La formation est un sujet sérieux, mais qui défrise certains professionnels du monde de la coiffure de La Réunion. Certains dénoncent en effet anomalies, voire pratiques litigieuse, au sein d'entreprises en lien avec la Chambre des Métiers et de l'Artisanat (CMA) de La Réunion. A l'occasion d'une conférence de presse organisée ce lundi 27 septembre 2021, les questions des marchés de formation et d'entreprises au même numéro de Siret ont été abordées (Photo rb/www.ipreunion.com)
Rachid Moussa, président du syndicat des Barbers, et Lucien Chézaud, président du syndicat des Coiffeurs CNEC, des artisans et professionnels de la coiffure, ont organisé une conférence de presse pour exposer publiquement des éléments relatifs aux procédures d’attribution de certains marchés de formation, qui tangentent la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de La Réunion. Ce qui les interpelle et nécessite selon eux une exposition officielle et publique, à fins de clarification.
Dans leur communication, ils font état " d’éventuelles pratiques litigieuses, d’anomalies à minima, (…) dans le champ d’activité des actions formation de la Chambre des métiers et de l’Artisanat, tout particulièrement dans le sillage des cursus prodigués sous couvert de l’Union nationale des entreprises de la coiffure (UNEC Réunion), et de l’entité retenue par le Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprises (FAFCEA), à savoir Réunion coiffure développement formation (RCDF). " Il convient de préciser que M. Chézaud figure sur la liste de Didier Mazeau à l’élection consulaire.
Ce n’est pas le cas de M. Moussa. Ni l’un, ni l’autre ne sont élus de la CMAR, mais tous deux agissent par souci de défendre les intérêts des professionnels qu’ils représentent, et ils expliquent sans ambiguïté dans une pétition de principe clairement énoncée : " Le contexte électoral qui prévaut actuellement ne légitime aucune omerta. Les éléments relevés méritent d'être portés au débat lié au renouvellement de l'exécutif consulaire au-delà de toute propagande électorale, transparence et honnêteté obligent. "
Ces éléments recoupent un précédent contentieux concernant l’UNEC Réunion et son ex- président, Maurice Profit, aujourd’hui démissionnaire, qui a donné lieu au dépôt de deux plaintes (dont l’une portée par M. Chézaud, en date du 12 février 2019), portant sur la gestion très personnalisée de l’association par M. Profit…
Il apparaĂ®t que c’est Mme Lafosse-Rivière qui a succĂ©dĂ© Ă M. Profit Ă la tĂŞte de l’UNEC-RĂ©union en 2019 ; Marie-Pierre Lafosse-Rivière, prĂ©sidente de la Commission Formation Ă la Chambre des mĂ©tiers de son Ă©tat. Â
Sur les documents relatifs à l’UNEC Réunion, présentés par MM. Chézaud et Moussa, il est fait mention du numéro de SIRET 338 181 811 000 39, sans pour autant que l’entité l’UNEC Réunion, apparaisse au Registre National des Associations. Idem pour Réunion coiffure développement formation (RCDF), dont la représentante légale n’est autre que Marie-Pierre Lafosse-Rivière, et présente la particularité d’utiliser le même numéro de Siret que l’UNEC Réunion qu’elle préside aussi…
Enfin, il apparaĂ®t que ce numĂ©ro a Ă©tĂ© attribuĂ© Ă la FĂ©dĂ©ration nationale de la coiffure de La RĂ©union (FNCR) le 22 octobre 1984 et radiĂ© le 7 mai 2003. Un second FNCR aurait Ă©tĂ© créé Ă Saint-Louis le 7 mai 2003 avec comme numĂ©ro de SIRET le 338 181 811 000 21 et radiĂ© le 16 juin 2007. Un troisième FNCR aurait Ă©tĂ© créé le 16 juin 2007, aux Avirons, qui serait toujours actif, et serait de nouveau attributaire du numĂ©ro de SIRET 338 181 811 000 39. Â
