Les associations descendent dans la rue pour appeler Ă  l'aide

Saint-Denis - Marcher pour soutenir la lutte contre les violences faites aux femmes

  • PubliĂ© le 14 avril 2017 Ă  10:36
Premiers états généraux des violences faites aux femmes

Le collectif pour l'élimination des violences intrafamiliales organise, avec plusieurs associations partenaires, une marche de soutien, ce samedi 15 avril 2017 à Saint-Denis. Objectif: dénoncer le manque d'aides dont bénéficient ces associations, malgré la tenue d'Etats généraux en novembre dernier.

Le Cevif regrette qu'"au moment oĂč les Etats GĂ©nĂ©raux des violences faites aux femmes se sont terminĂ©s par de brillants effets d’annonce, les diffĂ©rentes collectivitĂ©s locales choisissent de nous Ă©trangler et de nous asphyxier financiĂšrement, nous empĂȘchant ainsi de remplir nos missions et mettant en cause notre existence".  

Déjà trois féminicides depuis le début de l'année 2017

"AprĂšs un dĂ©but d’annĂ©e 2016 dramatique, marquĂ© en quelques semaines par quatre fĂ©minicides sans compter de multiples autres actes d’une violence extrĂȘme, l’annĂ©e 2017 continue dans la mĂȘme horreur sanguinaire : dĂ©jĂ  trois femmes tuĂ©es, la derniĂšre il y a quelques jours Ă  Saint-Paul, ce nouveau drame survenant moins d’une semaine aprĂšs une Ă©pouvantable agression Ă  Bellepierre", rappelle le Cevif.

La Réunion parmi les départements les plus concernés par les violences intrafamiliales

Selon des chiffres de 2015, 4 plaintes sont dĂ©posĂ©es pour violences conjugales chaque jour, totalisant 1494 faits de violences envers des femmes constatĂ©s par la police et la gendarmerie. Également, 847 affaires liĂ©es aux violences conjugales, majoritairement Ă  l'Ă©gard des femmes, ont Ă©tĂ© enregistrĂ©es au tribunal l'an dernier. Cela fait une moyenne de 2 affaires par jour, plaçant La RĂ©union parmi les dĂ©partements les plus concernĂ©s.

Le recours à l'ARAFUJA (association réunionnaise pour l'aide juridique aux familles et aux victimes), "partenaire historique de la justice", à augmenté de plus de 13%, passant de 290 à 335 victimes en 2015. Autant de chiffres "qui font froid dans le dos" selon le préfet et qui justifient la tenue de ces Etats généraux. En 2014, l'observatoire régional des violences faites aux femmes a été créé pour permettre aux différents acteurs d'avoir un outil de veille, vecteurs d'informations précieuses à l'action publique.  

Sans aide, le Cevif pourrait disparaĂźtre dans trois mois

Des travaux des Etats GĂ©nĂ©raux des violences faites aux femmes, les 25 et 26 novembre dernier, sont sortis "d’une part un Ă©tat des lieux assez complet de la situation et d’autre part des propositions trĂšs Ă©laborĂ©es dans les diffĂ©rents domaines de l’accueil, de l’accompagnement et du suivi des victimes, sans nĂ©gliger pour autant la prise en charge des auteurs, tant du point de vue thĂ©rapeutique que de leur sanction judiciaire", estime le Cevif.

"Tout cela exige Ă©videmment des moyens, venant s’ajouter Ă  ceux qui existent dĂ©jĂ  (...)Avec la chute considĂ©rable de nos subventions, le CEVIF pourrait ne plus exister dans trois mois si l’Etat, la RĂ©gion, le DĂ©partement et les collectivitĂ©s territoriales n’apportent pas d’urgence une rĂ©ponse appropriĂ©e Ă  ce douloureux problĂšme de sociĂ©tĂ©", clame le collectif.

Une marche est organisée ce samedi 15 avril 2017. Le rendez-vous est donné prÚs de la Poste de la rue Maréchal Leclerc à Saint-Denis à partir de 9 heures.

www.ipreunion.com

guest
0 Commentaires