Un nouveau drame de la séparation s'est déroulé ce mardi 19 juillet 2011 du côté de Sainte-Marie. Les corps de Laure Dumont, une jeune mère de famille de 20 ans, et de Christopher Laude, son ex concubin, ont été découverts dans une forêt des hauts de Sainte-Marie. Un événement qui a provoqué l'émoi de la population et qui a fait réagir l'Union des femmes réunionnaises, par la voix d'Huguette Bello, qui évoque la questions des violences à l'égard des femmes dans un communiqué.
"Si l'on veut éradiquer la violence à l'égard des femmes, c'est à ses racines qu'il faut s'attaquer et donc à toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. En effet, il faut non seulement utiliser les lois et le droit, mais aussi provoquer un changement dans les mentalités", explique l'UFR en préambule.Le collectif poursuit : "la violence faite aux femmes, ce n'est pas seulement la responsabilité de l'individu qui est en cause mais aussi celle de la société et par conséquent de l'Etat. Ce dernier a ainsi un rôle moteur à jouer dans la prévention, notamment à travers l'éducation pour s'attaquer aux fondements des violences. Cela relève de sa responsabilité. La question de la violence faite aux femmes mérite une réponse et une approche globale et ambitieuse.
"C'est pour cela que l'UFR continue de demander une loi-cadre, une loi de protection intégrale contre la violence de genre, parce que les femmes subissent des violences spécifiques. En France, tous les deux jours et demi, une femme décède suite à des violences", souligne l'UFR.
Elle rappelle qu'à La Réunion, depuis le début de l'année, 4 femmes ont été tuées. "Cette violence est étroitement liée à une discrimination qui perdure et se fonde sur l'appartenance sexuelle : c'est ce qui la différencie d'autres types de violence : elle s'exerce sur les femmes avant tout parce qu'elles sont des femmes", analyse Huguette Bello, présidente de l'UFR.
"Avec la loi-cadre, c'est un changement de culture qui est voulu", affirme-t-elle. "Cette loi couvre aussi bien les aspects préventifs, éducatifs, sociaux, d'assistance et de suivi des victimes que les aspects législatifs civils et pénaux, les aspects procéduraux et d'organisation judiciaire", ajoute-t-elle.
Cette loi aborderait des questions dans de "vastes" domaines comme le domaine éducatif et des contenus scolaires sexistes ; la lutte contre la publicité et les médias sexistes ; le relogement pour les jeunes filles et les femmes victimes de violences ; la redéfinition pénale des différents types de violences faites aux femmes ; des mesures judiciaires de protection et de sûreté des victimes ou encore des tribunaux spécifiques sur le modèle de la loi-cadre espagnole contre les violences de genres.
"C'est en développant une stratégie d'éradication, de prévention, d'éducation, de sanction et de réparation qui prenne en compte l'ensemble des droits humains et en luttant contre les causes, les facteurs bloquants et aggravants qu'il sera possible d'obtenir de véritables résultats", termine le communiqué de l'UFR.
