Tribunal correctionnel : Yannis Bley mis en cause dans un trafic de drogue en prison

  • Publié le 6 mars 2026 à 02:56
  • Actualisé le 6 mars 2026 à 08:14
Tribunal judiciaire de Saint-Denis-de-La-Réunion

Mauvaise journée que ce jeudi 5 mars 2026 pour Yannis Bley, un jeune homme de 25 ans, mis en cause dans un important trafic de stupéfiants entre l'Hexagone et La Réunion. Alors que la Chambre des appels correctionnels le condamne à 8 ans d'emprisonnement au lieu des 6 ans prononcés par le tribunal correctionnel, il se retrouve aussi, en compagnie de plusieurs autres prévenus, devant le tribunal correctionnel pour un nouveau dossier de trafic de stupéfiants au sein du centre de détention de Domenjod. D'après l'enquête, il dirigerait ce trafic depuis sa cellule (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)

21 septembre 2023. Ce jour-là, un visiteur est surpris en train de transmettre, lors d'un parloir, à un détenu un sachet avec quelques grammes de cocaïne, de cannabis, un flacon d’ammoniac et une centaine de cachets d'un puissant somnifère aux effets hypnotiques.

Les policiers découvrent en exploitant le téléphone du passeur l’existence de contacts réguliers avec le détenu destinataire des produits, ainsi qu'avec sa sœur. 

- Un trafic en prison démantelé -

Dans le cadre de l'enquête, d'abord en préliminaire puis lors d'une instruction, de nombreuses interceptions téléphoniques ainsi que des échanges sur les réseaux sociaux, les enquêteurs parviennent à identifier plusieurs personnes qui sont en action depuis un certain temps. Progressivement tous les suspects sont interpellés.

En garde à vue, certains reconnaissent leur participation, souvent à minima. La petite amie d’un détenu explique même comment elle a "repris" le business extérieur de son compagnon après son incarcération. Les interceptions permettent aux policiers de mettre à jour toute un trafic carcéral, avec, côté prison, des dizaines de transmissions au parloir lors des visites, mais aussi par l’envoi de colis par-dessus les grilles d’enceintes.

Les écoutes permettent aussi aux policiers de mettre en avant deux surnoms : "Parisien" et "Boss". Toujours d'après les écoutes, les deux hommes, vite identifiés comme des trafiquants originaires d’île de France, en détention provisoire dans le cadre d’un important trafic entre la métropole et La Réunion, seraient au cœur de ce "commerce".

Identifiés à travers leurs pseudos et les lignes téléphoniques utilisées, "Parisien" et "Le Boss" seraient en fait Christian Mbong Mouang, 31 ans, et Yannis Bley, 25 ans. Les deux hommes nient formellement les faits. Au final, plusieurs personnes seront renvoyées devant le tribunal par le magistrat instructeur.

Lire aussi - Affaire de trafic de drogue : Yannis Bley condamné à 8 ans de prison et 30.000 euros d'amende par la Cour d'appel

- "Le quartier F, c'est Amsterdam" -

Ils sont donc neuf à se retrouver, depuis ce jeudi matin 5 mars 2026, devant le tribunal correctionnel pour un dossier prévu pour être examiné sur deux jours.

La Présidente Caroline Meunier décide d'interroger les neufs prévenus dans l'ordre inverse, d'après le dossier, de leur implication. Ainsi, la matinée a été occupée à l'audition des personnes les moins impliquées.

Des prévenus qui, s'ils reconnaissent globalement tout, sont pratiquement et subitement frappés d'amnésie voire, reviennent "légèrement" sur leurs déclarations.

"Si cela continue, il y aura bientôt plus de déclarations que de prévenus", s'énerve la Présidente. Tous les prévenus semblent ignorer le moindre trafic d'ampleur. Tous affirment qu'ils font rentrer de la drogue en détention pour leur propre consommation.

Anaïs, compagne de l'un des premiers mis en cause comptant parmi les plus impliqués dit avoir pris la "responsabilité", sous la demande de son compagnon, de gérer à l'extérieur le trafic. "J'étais en contact avec Maël (son compagnon), mais aussi avec le Parisien et le Boss", explique à la barre la jeune femme.

"C'est Maël qui me dit de passer par Snapchat et WhatsApp pour contacter le boss. C'est après qu'il me dit que Le Boss, c'est Bley", dit la jeune femme.

- "Je garde le silence" -

Longuement entendu en début d'après-midi, Maël D'Eurveilleur, 26 ans, livre d'entrée de jeu : "le quartier F, c'est Amsterdam. Dans ce quartier, on se procure n'importe quoi, à n'importe quelle heure et à n'importe quel prix".

Il charge non seulement le Parisien, qu'il identifie comme Christian Mbong Mouang, mais aussi Yannis Bley comme étant le Boss. "Ils n'ont pas qu'une seule porte d'entrée. Il faut assumer maintenant. On a perdu, on assume", explique le jeune homme qui aligne déjà 22 mentions sur son casier judiciaire, avec une première incarcération alors qu'il est encore mineur.

Interrogé par l'avocate de Yannis Bley, Maël D'Eurveilleur, répond. "Je garde le silence". Un silence qui provoque la colère de Me Kheira Flissi-Gherabli, la conseil de Yannis Bley amenant à une suspension d'audience.

Il y aura encore deux autres prévenus avant les auditions des deux principaux prévenus. L'un d'eux, Zayad Albani explique. "Lorsque je suis en garde à vue, Christian Mbong Mouang, que je ne connais pas, m'interpelle, en me faisant comprendre qu'il ne faut pas que je parle et que Maël a balancé".

Interrogé par la Présidente, il explique comment se passe le trafic avec les différentes techniques de revente. Mais globalement, aucun d'eux n'a eu de contacts avec "Le parisien" ou encore "Le Boss".

- "Je n'ai rien à voir avec cette histoire" -

C'est au tour de Christian Mbong Mouang d'être interrogé. Le jeune homme nie tout. "Je n'ai rien à voir avec cela. Le Parisien ce n'est pas moi. En détention, lorsque l'on vient de Métropole, on est surnommé le Parisien. Et, lorsque je suis en détention, il y avait d'autres Métropolitains et tous s'appelaient parisiens. Je n'ai rien à voir avec cette histoire", martèle-t-il.

Il nie tout et conteste tout.

L'audition du principal prévenu, Ynanis Bley, celui qui serait appelé, le "Boss", aura lieu ce vendredi matin avant les réquisitions du ministère public. Puis les, nombreux avocats de la défense, prendront la parole avant que le tribunal ne se retire pour délibérer.

Le jugement devrait être connu en fin de journée.

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