Mardi après-midi 10 mars 2026, plusieurs personnes comparaissaient devant le tribunal correctionnel pour des faits de trafic de stupéfiants. Selon les enquêteurs, une société de location et de revente de véhicules d'occasion servait à blanchir de l'argent, et à de nombreuses infractions au code du travail. Concernant les principaux prévenus, le parquet a requis des peines d'emprisonnement ferme ainsi que de lourdes amendes. Le jugement sera rendu le mardi 17 mars (Photo Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Le 20 mars 2024, les douaniers du centre de tri de l'aéroport de Roissy interceptent un colis en provenance de Marseille et à destination de Saint-Gilles à La Réunion.
À l'intérieur, il y a 557 grammes de cocaïne pour une valeur marchande de plus de 25.000 euros. Les douaniers parisiens décident de laisser passer le colis et de contacter leurs homologues réunionnais.
Plusieurs personnes sont placées sur écoutes. Les interceptions téléphoniques révèlent aussi certaines transactions suspectes entre différents protagonistes, principalement sur des achats et des réparations de voitures d'occasion.
Le 26 novembre de la même année, les enquêteurs de la gendarmerie décident d'interpeller les principaux protagonistes. Nicolas F., un Marseillais de 30 ans, Mahdi O., un Marocain de 29 ans, sa compagne âgée de 25 ans, et Naziraly H., 35 ans, sont placés en garde à vue.
Il est à noter que la société, SAS Rentrun, créée quelques mois auparavant par Nicolas F. et sa compagne, est, elle aussi, mise en cause en tant que personne morale pour des infractions au code du travail.
- "Le mode de transfert par la Poste est un classique" -
Le dossier sera ensuite séparé en deux volets. D'un côté, le trafic de drogue, de l'autre les infractions liées au code du travail.
Au centre une seule personne, Nicolas F.. Pour l'accusation, le Phocéen organise un trafic de cocaïne depuis Marseille en direction de La Réunion, et avec sa société de location et de revente de véhicules d'occasion il pouvait blanchir les liquidités de son trafic. Ainsi, on apprend que tous les véhicules achetés ont tous été payés en cash, et que les travaux de mécanique qu'il confiait au garage "marron" de Naziraly H. l'étaient aussi.
Interrogé par le président Dufourd, comme lors de sa garde à vue, le jeune trentenaire reconnait les faits, mais en les minimisant. Tous les autres prévenus feront la même chose.
Après avoir repris toute la procédure, et l'importance du dossier, la représentante du parquet attaque. "Le mode de transfert par la Poste est un classique. Nous sommes bien devant un trafic de drogue. Mais l'enquête nous démontre aussi qu'il n'y a aucune transaction d'argent avec cette société de véhicules", constate la magistrate qui poursuit en mettant en relation le trafic de drogue, mais aussi le travail dissimulé.
- Des avocats plaident la relaxe -
Au final, la vice-procureure requiert 3 ans d'emprisonnement, dont un avec sursis avec obligation de soins, de travail et de payer l'amende à hauteur de plus de 25.000 euros ainsi qu'une interdiction de gérer, mais surtout avec un mandat de dépôt différé à l'encontre de Nicolas Fernandez.
Même demande de mandat de dépôt différé avec deux ans ferme et solidaire de l'amende concernant Mahdi O. Pour les autres, prévenus, la magistrate du parquet requiert des sanctions allant de peines de prison avec sursis avec ou sans amende.
Les différents avocats de la défense plaident soit la relaxe, pour la compagne de Mahdi O., soit une sanction beaucoup plus clémente, avec une amende amoindrie, voire totalement assortie du sursis et surtout sans mandat de dépôt.
Le jugement sera donc le mardi 17 mars.
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Il faut taper très fort pour enrayer ( je ne dis pas stopper, hélas),cette gangrène. Amendes insuffisamment élevées, il faut taper au portefeuille.