Tuer pour une caricature ou violer pour une jupe ou un dĂ©colletĂ© jugĂ©s indĂ©cents. VoilĂ des phĂ©nomĂšnes infĂąmes qui touchent la sociĂ©tĂ© française et qui ont de quoi inquiĂ©ter, surtout lorsqu'ils sont acceptĂ©s voire mĂȘme soutenus par une certaine frange de la population. Un terreau fertile pour les extrĂȘmes (Photo rb/www.ipreunion.com)
Câest souvent le mĂȘme cheminement aprĂšs un acte terrible qui secoue la sociĂ©tĂ© française. Les jugements viennent aprĂšs lâeffroi et la condamnation.
Ce fut dĂ©jĂ le cas en 2015, lors des attentats de Charlie Hebdo et du massacre de sa rĂ©daction Ă la suite de la publication de caricatures de Mahomet. Nombreux furent les commentaires Ă souligner le "manque de respect" de ce mĂ©dia, soutenant implicitement, si ce n'est ouvertement, cet effroyable passage Ă lâacte.
Ce fut encore le cas le 16 octobre 2020 lorsque Samuel Paty a Ă©tĂ© exĂ©cutĂ© pour avoir montrĂ© des caricatures de Mahomet dans un cours sur la libertĂ© dâexpression.
La France, La RĂ©union y compris, a Ă©tĂ© bouleversĂ©e. Pourtant trĂšs rapidement sur les rĂ©seaux sociaux et dans les commentaires d'articles relatant ces faits atroces sont arrivĂ©es des condamnations⊠de lâattitude du professeur dâhistoire-gĂ©ographique et le contenu de son cours.
Ce genre de commentaires ne peut ĂȘtre trouvĂ© quâen France mĂ©tropolitaine, pourrait-on penser. La RĂ©union, terre de vivre-ensemble citĂ©e en exemple, est Ă©pargnĂ©e pourrait-on estimer.Â
Il nâen est rien.
Il suffit de lire certains messages postĂ©s sur les rĂ©seaux sociaux, ou encore dâĂ©couter la radio pour sâen convaincre.
Cela a Ă©tĂ© le cas par exemple ce lundi 19 octobre, sur RĂ©union La1Ăšre radio. L'invitĂ© Ă©tait Bernard Hay, prĂ©sident de lâassociation des professeurs dâhistoire et de gĂ©ographie de lâocĂ©an Indien. Son propos, clair et prĂ©cis, Ă©tait de dĂ©fendre la libertĂ© d'enseigner dans les limites fixĂ©es par l'Education nationale.
Pourtant lorsque le micro a Ă©tĂ© ouvert aux auditeurs, la majoritĂ© des commentaires rĂ©prouvaient, parfois avec vĂ©hĂ©mence, le contenu du cours de lâenseignant... sans condamner son assassinat.
- Un délit, pas une opinion -
Chacun a bien sĂ»r le droit dâavoir son opinion. Câest le principe mĂȘme de la libertĂ© dâexpression. Celle-lĂ mĂȘme que le professeur voulait enseigner Ă ses Ă©lĂšves.
Estimer que montrer à des collégiens des caricatures portant sur une religion relÚve de la provocation est une opinion.
Occulter le meurtre de ce professeur est une faute lourde, pas une opinion.
Justifier le sauvage assassinat de celui qui enseignait la libertĂ© est un dĂ©lit puni par les lois, au mĂȘme titre que le racisme, pas une opinion.
Samuel Paty voulait faire rĂ©flĂ©chir ses Ă©lĂšves sur l'essence mĂȘme de la libertĂ© d'expression et au final sur l'exercice de toutes les libertĂ©s.
Ăminemment nĂ©cessaire en ces temps oĂč la restriction et l'exclusion semblent ĂȘtre devenues la norme. Qu'une femme soit victime d'un viol et il se trouvera toujours quelqu'un(e) pour lĂącher que cette femme-lĂ n'avait qu'Ă porter une jupe plus longue, ou ne pas sortir si tardâŠ
Ce type de rĂ©flexions ne seraient le fait que de simples individus aussi misogynes que stupides, serait-il aisĂ© de penser ? Ce n'est plus tout Ă fait le cas depuis que cette intolĂ©rance est de fait quasiment institutionnalisĂ©e. Le ministre de lâEducation nationale lui-mĂȘme a rĂ©cemment Ă©voquĂ© la nĂ©cessitĂ© de porter des tenues "rĂ©publicaines", visant ainsi certains vĂȘtements portĂ©s tout particuliĂšrement par les jeunes filles.
Quand lâEtat lui-mĂȘme stigmatise et sexualise la femme, la sociĂ©tĂ© ne peut que sâengouffrer dans la faille pour expliquer et justifier certains actes, la discrimination, le harcĂšlement, la violence et le viol.
Ă croire que dans ce monde oĂč la violence est hyper mĂ©diatisĂ©e et les femmes hyper sexualisĂ©es, tolĂ©rer lâintolĂ©rable est devenu la norme, dĂšs lors que l'on estime avoir une "bonne" raison de dominer, de violer, de tuerâŠ
Laisser prospĂ©rer ces attitudes et ces comportements fait forcement le lit des extrĂȘmes de toutes obĂ©diances et de toutes croyances.
Il serait bon de s'en souvenir au moment de rendre hommage à Samuel Paty mort pour avoir voulu enseigner LA liberté dans le respect de l'autre, de tous les autres, afin qu'il ne soit pas mort pour rien...
mb / www.ipreunion.com / [email protected]

Au pays du "non Ă la guillotine" on se fait decapiter dans la rue !!! C' est ignoble.
Quand on pense à la filiÚre djihadiste qui s est développée à Lunel, à 2 km de chez nous lorsque ns sommes en métropole,
Et à la peur qui nous tenaille encore dans les rues, on se dit que la république a accepté l inacceptable ...
Il va falloir des décennies pour s'en sortir en appliquant des mesures strictes.
Il a fallu la mort de Samuel Paty , un mort de plus, ce pauvre garçon , pour qu enfin le gouvernement trouve le PRĂTEXTE d'une Intervention plus musclĂ©e .....
Hypocrisie Ă voir deux trois tĂȘtes qui penchent Ă regarder les mini jupes des filles en ville de saint dĂ©nis, et ça vous enseigne le contraire ! Mdr ð??oe
La tolérance a-t-elle des limites...blog de Denis Collin...Philosophie et Politique
Oui, on déjà tellement de flics en trop pour gérer l'insécurité quotidienne générale, les diverses manifs en tout genre (par exemple des Arméniens qui bloquent une autoroute en France, des migrants qui font une grande marche à travers la France, ...), les incivilités relatives au coronavirus, qu'on peut bien se permettre d'en mettre devant chaque école, chaque église, chaque mosquée, ...Super, la gestion du risque terroriste par le gouvernement !