Après deux années de travail, 46 jours de tournage et plusieurs mois de montage, leur film est enfin prêt. "Le Sacrifice" est le résultat d’un projet scolaire qui vise à sensibiliser les élèves aux cyberviolences, un projet pris très au sérieux par douze jeunes élèves du collège Milles Roches à Saint-André. Accompagnés de leur professeur d’anglais et de deux autres enseignants, les élèves ont découvert le monde du cinéma, des décors, des costumes et d’autres se sont découvert des talents d’acteurs, le tout en faisant de la prévention autour des dangers des réseaux sociaux, et de la pédocriminalité. Les jeunes artistes et leurs proches vont découvrir leur film ce dimanche lors d’une séance privée (Photo D.R.)
"Le Sacrifice", c’est l’histoire d’Helena, une collégienne qui traverse difficilement le deuil de sa sœur, disparue depuis 2 ans.
Le film suit trois personnages dont on va se rendre compte que les destins sont liés… notamment par les réseaux sociaux. Qu’est-il arrivé à Hélena ? Pour y répondre, un film d’1h40 travaillé par des élèves lors d’ateliers cinéma en classe de 4ème - à raison de 3 heures par semaine - a été tourné lors de leur dernière année de collège.
Alison a bientôt 15 ans, c’est elle qui campe le rôle principal et interprète Héléna : "Tous les vendredis après-midi, on avait atelier tournage. On nous a appris à utiliser les caméras, à les régler comme il faut pour avoir un bon résultat. On nous a appris à bien prendre le son avec la perche et à le gérer. Et on a travaillé le jeu d’acteur avec les deux autres enseignants."
- "Le Sacrifice", un film à but préventif -
Cette immersion complète dans l'univers du 7ème art, avait également pour objectif de faire de la prévention.
La production du film "Le Sacrifice" des élèves du collège Milles Roches de Saint-André a bénéficié d'une subvention de 5.000 euros du Département en répondant à un appel à projet pour produire un contenu engagé.
Anne-Sophie Texane professeure de français a également participé à l'aventure, tout comme Audrey Barret, qui a laissé sa casquette d'enseignante d'anglais pour celle d'assistante réalisatrice sur le film.
Cette dernière nous explique : "Ce projet a été entièrement construit avec les élèves, qui ont participé à toutes les étapes de création : écriture, jeu d’acteur, tournage, prise de son, régie et organisation technique. Au-delà du film lui-même, cette aventure humaine et éducative vise à sensibiliser les jeunes et les familles à des problématiques très actuelles à travers un support cinématographique fort".
Aborder le sujet des cyberviolences a permis d'alerter les élèves sur les dangers des réseaux, d'attirer leur attention sur le type de partage qu'ils font en ligne, en leur enseignant de faire attention à leurs données personnelles.
En France, les violences en ligne touchent un nombre croissant de mineurs. En 2024, 28.000 signalements ont été reçus pour des faits de sextorsion en ligne par exemple, soit une augmentation de +460% en 3 ans selon les forces de l'ordre.
- "C’était une belle expérience "-
Du côté des élèves, la fierté est grande. À quelques jours du début des projections publiques, le stress commence à gagner les jeunes acteurs.
Alison a hâte de découvrir le résultat de ces deux années de travail en compagnie de sa maman. La collégienne lance : "C’était long mais c’était une belle expérience. Quand tu commences, tu es pressée de voir le résultat du film, alors c’était long, et il faut attendre pour voir le résultat du film."
"Il y avait des tournages, c’était la première fois qu’on voyait l’arrière du décor. Comme les cascades. Ils avaient la technique et on voyait qu’ils étaient habitués, c’était bizarre de le voir en vrai et pas à la télé."
- "Ils ont de la chance, oui, mais ils ont bossé" -
Patrick Olot est professeur d’anglais depuis plus de 10 ans au collège Milles Roches à Saint-André. Les élèves savent qu’il a déjà réalisé deux autres films lors d’ateliers cinéma dans l’établissement. Son rôle, encore une fois, est de faire découvrir les rouages du cinéma à ses élèves, de réaliser le film et d'en assurer le montage.
Il raconte : "On les a préparés aux métiers du cinéma, scripts, perchiste, clap. On a commencé le tournage en janvier, il a duré 46 jours étalés sur 9 mois. On a filmé les adultes d’abord et on a attendu le dernier moment pour filmer avec les jeunes, pour que les traits des visages ne changent pas trop. Sur ce projet, 99 % des gens sont bénévoles, ceux qui sont payés sont des cascadeurs."
Il ne s’agit pas d'un simple projet d’école. Le film a des allures professionnelles, des acteurs confirmés sont venus échanger avec les élèves.
Patrick Olot l'assure : "Les élèves savent qu’ils ont de la chance, ils ont rencontré des professionnels venus bénévolement avec qui ils ont discuté et qui leur ont dit que le projet était très professionnel, abouti. Ils se rendent compte que le travail paie. Alors ils ont de la chance, oui, mais ils ont bossé."
Le professeur d’anglais nous confie : "Moi je fais ça pour que les élèves aient confiance en eux, qu’ils apprennent à parler devant les autres, à s’exprimer en public". Alison le confirme : "J’ai appris à mieux parler, à articuler davantage."
Ils n’ont pas forcément vocation à se lancer dans le cinéma, nous explique leur professeur, mais Alison ne s'en cache pas, la jeune comédienne aimerait bien devenir actrice.
"Le Sacrifice" est un long-métrage dédié à la prévention et à la lutte contre les addictions aux substances psychoactives et aux écrans. Première projection ouverte à tous le mardi 26 mai 2026 à l'auditorium du Musée Stella Matutina (Saint-Leu)
Le vendredi 29 mai 2026 : Médiathèque Aimé Césaire (Sainte-Suzanne)
Le samedi 6 juin 2026 : Château Morange (Saint-Denis)
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