Il ne le savait encore pas, mais en se levant en cette matinée du vendredi 13 septembre 2019, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr s'apprêtait à vivre la pire journée de son existence. Malmené par des peurs qu'il ne soupçonnait encore pas, il vécut un véritable cauchemar, compilant les phobies les plus terribles pour un habitant de l'île. Un an plus tard, voici le récit de ses 24 heures en enfer... Une histoire fictive pleine de superstitions et de phobies racontée par Imaz Press. (Photo d'illustration : rb/www.ipreunion.com)
3h33
Couché depuis plusieurs heures, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr ne parvient toujours pas à trouver le sommeil. Quelque chose le perturbe… Bien qu'exténué, son subconscient le tourmente et le maintient en éveil malgré lui. Afin de se changer les idées, il saisit son téléphone portable. Le menu affiche alors la date du jour : "vendredi 13 novembre 2019".
L'angoisse de Jean-Michel Mapèrtoutzafèr résulte en fait de sa première phobie : il est paraskevidéakatriaphobe. Comme son nom l'indique, la paraskevidéakatriaphobe est la peur du Vendredi treize en lui-même. Cette superstition remonterait aux origines de la chrétienté et à la crucifixion du Christ, un vendredi. Le nombre 13 serait pour sa part une référence à la Cène, qui rassemble le Christ et ses douze apôtres.
8h17
Encore engourdi par la courte nuit qu'il vient de passer, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr décide de se faire un petit-déjeuner des plus copieux. Souhaitant faire le plein d'énergie, il se dirige alors vers le marché de Saint-Paul afin de s'y procurer des fruits gorgés de vitamines. Sa route se passe très bien mais une fois arrivé devant les étales garnies d'ananas, papayes et autres mangues, Jean-Michel est pris de panique.
Décidemment bien malchanceux, notre pauvre homme est en fait victime de carcophobie, qui se caractérise par une peur des fruits mais parfois aussi des légumes... Pour son petit-déj', Jean-Michel devra donc se contenter de son traditionnel bol de café.
10h12
Profitant de son passage dans l'ouest de l'île, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr gagne alors la plage de l'Hermitage pour se délecter de l'air marin. Mais à peine arrivé près de la côte, son cœur s'emballe à la simple vue de l'eau. Le constat est ici limpide : Jean-Michel est thalassophobe.
La thalassophobie, au-delà de rapporter beaucoup de points au scrabble, provoque une peur intense des mers et océans. Bien souvent, celle-ci est le fruit d'une méconnaissance de la faune aquatique, pouvant générer certaines superstitions.
10h20
Particulièrement brave, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr prend néanmoins son courage à deux mains et après quelques minutes d'hésitation, emboîte le pas en direction de la marée. Quelques enjambées plus tard, il s'arrête brusquement. Un pas dans le sable chaud de la plage aura eu raison de lui. Jean-Michel est arénaphobe.
L'arénaphobie consiste en effet en la peur pure et simple du sable. Dès lors, impossible pour Jean-Michel d'être au contact de ces millions de grains de sable. Pour ses prochaines vacances, il optera pour la montagne.
12h00
Son ventre commençant à gargouiller en raison de son petit-déjeuner frugal, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr se pose chez Doudou, restaurant bien connu du Maïdo. Au fur à mesure que les mets locaux défilent, le niveau de la pinte de Dodo que Jean-Michel s'est servie diminue encore et encore. Alors qu'il ne reste que quelques gorgées dans son verre, Jean-Michel est pris d'une angoisse soudaine…
Son mal pourrait prêter à sourire puisque Jean-Michel se révèle cenosillicaphobe, une peur qui le terrifie à l'idée de se retrouver avec un verre vide. Pleine avant son arrivée, la cave de Doudou en subira les conséquences…
16h37
Après une sieste réparatrice nécessaire, notre poissard du jour se résigne à rentrer à son domicile de Saint-Denis. Longeant la côte au volant de sa voiture, il se perd dans ses pensées, fait le vide dans sa tête mais un sentiment oppressif vient brusquement le plonger dans un profond mal-être… Sans aucune raison, Jean-Michel sent une menace planer au-dessus de lui. Ce regard appartient à un canard.
Bien que totalement improbable, l'anatidaephobie existe. Ce traumatisme, complètement irrationnel, angoisse sa victime à l'idée que, quelque part dans le monde, un canard est en train de le fixer du regard…
16h45
Surmené par ses pensées canardesques, Jean-Michel aura eu besoin de quelques kilomètres avant de retrouver ses esprits. Ce répit ne dure malheureusement que quelques instants puisqu'à l'approche de Saint-Denis, la structure imposante de la Nouvelle Route du Littoral se dessine au loin. Là, le pauvre homme se liquéfie, s'enfonçant dans le siège de sa voiture.
Jean-Michel est en pleine crise de subméchanophobie, qui se caractérise par la peur des objets (construits par l'homme) totalement ou partiellement immergés sous l'eau. La fin de son parcours sera des plus périlleuses…
20h00
Bien qu'il soit encore tôt, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr décide de se coucher, éreinté par la journée d'enfer qu'il vient de vivre. Allongé sur le dos dans son lit, il fixe le plafond de sa chambre. C'est alors que la panique l'envahit. Il se dit que de ce plafond pourrait jaillir un être terrifiant aux airs reptiliens.
L'ultime phobie de Jean-Michel demeure la cubilacetophobie, qui le glace à l'idée qu'un margouillat ne tombe sur son lit.
22h48
La fatigue l'emportant, Jean-Michel Mapèrtoutzafèr s'endort enfin. A son réveil, le vendredi 13 ne sera qu'un affreux souvenir pour lui. C'est du moins son plus profond désir… Qui sait si ce vendredi 13 novembre 2020 ne lui réservera pas un nouveau périple ?

Lol .....