraiment l'État à entrer dans le dialogue avec l'ensemble des maires de la Réunion et c'est pour ça que je suis aussi à cette mobilisation. J'attends une révision, mais pas simplement qu'on nous dise est-ce qu'on augmente un petit peu le nombre de contrats PEC, mais qu'on aille aussi sur d'autres leviers de financement".
Le maire de Saint-Leu complète son propos : "Qu'on nous dise s'il y a des appels à projets qu'on peut lancer par rapport à un montage de projet sur l'éducation. Par exemple, qu'on nous dise s'il y a des appels à manifestations d'intérêts pour faire en sorte que nous puissions avoir beaucoup plus de personnel avec des enveloppes données. Et si l'État pense que l'emploi PEC n'est pas assez contrôlé. Qu'il fasse du contrôle, mais qu'il nous donne les moyens de le faire aussi".
Un questionnaire va être distribué aux agents de la ville afin de faire le point sur leur compétence et envisager un état des lieux, avec l'ensemble des employés communaux qui permettra de définir quels agents pourront assurer des surveillances dans les écoles, par exemple.
- Les villes ont trois mois pour repenser la gestion des écoles -
Le mot d’ordre à Saint-Leu : réaffectations et réorganisation "Notre but, là, c'est de se réinventer un peu", lance le maire de Saint-Leu.
"C'est un peu brutal, le fait qu'on nous impose de nous réinventer dans le temps imparti. L’État aurait dû accompagner sur cette réorganisation et sur ce changement. Vous savez, quand l'État met en place des emplois PEC, et surtout le nombre d'emplois PEC, il faut qu'il se pose la question aussi de, si on enlève demain, quelles conséquences sociales ça aura. Et là, c'est ça que je regrette, c'est qu'il n'y a pas eu forcément de questions posées sur les conséquences sociales".
À Saint-Leu comme à l’Étang-Salé, il n’y aura pas de renouvellement des contrats PEC. Pour le maire de Saint-Leu, c'est aussi l’occasion de repenser l’organisation communale. Karim Juhoor partage sa vision :
"Par contre, le fait de changer de modèle, je suis tout à fait d'accord, moi, pour changer de modèle par rapport aux emplois PEC. Parce que les emplois PEC ne permettaient pas suffisamment aux gens de s'émanciper, d'être dans un emploi pérenne. Vous voyez ? Et ça, c'est des choses qui me gênaient beaucoup".
- Les élus demandent un rendez-vous au Premier ministre -
Ce mercredi, "la Présidente du Conseil régional, le Président du Département, les parlementaires de La Réunion, et les maires de l’île, cosigneront une lettre solennelle adressée au Président de la République afin d’alerter sur les conséquences économiques, sociales et humaines de cette décision, notamment concernant la baisse du nombre de PEC, la réduction des durées de prise en charge et la diminution des financements associés" expliquent les organisateurs de la manifestation dans un communiqué.
Une seconde lettre sera également adressée au Premier ministre afin d’attirer son attention sur la situation sociale particulièrement préoccupante que traverse actuellement La Réunion.
"Par ailleurs, une motion commune sera adoptée afin d’alerter les pouvoirs publics sur les conséquences sociales extrêmement graves de cette réduction des PEC, notamment en matière d’emploi, de logement social, de cohésion sociale et de justice sociale sur notre territoire" peut-on lire dans le communiqué.
Si la mobilisation des maires ne parvient pas à faire bouger les lignes ce mercredi, tous auront un peu moins de trois mois pour repenser complètement l’accueil des écoliers de leur ville.
Le fonctionnement actuel s’appuie sur des contrats aidés dont la durée varie entre 6 mois parfois à une année scolaire.
Un système qui a plus de 20 ans et dont il faut, pour le moment, apprendre à se passer. Le lundi 17 août 2026, parents et enfants découvriront peut-être une école un peu différente. C’est le moment de réinventer le fonctionnement des mairies, des écoles et l’usage et la répartition des contrats courts.
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C'est la fête des maires...
Si les postes occupés par les contrats PEC sont utiles, il est de la responsabilité du Maire de les financer sur fonds propres. Il y a tellement de gaspillage dans les mairies qu'une simple rationalisation des dépenses et une vraie redéfinition des missions s'imposent désormais sans détour.
Les électeurs ont élu ou réélu des vendeurs de course adepte du clientélisme sur un ti contrat
Que ces élus assument à présent. ON A LES ELU QU' ON MERITE ... Amen !
Nos élus ont élargi leurs revendications pour faire adhérer les administrés à leurs promesses démagogiques car ils sont dans le coltar a eux de se démerder et d' assumer pas la population d en faire les frais d autant plus qu ils ne représentent moins de la moitié des administrés.