Après le cyclone Garance

Plan ravine : pas d'annonce miracle, mais quelques avancées pour les élus

  • Publié le 8 juillet 2025 à 02:59
  • Actualisé le 8 juillet 2025 à 10:32
À La Possession, le quartier des Lataniers privé d'eau, d'électricité et de routes

Ce lundi 7 juillet 2025, les maires et présidents d'intercommunalités étaient conviés au comité de pilotage "inondations" organisé à la préfecture. La question de l’entretien des ravines y a été au cœur des débats. C'est avec un sentiment mitigé que les participants ont quitté cette réunion (Photo : rb/www.imazpress.com)

Plus de quatre mois après le passage du cyclone Garance, la question de l'entretien des ravines est devenue primordiale. Ces dernières ont été saturées par l’arrivée massive de roches et d'arbres, transportés depuis les cours d’eau en amont, provoquant inondations et destructions. 

Un fonds de secours de 200 millions d'euros a été annoncé par Manuel Valls, ministre des Outre-mer, une semaine après le passage de Garance. Ces fonds doivent encore être débloqués et budgétiser, notamment pour l'entretien des ravines. 

"Les personnes présentes se sont rejointes sur la nécessité de nettoyer rapidement les ravines pour assurer la sécurité des personnes et des biens", souligne la mairie de Saint-Denis.

A l'issue du comité de pilotage, la maire de Saint-Denis Ericka Bareigts s'est réjouie "de voir les pouvoirs publics entamer une prise de conscience des risques encourus et de leurs responsabilités".

"Le premier retour du préfet lors de cette réunion est prometteur et montre une véritable écoute des difficultés des Dionysien.ne.s. En particulier l’annonce d’un plan ravines dans le pacte d’avenir répond à une demande que la ville de Saint-Denis fait depuis plusieurs mois aux pouvoirs publics et permettra de débloquer des moyens nouveaux pour l’entretien des ravines", déclare-t-elle. 

Elle salue par ailleurs la possibilité pour les maires de "curer les rivières, ce qui n'était pas gagné". "De là où on était avant, c'est-à-dire à un sujet invisible pour l'Etat, on arrive aujourd'hui à ce que l'Etat reconnaisse sa part de responsabilité. C'est une petite victoire", affirme-t-elle. 

"La ville se réjouit que les services de l’Etat aient annoncé que conformément à sa demande l’arrêté de catastrophe naturelle du 1er avril soit bientôt amendé pour permettre l’indemnisation des propriétaires touchés par des glissements de terrain. Nous ne pourrons pas assurer la protection de nos populations en ne tenant pas compte de la capacité des propriétaires privés à faire les travaux nécessaires sur leurs biens situés en amont", ajoute la mairie. 

Lire aussi : La Cinor vote à l'unanimité une motion relative à la gestion des ravines présentée par Ericka Bareigts

Lire aussi : Saint-Denis : la Cinor retire des milliers de tonnes de roches des ravines

- Des finances de l'Etat en berne -

Emmanuel Séraphin, maire de Saint-Paul et président du Territoire de l'ouest, se montre plus prudent. "L'Etat a présenté une analyse très restrictive de ses responsabilités. Il faut des interventions urgentes et rapides dans les ravines, et pour ça il faut de l'argent", souligne-t-il. 

"L'Etat dit que 600.000 euros ont été mis dans les ravines, alors qu'on sait qu'il faut des dizaines de millions d'euros. C'est quelque chose qui nous inquiète, alors qu'on prépare la prochaine saison cyclonique", dit le maire. "Les 200 millions qui ont été promis, le préfet continue de solliciter cet argent."

"On attend un plan pour pouvoir mettre en place les travaux nécessaires. L'Etat est en faillite actuellement, et l'argent qui avait été promis on ne le voit pas venir", regrette Emmanuel Séraphin. 

Pour Ericka Bareigts, "l'Etat a compris l'urgence, et on va essayer très rapidement de débuter les travaux". "Mais ça va être compliqué de tout enlever maintenant", admet-elle. 

