Volcan : l'enclos toujours interdit au public, ah bon...

  • Publié le 17 février 2026 à 08:06
pas de bellecombe-jacob au volcan

Le Piton de la Fournaise est entré en éruption ce vendredi 13 février 2026. Quelques minutes seulement après la crise sismique, de la lave jaillit en surface. Quatre fissures s'ouvrent, offrant un spectacle grandiose et fascinant. Suffisamment, en tout cas, pour faire oublier à certains un "petit détail" administratif : l'accès à l'enclos est interdit au public par arrêté préfectoral... Enfin en principe. Des flots d'images réalisées au sol dans l'enclos circulent sur les réseaux sociaux sans réaction ferme de la préfecture (Photo : www.imazpress.com)

Dès vendredi, le préfet déclenche, en urgence, l’alerte 2.1 "Orsec volcan : éruption dans l’enclos" interdisant l'accès à l'enclos au public. Sur le papier, le message est clair. Sur le terrain, et sur les réseaux sociaux, il semble nettement plus… interprétable.

Rapidement après l'éruption, les gendarmes du PGHM et les agents de l’ONF procèdent à des reconnaissances et à l’évacuation des randonneurs présents dans l’enclos.

Mais malgré l’interdiction formelle, les vidéos se multiplient. Selfies face aux projections, stories depuis les coulées, reels panoramiques au plus près des fissures... Certains internautes sont parfaitement identifiables. D’autres revendiquent même leur présence sur zone, sourire aux lèvres et hashtag en bandoulière. Manifestement, l’éruption est aussi numérique.

Des images "illégales" circulent librement -

Pourtant, dans un communiqué publié vendredi dernier, la préfecture rappellait que "l'accès du public à l’ensemble de l'enclos du piton de la Fournaise, partie haute, partie basse, grandes pentes, que ce soit depuis le sentier du Pas de Bellecombe ou depuis tout autre sentier, reste interdit jusqu’à nouvel ordre". Le préfet a aussi précisé que "le poser d’aéronefs dans la zone du volcan est réglementé et soumis à autorisation de la préfecture".

Lire aussi - Éruption au Piton de la Fournaise : l'activité se poursuit, de nouvelles ouvertures de fissures restent possibles

Suite à la publication de nombreuses vidéos sur internet, dans les commentaires, beaucoup pensent qu'il s'agit d'intelligence artificielle. Mais non. Ces images sont bien réelles.

Et illégales.

Elles circulent pourtant librement, accumulent les vues et sont parfois reprises par des médias, y compris du service public.

Une zone interdite… sauf si l’on a un bon angle et un smartphone chargé -

L’enclos serait-il devenu un espace à géométrie variable ? Une zone interdite… sauf si l’on a un bon angle et un smartphone chargé ?

Imaz Press a contacté la préfecture afin de savoir si des contrôles sont menés sur le terrain et si les vidéos publiées en ligne peuvent donner lieu à des sanctions a posteriori. 

- La préfecture confirme l'interdiction, sans plus -

Dans sa réponse, la préfecture rappelle que "le plan Orsec Volcan est destiné à protéger les populations et organiser la coordination des services".

"Le danger demeure particulièrement élevé en période éruptive, notamment en raison des émissions de dioxyde de soufre, des risques d’effondrement de structures volcaniques, de chutes et de brûlures", assure la préfecture.

"L’effondrement d’un ancien cône intervenu le dimanche 15 février, suivi de coulées pyroclastiques et de l’émission d’un important panache de vapeurs et de fumées, en constitue une illustration concrète".

Les services de l'État sont clairs. "Le non-respect d’un arrêté préfectoral constitue une contravention de 2e classe, passible d’une amende forfaitaire de 35 euros".

Un montant majoré en cas de non-paiement dans les délais.

Notez également que des poursuites complémentaires peuvent être engagées en cas de circonstances aggravantes ou de mise en danger d’autrui. 

- Des contraventions à la tête du client ? - 

Concernant les photos et vidéos réalisées en dépit de l'arrêté du préfet, la préfecture affirme sobrement :  "concernant les images diffusées sur les réseaux sociaux, elles font actuellement l’objet de vérifications".

Dans l'attente des résultats de ces investigations qui seront sans doute menées toutes affaires préfectorales cesssantes, une chose est sûre : le message envoyé est pour le moins brouillé.

Car à voir défiler ces vidéos sans conséquence apparente pour leurs auteurs, certains pourraient conclure que l’interdiction relève davantage de la recommandation que de la loi.

- Qui sera responsable en cas d'accident ? -

Une autre interrogation reste en suspens : en cas d’accident, qui portera la responsabilité ?

Le randonneur en quête de sensations ? Ou l’État accusé de ne pas avoir suffisamment empêché l'accès à l'enclos à tous les publics y compris en verbalisant? 

Ce mardi matin, la lave continue de couler, imperturbable, pendant que certains continuent de contourner l’arrêté préfectoral sans se cacher et même en réclamant que la préfecture cesse "de fermer le volcan".

Peut-être ont-ils raison de plaider pour une ouverture du site à tous les publics. Peut-être cela se produira-t-il un jour.

En attendant, il va être de plus en plus difficile pour les autorités d'expliquer aux Réunionnais et touristes respecteux de la réglementation qu'il faut continuer à la respecter sous peine de contraventions.... suspectées d'être dressées à la tête du client...

(Au fait, pour éviter tous commentaires intempestifs et procès d'intention, Imaz Press ne réalise pas ses images au sol dans l'enclos lorsqu'il est interdit au public)

vg / www.imazpress.com / [email protected]

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3 Commentaires
Je suis
Je suis
2 heures

Le préfet part bientôt

Aa bb
Aa bb
2 heures

Cest sûr que c'est mieux d'aller en helico avec toute la pollution que çà génère ! Sans compter qu’on se croirait en pleine zone de guerre sur leur route au Tampon, un helico toutes les 5 minutes dès 5h50, génial !

Karl Levice
Karl Levice
3 heures

Quand Imazpress fait du feedom dans le texte… Ressaisi azot Oté!