Ce mardi 3 septembre 2019 s'ouvre le grenelle contre les violences faites aux femmes, Ă La RĂ©union comme en mĂ©tropole. Jusqu'au 25 novembre, de nombreuses consultations vont ĂȘtre organisĂ©es pour tenter d'endiguer ces violences, toujours extrĂȘmement nombreuses. (Photo d'illustration rb/www.ipreunion.com)
Ce n'est pas un secret, La RĂ©union dĂ©tient tristement la troisiĂšme place sur le podium des dĂ©partements oĂč les violences conjugales sont les plus Ă©levĂ©es. Juste la semaine derniĂšre, deux cas de violences extrĂȘmement sordides ont Ă©tĂ© traitĂ©s au tribunal. L'organisation de ce Grenelle est donc une excellente nouvelle, dans un contexte oĂč, en ce 2 septembre, pas moins de 101 femmes ont Ă©tĂ© tuĂ©es par leur conjoint.
Mais le timing, le fond et la forme de ce Grenelle laissent en rĂ©alitĂ© largement Ă dĂ©sirer. Tout d'abord, ce grenelle est organisĂ©, oui. Mais il est aussi organisĂ© le 3 septembre, soit au dĂ©but du neuviĂšme mois de l'annĂ©e. Oui, la date a Ă©tĂ© choisi comme "clin d'Ćil au numĂ©ro d'urgence 3919" mis en place pour les femmes victimes de violence. Sauf que la situation nous semble assez urgente pour pouvoir se passer de "clin d'Ćil".
26 femmes sont mortes entre l'annonce et le début du Grenelle
Ce Grenelle a Ă©tĂ© annoncĂ© le 7 juillet dernier. Ce jour-lĂ , on dĂ©comptait 75 femmes mortes sous les coups de leurs (ex)conjoints. Depuis, 26 femmes ont eu le temps de mourir. Fallait-il alors vraiment attendre deux mois entiers pour organiser ce qui est, concrĂštement, une table ronde sur les solutions possibles pour endiguer ce terrible phĂ©nomĂšne de sociĂ©tĂ© ? ParticuliĂšrement lors d'une annĂ©e oĂč le rythme des violences s'est accĂ©lĂ©rĂ© : en 2018, une femme mourrait tous les trois jours sous les coups de son conjoint â en 2019, c'est une femme tous les deux jours.
De plus, l'objectif est de trouver des solutions pour mettre fin à ces violences. Mais les solutions existent déjà , encore faudrait-il pouvoir les appliquer. Formation obligatoire des forces de polices dans l'accueil des victimes, mises en place de psychologues dans les commissariats, augmentation du nombre de centre d'hébergement d'urgence pour les femmes, création de tribunaux spécialisés dans les violences faites aux femmes et aux enfants⊠Des mesures qui seraient sans aucun doute efficaces, encore faudrait-il y mettre le budget.
Et pour cela, rien n'est moins sĂ»r dans un gouvernement oĂč la logique est aux Ă©conomies. Il n'y a qu'Ă voir le nombre d'associations engagĂ©es dans cette lutte qui se plaignent des baisses des subventions. Comment venir correctement en aide Ă des personnes fragilisĂ©es si l'on n'y met pas les moyens ?
Un Grenelle, mais avec qui ?
Nous partons peut-ĂȘtre un peu pessimiste, mais nous avons tout de mĂȘme nos raisons. Les violences sexistes, "grande cause du quinquennat", n'ont clairement pas Ă©tĂ© adressĂ©es correctement depuis la prise de fonction d'Emmanuel Macron. D'ailleurs, il n'existe mĂȘme plus de ministĂšre des droits des femmes, mais plus qu'un secrĂ©tariat d'Etat. Ce dimanche, ce dernier a annoncĂ© un budget d'un million d'euros supplĂ©mentaire dans cette lutte⊠Nous sommes pantois devant tant de gĂ©nĂ©rositĂ©.
En tout cas, ces un million d'euros ne serviront apparemment pas à financer des centres d'hébergement. En juillet, MarlÚne Schiappa annonçait l'ouverture de nouvelles places en hébergement d'urgence dÚs "cet été". Places qui n'ont toujours pas vu le jour en cette rentrée métropolitaine. Etonnant.
A La RĂ©union mĂȘme, oĂč les violences conjugales sont deux fois plus Ă©levĂ©es qu'en mĂ©tropole, le grenelle dĂ©bute aussi ce matin. Une mission qui semble avoir Ă©tĂ© prise trĂšs au sĂ©rieux : lorsque l'on souhaite savoir quelles associations seront prĂ©sentes pour ce grenelle, on nous annonce, la veille de celui-ci, qu'on ignore encore lesquelles d'entre elles seront prĂ©sentes. On comprend un peu mieux pourquoi il aura fallu au moins deux mois pour prĂ©parer ce fameux grenelle.
Tentons tout de mĂȘme d'ĂȘtre optimiste : peut-ĂȘtre qu'un rĂ©el budget sera allouĂ© Ă la cause, peut-ĂȘtre que des sanctions rĂ©elles seront imposĂ©es aux forces de l'ordre qui refusent les plaintes de femmes en dĂ©tresse, peut-ĂȘtre qu'une sensibilisation dĂšs l'enfance sera dĂ©cidĂ©e, peut-ĂȘtre qu'autre chose qu'un coup de comm ressortira de ces deux mois de concertations. EspĂ©ronsâŠ
as / www.ipreunion.com / [email protected]

En lien avec votre article sur le grenelle du 3 09 19, plasticienne engagée, j'ai réalisé une installation dans un centre d'art sur le violences faites aux femmes. Intitulée Loi n°2010-769 , elle rend tristement hommage aux 130 femmes décédées en 2018 en France et à toutes les autres décédées dans le monde, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire.
A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/loi-n2010-769_2.html
Cette série a été présentée à des lycéens, quand l'art contemporain ouvre le débat.
Et aussi "This is not consent" sur la culture du viol : https://1011-art.blogspot.co/p/thisisnotconsent.htmlIl faut AGIR !
Sujet sensible mais malheureusement bien réel. Il y aurait tellement de choses à mettre en place mis à part les centres d'hébergement et plus de personnels qualifiés pour l'accueil de ces femmes.
L'information et l'Ă©ducation dĂšs le plus jeune Ăąge notamment Ă identifier les diffĂ©rents types de violences avant mĂȘme d'en arriver Ă l'extrĂȘme. Il faut savoir que bien souvent les violences physiques arrivent en dernier lieu et que d'autres formes de violences ont vu le jour bien avant.
L'information, l'éducation sont la clé pour les aider à sortir du silence. Puis il y a un gros travail à faire au sein de la justice dans la maniÚre de traiter ces affaires et la reconnaissance du statut de victime.
Je me bats aujourd'hui et je continuerai à le faire pour moi et toutes celles qui sont violentées. Donc je sais de quoi il en retourne
Un "grenelle" qui à la source doit faire partie intégrante de notre mode d'éducation, de vie, de pensée...au sein de chaque famille, fratrie..etc..