Ce samedi 1er avril 2017, le gouvernement a promis 1 milliard d'euros d'engagement envers la Guyane, parcourue par un vaste conflit social depuis dix jours. Une enveloppe qui servira à financer des mesures d'urgence. Suite à ces négociations, le collectif organisateur du mouvement a réclamé un "nouveau statut" pour le territoire guyanais. Il demande l'ouverture d'un débat "clair, transparent"
Les engagements du gouvernement touchent la sécurité, la justice, l'éducation, la santé, la construction de logements... Le total a été chiffré à 1,085 milliard d'euros par Ericka Bareigts.
Lors des négociations ce samedi, le collectif portant le mouvement social en cours depuis deux semaines en Guyane a réclamé un "nouveau statut" pour ce territoire.
Appelé "Pou La Gwiyann dékolé", et regroupant l'ensemble des mouvements protestataires, il "demande au président de la République et au gouvernement d'entamer les discussions avec la société guyanaise afin d'ouvrir un débat clair, transparent, visant à doter notre pays, trop éloigné des centres de décisions hexagonaux, un statut particulier pour la Guyane", a déclaré l'un de ses membres, Davy Rimane, depuis le perron de la préfecture, où des discussions se tenaient avec la ministre. Des centaines de personnes massées en contrebas ont réagi par des cris de joie.
Interrogé peu après par l'AFP, M. Rimane, par ailleurs militant du syndicat UTG-énergie, a justifié cette exigence par la volonté de se débarrasser d'un lien "trop centralisé et vertical avec Paris", qui empêche la Guyane "d'avancer". "Avec un autre système, on pourrait décider nous-mêmes de ce qui est bon pour nous", plutôt que de "demander des autorisations pour tout" en métropole, a expliqué Davy Rimane.
Les électeurs de Guyane ont dit nettement non en janvier 2010 à l'autonomie accrue de leur département qui leur était proposée lors d'un référendum organisé à la demande d'une majorité de leurs élus locaux.
"Mais cette crise est l'expression de l'échec de ce référendum, a observé Gauthier Horth, un autre membre du collectif. Car le cadre réglementaire n'est pas du tout en adéquation avec la réalité guyanaise."
Et cet entrepreneur de citer l'exemple de piroguiers qui, lorsqu'ils travaillent pour la fonction publique, sont employés comme "chauffeurs automobiles", tout simplement car le métier de piroguier "n'existe pas" dans la nomenclature hexagonale. "L'Etat exerce ses pouvoirs régaliens sans se soucier d'efficacité", a pesté M. Horth.
La question du statut particulier de la Guyane était incluse dans les quelque 428 revendications du collectif apportées jeudi aux ministres Matthias Fekl (Intérieur) et Ericka Bareigts (Outre-mer). "La réponse du gouvernement a été "non", à cause de la consultation de 2010", a indiqué Davy Rimane.
Pour rappel, ce mardi, la Guyane a connu "la plus grosse manifestation de son histoire", de l'aveu même de la préfecture, avec près de 15.000 marcheurs sur une population de 250.000 habitants. Les 37 syndicats membres de l'Union des travailleurs guyanais (UTG) avaient voté samedi à la quasi-unanimité la grève générale illimitée qui a commencé lundi.
www.ipreunion avec AFP