"On a pu discuter de plusieurs chantiers, par exemple des 150.000 m3 qu'il faut retirer de la ravine Patate à Durand, dont les marchés sont lancés", souligne Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne et président de la Cinor. 

"Cependant, ce sont des travaux qui coûtent plusieurs dizaines de millions d'euros, il faudra que l'Etat nous accompagne", rappelle-t-il.

"Les finances de l'Etat ne sont pas faciles, mais le préfet a pris l'engagement qu'il allait tout faire pour que les engagements de Manuel Valls soit respecté", dit-il. 

Il précise que des travaux dans les ravines vont débuter très bientôt. "Le préfet nous a garanti qu'il ne fallait pas hésiter à l'interpeller si nous rencontrions des difficultés."

Le préfet a par ailleurs invité les élus locaux à mobiliser les fonds FEDER pour des investissements s’inscrivant dans la prévention et la protection contre les risques naturels. 

- Des habitants en colère -

En amont de cette réunion, un collectif de riverains de la Rivière des Pluies était présent pour interpeller le préfet, et surtout leur maire Richard Nirlo, sur leurs difficultés. 

"Garance a eu un gros impact sur notre quartier, les gravats sont montés", explique Erick, représentant du collectif. "On a vu que de nouveaux glissements de terrain avaient eu lieu pendant le cyclone, les gravats, les arbres s'accumulent, et ça devient de plus en plus dangereux pour les habitants", affirme-t-il. 

Il déplore le manque d'action de la mairie. "On nous a dit que ce n'était pas la compétence de la mairie. Mais cela fait des décennies qu'on sait qu'il y a un danger", dit-il. 

A l'issue du comité, Richard Nirlo a affirmé aux habitants avoir porté leurs revendications. Il se rendre sur place dans la semaine, tandis que le collectif doit aussi rencontrer un représentant de la préfecture.

La problématique est en tout cas loin d'être résolue, mais, selon les élus, la situation avance dans la bonne direction.

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3 Commentaires
Gérard LEVENEUR
Gérard LEVENEUR
7 mois

Quelle idée d'aller habiter dans ces fonds de ravines, ils ont squatté ces fonds de ravines depuis plusieurs années sans aucunes autorisations car avant on prenait tout et on devenait propriétaire comme les habitants de Cilaos et de tous ces fonds de ravines qui se sont appropriés les terres de ce cirque et de ces fonds de ravines et aujourd'hui ces terres appartiennent à ces gens accapareurs sans titres de propriétés mais qui aujourd'hui ont du peut-être été régularisé gratuitement car ils ont voulu se mettre gratuitement sur ces terres et que maintenant ils veulent que la commune prenne ces responsabilités et sécurise ces fonds de ravines qu'ils ont squatter depuis plusieurs dizaines d'années.
Qu'on les expulse le plus rapidement et pas plus car ils sont en zones rouges et c'est une zone inconstructible, bientôt ce sera au tour de Cilaos de crier quand le cirque commencera à disparaître et cela est tout à fait normal et personne ne peut rien faire pour cela, c'est la nature qui reprend ces droits.
L'homme ne peut rien faire pour ça, même en installant des digues, la nature revient au galop.
Alors maintenant il faut que tous ces habitants prennent leurs responsabilités et quittent ces lieux et aillent habiter ailleurs le plus rapidement possible avant que ces ravines et ces cirques prennent vos vies.
A bon entendeurs salut.

ZembroKaf
ZembroKaf
7 mois

Sinon "la cirest la casud la civis" ... ils z'ont pas de problèmes de ravines... pas d'inondations ... rien ???

Will
Will
7 mois

La plupart des maires se fait élire sur des projets fantasmés et des promesses de changement. La réalité est tout autre. Il n'y a pas que les festivités diverses et variées, pas que les soirées mondaines, pas que les opérations de com... Avis aux futurs candidats de 2026, être maire, c'est aussi s'occuper de la distribution de l'eau, de gérer les eaux usées, les déchets, les friches, les cimetières, les animaux morts, le stationnement, l'habitat insalubre, l'insécurité, les logements sociaux... Pensez-y avant de vous présenter.