Une étude publiée par Current Biology, une revue scientifique américaine, démontre que, dans le monde, seulement 13% des océans sont encore sauvages. Selon les spécialistes, ce faible pourcentage est du aux activités humaines qui "menacent de plus en plus la biodiversité". Aussi, les zones dépourvues d'impacts humains intenses sont aujourd'hui considérées comme "des refuges vitaux". Dans le cadre de cette étude, les scientifiques interpellent les autorités internationales pour qu'elles se rendent compte de l'importance de la nature sauvage et des menaces croissantes auxquelles elle doit faire face.
La plupart de ces zones sauvages sont situées en haute mer, dans l'hémisphère sud et aux latitudes extrêes : l'océan Pacifique, l'océan Austral et l'océan Arctique (en bleu sur la carte) sont concernés. Regardez :

Selon les scientifiques, les activités humaines perturberaient ainsi plus de 75% des océans du monde. "Même de faibles niveaux d'activité humaine peuvent affecter de manière significative certains aspets critiques de la biodiversité" indiquent les auteurs de cette étude.
L'étude a permis de déduire que "la plupart des zones sauvages se trouvent dans les dans les îles du Pacifique ou encore dans des zones économiques exclusives (ZEE) comme la Nouvelle-Zélande, le Chili ou encore l'Australie. Ceci est probablement dû à la faible population humaines et dans certains cas, à la glace de mer empêchant l'accès de l'Homme à l'océan".
"Avec la disparition de cette glace dans l'Arctique, des zones sauvages ont déjà été détruites et cette tendance devrait s'accélérer" préviennent les spécialistes.
Que font les politiques?
En moyenne, les zones sauvages mondiales ont une richesse en espèces supérieure de 31% peut-on lire dans le cadre de l'étude qui vise à alerter quant aux conséquences des activités humaines sur la préservation de nos océans. "Bien qu'il existe de grandes différences dans la quantité de milieux sauvages qui subsistent dans les écosystèmes marins, le niveau de protection de la nature est faible dans la plupart des écosystèmes déplorent les scientifiques. Les politiques internationales de conservation devraient maintenant reconnaître les valeurs des mesures de conservation de la nature sauvage et de la cible pour réduire les menaces dans ces zones afin d'assurer leur conservation."
Les auteurs de l'étude ajoutent : "la nature sauvage marine est souvent négligée, tant dans le cadre de la politique de conservation mondiale que dans les stratégies nationales de conservation (...) Les politiques internationales ignorent souvent les avantages qui découlent d'écosystèmes fonctionnels et intacts et aucun texte de la Convention du patrimoine mondial des Nations Unies ne reconnait l'importance de conserver de grands paysages terrestes ou marins intacts". Selon ces derniers, il serait nécessaire de mettre en place des "mesures proactives pour empêcher les pressions humaines d'éroder les aires marines sauvages de la Terre".
"Les accords multilatéraux sur l'environnement devraient maintenant reconnaître l'importance de la nature sauvage et les menaces croissantes auxquelles elle doit faire face, tant sur terre que dans l'océan. Une telle reconnaissance aidera à conduire des actions à grande échelle nécessaires pour sécuriser la nature sauvage dans le futur" enchaînent les scientifiques avant d'affirmer : "une meilleur application des lois existantes est actuellement nécessaire pour prévenir la pêche illicite, non déclarée et non réglementée qui représente entre 10 et 30% des captures mondiales".
"La nécessité d'agir immédiatement"
Selon eux il est aussi indispensable de protéger au maximum le peu de zones sauvages qu'il reste dans les océans du monde pour "préserver les écosystèmes et les espèces, notamment endémiques".
"La perte de la nature sauvage est un problème globalement important avec des résultats en grande partie irréversibles: une fois perdues, les nombreuses valeurs environnementales de la nature sauvage ont très peu de chances d'être restaurées concluent les spécialistes. Nous montrons qu'il reste très peu de zones de nature marine mondiale, soulignant la nécessité d'agir immédiatement pour protéger ce qui reste et empêcher une récurrence océanique des déclins catastrophiques de la nature observés sur Terre. Prioriser et protéger de manière proactive les zones de nature sauvage les plus à risque du monde, tout en protégeant les espèces et les écosystèmes hautement menacés, est maintenant essentiel pour la conservation de la biodiversité et la poursuite des processus écologiques et évolutifs à grande échelle."
sw/www.ipreunion.com
