Le préfet Pierre N'Gahane, a tenu à rappeler, lundi 21 septembre, l'importance de la mise en place d'une cellule de prévention de la radicalisation, à La Réunion, où l'on a recensé 80 cas.
Comment différencier quelqu’un qui a une pratique religieuse rigoriste de celui qui est extrémiste ? C’est là toute la question, l’enjeu de la cellule de prévention de la radicalisation mise en place à la Réunion. Le Secrétaire général du Comité interministériel de prévention de la délinquance (CIDP), en déplacement dans l’île, a tenu à sensibiliser les équipes locales sur ce phénomène "nouveau et international".
La Réunion, avec ses "80 cas identifiés", est concernée par le phénomène de radicalisation, rappelle Pierre N’Gahane, et ce, malgré, "le dialogue religieux de grande qualité qui existe dans l’île". Pour cause ? "La religion dans ce phénomène est totalement instrumentalisée". Elle n’est en rien le problème.
Rappelant l’arrestation, en juin dernier, de cinq individus soupçonnés de préparer un acte terroriste, et le cas de Nassirdine Mzé, jeune Saint-Andréen, mort en Irak, Pierre N’Gahane a insisté sur les caractéristiques et la manière de prise en charge de cette cellule de prévention. Il s’agit "avant tout de comprendre et surtout de détecter" le phénomène, précise-t-il.
Ces mesures destinées à prévenir les risques se jouent en amont, avec un numéro vert (*) mis en place, qui a permis jusqu’à aujourd’hui le signalement de 3 000 cas. Car, une "radicalisation" se traduit souvent par l’environnement, le discours et le comportement, entre autres, qui changent et deviennent formatés. "L’analyse se fait ultérieurement au travers de 13 indicateurs de basculement pertinents que nous croisons". La prise en charge se fait ensuite par la "construction et la déconstruction", non seulement du jeune, mais aussi des familles, par un dialogue psychologique, "mettre fin à l’endoctrinement", puis par une réintégration sociale, expique Pierre N'Gahane.
La formation à cette cellule de prévention, sous l’égide de la préfecture, des services de l’Etat, du Département et des communes, continue ce mardi 22 septembre, avant que Pierre N’Gahane ne poursuive son voyage dans l’Océan Indien à Mayotte.
(*) En cas de doute sur la radicalisation d'un proche, contacter le N° Vert gratuit mis en place : 0 800 005 696
www.ipreunion.com

La prévention de la radicalisation à La Réunion ? Indispensable, mais alors pourquoi avoir autorisé qu'au Salon de la femme musulmane à Pontoise, il y a quelques jours, des prédicateurs notoirement fondamentalistes puissent marteler des injonctions à respecter les principes les plus intégristes et obscurantistes de l'islam ? Il n'est que de visionner sur YouTube les discours de Mehdi Kebir, imam de la mosquée de Villetaneuse (93), l'un des invités de ce salon... Il explique aux musulmans que pour respecter le véritable islam, il faut refuser les principes qui structurent notre citoyenneté, à commencer par l'égalité homme/femme qu'il démolit haut et fort. Les femmes doivent être voilées, ne pas sortir sans la permission de leur mari, ne pas se maquiller ni se parfumer et en aucun cas se refuser à lui sous peine d'être maudites par les anges...Certes il ne prône pas la violence, mais il incite clairement à combattre les mécréants, ceux qui mangent du porc en particulier pour qui il affiche le plus grand mépris.Un tel formatage des esprits en quête de sens est le socle d'une possible radicalisation. Alors, on fait quoi ?