[FOOT] L'ONG réclame une loi pour protéger les enfants

Selon Foodwatch : "la malbouffe est sponsor de la Coupe du monde"

  • PubliĂ© le 1 juillet 2018 Ă  12:49
  • ActualisĂ© le 1 juillet 2018 Ă  12:51
mal bouffe

L'organisation non gouvernementale (ONG) Foodwatch réclame une loi pour protéger les enfants des "industriels de la malbouffe" devenus, dit l'ONG, "sponsors de la Coupe du monde". Mardi dernier, l'ONG a également lancé une nouvelle pétition adressés aux politiciens pour "qu'ils sifflent la fin d'un match inégal". Voici son communiqué de presse

"Les industriels de la malbouffe prennent nos enfants pour cibles. C’est ce que dĂ©nonce foodwatch qui rĂ©clame une loi pour protĂ©ger les plus jeunes du marketing agressif vantant des produits trop gras, trop sucrĂ©s, trop salĂ©s.

En cette période de Coupe du monde, vitrine de choix pour les marques, foodwatch a recensé nombre de pratiques choquantes des sponsors : placement de produits, débauchage de youtubeurs (parfois trÚs jeunes), cadeaux, sponsoring, concours, etc. Le match est serré.

"L'arbite doit siffler la fin de la partie"

D’un cĂŽtĂ©, on retrouve les millions de l’industrie agroalimentaire pour attirer dans ses filets des clients toujours plus jeunes : Coca-Cola, Fanta, Nutella, brioche Pasquier, McDonald’s, KFC, etc. De l’autre, il faut saluer le bon sens de l’Organisation mondiale de la santĂ© qui prĂ©conise depuis des annĂ©es un cadre lĂ©gal pour limiter ce marketing et freiner enfin l’épidĂ©mie d’obĂ©sitĂ© qui laisse de nombreux enfants sur la touche


Pour foodwatch, cela suffit : l’arbitre doit siffler la fin de la partie. Et cet arbitre devrait logiquement prendre la forme d’un amendement Ă  la loi Alimentation en discussion ces jours-ci. Une opportunitĂ© Ă  ne pas rater.

Une pétition pour les décideurs politiques

A Paris, le 26 juin 2018. foodwatch a lancĂ© une nouvelle pĂ©tition adressĂ©e, cette fois, aux dĂ©cideurs politiques pour qu’ils sifflent la fin d’un match inĂ©gal. La visibilitĂ© de Coca-Cola, Ferrero, McDonald’s, KFC et compagnie, club de gĂ©ants de la malbouffe, sponsors ou partenaires de la Coupe du monde, est Ă©norme.

Le problÚme, pour foodwatch, est que ces fabricants de produits peu équilibrés ne reculent devant rien pour cibler directement un public vulnérable : les enfants. Rien ne le leur interdit alors pourquoi se priveraient-ils de les attirer dans leurs filets ?

Coca et Mc Do, sponsors de la FIFA

Coca-Cola et McDonald’s, qui ne se distinguent pas par l’exceptionnelle qualitĂ© nutritionnelle de leurs produits, sont sponsors officiels de la FIFA, organisatrice de la Coupe du Monde. KFC, Coca-Cola et les brioches Pasquier sont partenaires ou fournisseurs de la FĂ©dĂ©ration française de football. La chaĂźne de fast-food KFC offre une balle Ă  l’effigie des Bleus Ă  l’achat d’un menu enfant. Ferrero, elle, met en scĂšne Olivier Giroud (joueur français qui Ă©volue Ă  Chelsea) dans une pub racoleuse avec une enfant pour vanter la pĂąte Ă  tartiner Nutella, autre produit-phare de la malbouffe.

Tandis que les brioches Pitch de Pasquier poussent Ă  acheter six paquets de produits beaucoup trop sucrĂ©s (23 grammes de sucre par 100 grammes de produit) afin de recevoir un " maillot de foot personnalisĂ© " en taille 8, 10 ou 12 ans. Plus insidieusement, on retrouve le placement du Coca-Cola dans le jeu vidĂ©o FIFA 2018, dans une scĂšne oĂč le joueur sponsorisĂ© par le n°1 des sodas est en prĂ©sence d’un enfant...