Â
- " un problème de formalité administrative " -
MM. ChĂ©zaud et Moussa dĂ©clarent n’être en rien amateurs de numĂ©rologie Ă partir des chiffres utilisĂ©s par l’INSEE, via le Système d’Identification du RĂ©pertoire des Établissements, mais soulignent que ce numĂ©ro est quand mĂŞme un peu la carte d’identitĂ© d’une personne morale, entreprise, association, ou autre… Â
Les questions qu’ils posent sont donc les suivantes :  " comment peut-on engager des dĂ©penses en formation au bĂ©nĂ©fice de professionnels de la coiffure, dans ce cas prĂ©cis, sur le conseil de l’UNEC RĂ©union, prĂ©sidĂ© par Marie-Pierre Lafosse-Rivière, qui s’adresse au Fonds d’assurance formation des chefs d’entreprises (FAFCEA) pour obtenir la prise en charge d’une part du financement, quand ce mĂŞme Fonds d’assurance formation dĂ©signe RĂ©union coiffure dĂ©veloppement formation (RCDF) comme organisme de formation, avec Marie-Pierre Lafosse-Rivière comme reprĂ©sentante lĂ©gale… sachant que c’est encore Marie-Pierre Lafosse-Rivière, au titre de l’ UNEC RĂ©union et de RĂ©union coiffure dĂ©veloppement formation (RCDF) qui atteste de l’accomplissement de la formation dĂ©livrĂ©e…Â
Comment se fait-il que l’entrepreneur individuel Solutions Taxi, dont l’objet social concerne le secteur d'activitĂ© de la formation continue d'adultes, donne dans la facturation en lieu et place des artisans ? " Ils s’interrogent encore sur l’intĂ©rĂŞt qui prĂ©lude Ă ce circuit, car, il existe un diffĂ©rentiel entre crĂ©dits de formation autorisĂ©s et aides servies aux artisans, après intermĂ©diation du FAFCEA, et des organismes de formation, ces derniers montant et dĂ©posant les dossiers et que cela pourrait ne pas ĂŞtre sans influence sur la part assumĂ©e par l’artisan. Â
Â
Nous avons joint M. Picardo, actuel président de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat, " il estime que la chambre consulaire qu’il préside n’est pas concerné par cette problématique, d’autant moins, précise-t-il que le FAFCEA est géré au plan national ". S’agissant de l’intervention de Solutions Taxi dans la facturation, il explique que " c’est au syndicat subrogataire de facturer ou à l’artisan " et nous renvoie sur Mme Lafosse.
Celle-ci nous explique qu’elle est " candidate aux cĂ´tĂ©s de M. Picardo " ce qui justifierait selon elle l’initiative de MM. ChĂ©zaud et Moussa, et dĂ©clare, s’agissant du Siret commun Ă l’UNEC RĂ©union et RĂ©union coiffure dĂ©veloppement formation que " l’UNEC RĂ©union est un syndicat affiliĂ© Ă l’UNEC national et qu’il dispose d’un outil de formation avec le RCDF… le numĂ©ro de Siret commun c’est un problème de formalitĂ© administrative, et qu’en fait le RCDF c’est l’UNEC et que l’UNEC RĂ©union c’est la FĂ©dĂ©ration nationale de la coiffure de La RĂ©union, dont le changement de nom dĂ©cidĂ© en 2018 n’a pas Ă©tĂ© mis Ă jour, c’est pour ça qu’il n’apparaĂ®t pas au registre, les pièces envoyĂ©es pour ce faire s’étant Ă©garĂ©es entre l’INSEE et la PrĂ©fecture ", mais que depuis son Ă©lection, en 2019, elle s’occupe de mettre de l’ordre dans tout ça, " parce que moi je travaille dans la lĂ©galitĂ© ". Â
Â


Pas clair ! BientĂ´t des explications '
Oh la la. Ca sent la magouille