"Pour parler d'une telle mesure, il faut bien en faire l'expérience. Alors, n'écoutant que ma conscience professionnelle et mon goût du journalisme de terrain, me voici donc... au bureau de Poste de mon quartier, à Montevideo", écrit Katell Abiven est une journaliste en Uruguay, basée à Montevideo. Cette dernière raconte comment elle s'est inscrite sur le registre officiel des consommateurs de marijuana, dans un pays où son usage est banalisé, toutes générations confondues.
"Pour parler d’une telle mesure, il faut bien en faire l’expérience. Alors, n’écoutant que ma conscience professionnelle et mon goût du journalisme de terrain, me voilà donc… au bureau de Poste de mon quartier, à Montevideo. Face à moi, l'employée a l'air bien embêtée. La machine enregistrant mes empreintes digitales a scanné sans problème mon pouce et mon index, mais arrivée au majeur, ça coince.
Pendant qu'elle redémarre l'appareil en soupirant, je regarde le grand panneau, derrière elle, qui énumère les produits qu'il est interdit d'envoyer par courrier. Comme la drogue, représentée par un dessin de feuille de cannabis.
Et pourtant, cette fonctionnaire un rien désabusée vient de m'inscrire sur le registre officiel des consommateurs de marijuana...
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