Sur Youtube aussi

Mais les gĂ©ants de la malbouffe ne s’arrĂȘtent pas lĂ . Certaines marques ont bien compris que les enfants et adolescents passent dĂ©sormais des heures Ă  regarder leur smartphone ou leur tablette. Youtube est le rĂ©seau social favori des jeunes ados, loin devant Facebook. En France, Coca-Cola n’a donc pas hĂ©sitĂ© Ă  sĂ©duire la quasi-totalitĂ© des youtubeurs prĂ©fĂ©rĂ©s de nos enfants - qui cumulent des millions d’abonnĂ©s - pour les faire apparaĂźtre sur sa " Coke TV " (YouTube), dans la " Creative House " de Fanta ou en s’assurant qu’ils parlent des sodas sur leurs chaĂźnes Youtube personnelles : McFly et Carlito (rebaptisĂ©s Pascal & Obispo), Natoo, Amixem, Kevin Tran et El Hadj notamment. Kevin Tran, qui co-anime la chaĂźne YouTube Le Rire Jaune, trĂšs populaire auprĂšs des jeunes, crĂ©e des mangas Ă  succĂšs pour enfants : la sĂ©rie " Ki & Hi ".

Comme si cela ne suffisait pas, la mĂȘme opĂ©ration de Fanta s’est entourĂ©e d’une belle brochette d’autres YouTubeurs en guise de parrains : Juliette, Marjorie, Audrey, Greg Guillotin, DR Nozman, Mam’s, Big Flo & Oli, Anthony Lastella, Akim Omiri, Jhon Rachid , TIM, Le Woop, Swan PerrissĂ©, Jonathan O’Donnell, Maxenss, Ludoc, Panayotis, Maxime Tabard, Henry Tran ou encore Waxx. Impossible pour les enfants d’échapper Ă  la communication de Coca-Cola par ce biais.

Tout est bon pour faire plus de profits, y compris recourir Ă  des enfants YouTubeurs. Pour preuve, Carambar, par exemple, a fait appel Ă  la YouTubeuse Satine (13 ans) pour gonfler ses marges. Pascale Infante, directrice marketing de Carambar, explique : " L’objectif affichĂ© (est) de ‘toucher les 11-14 ans et aussi les plus jeunes (
) On a vu nos marges progresser de 11% par rapport Ă  l’annĂ©e derniĂšre ". C’est sans doute Ă©galement l’objectif de McDonald’s lorsque le groupe envoie ses produits aux trĂšs jeunes YouTubeurs Neo et Swan (prĂšs de 2,8 millions d’abonnĂ©s) ou du Studio Bubble Tea (prĂšs de 1,3 million d’abonnĂ©s Ă  leur chaĂźne) afin qu’ils promeuvent cette malbouffe auprĂšs d’autres enfants de leur Ăąge


"Les autorités doivent protéger la santé des plus jeunes"

MĂ©gane Ghorbani, responsable de campagnes chez foodwatch, siffle la fin du match : " Cela fait trop longtemps qu’on mise sur le bon vouloir des industriels pour limiter l’influence du marketing de la malbouffe sur les enfants. Or, leurs engagements volontaires ne sont souvent qu’un Ă©cran de fumĂ©e. Les autoritĂ©s doivent protĂ©ger la santĂ© des plus jeunes et encadrer sans tarder les pratiques irresponsables des industriels par la loi. "

Pour Foodwatch, en effet, la situation est grave. Dans le monde, le surpoids et l’obĂ©sitĂ© touchaient 41 millions d’enfants de moins 5 ans et 340 millions d’enfants et d’adolescents ĂągĂ©s de 5 Ă  19 ans en 2016. En 40 ans, les cas d'obĂ©sitĂ© chez l’enfant et l’adolescent ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par dix, selon l’Organisation mondiale de la SantĂ©.

1 enfant sur 6 a des problĂšmes de poids

En France, 1 enfant sur 6 est en surpoids ou obĂšse et risque de le rester Ă  l’ñge adulte. RĂ©sultat : le surpoids (obĂ©sitĂ© incluse) touche un adulte sur deux, facteur de risque aggravant les maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et le diabĂšte. La surcharge pondĂ©rale reprĂ©sentait un coĂ»t social de 20 milliards d’euros pour l’annĂ©e 2012.

Dans le match qui oppose les intĂ©rĂȘts Ă©conomiques des gĂ©ants de la malbouffe Ă  la santĂ© publique, MĂ©ghane Ghorbani, de foodwatch, veut croire que la loi l’emportera et finira par protĂ©ger les enfants. En attendant et parce que le dĂ©bat au niveau politique se tient maintenant, foodwatch appelle les consommateurs et consommatrices Ă  signer signer sa pĂ©tition qui a dĂ©jĂ  rassemblĂ© plus de 4000 signatures."

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