CCIR : la gastronomie réunionnaise au menu de l'assemblée générale

  • Publié le 7 mai 2026 à 16:47
  • Actualisé le 7 mai 2026 à 20:12
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La structuration de la filière de la cuisine créole était au cœur des échanges lors de l’assemblée générale organisée par la Chambre de commerce et d’industrie de La Réunion (CCIR) ce jeudi 7 mai 2026. Aux côtés de l’Institut international de la gastronomie créole, les acteurs économiques ont insisté sur l'importance de faire reconnaître la cuisine réunionnaise comme un véritable patrimoine culinaire et développer des formations adaptées aux besoins du territoire. (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Pour Jean-Charles Bertrand, président de l’Institut international de la gastronomie créole, l’enjeu dépasse largement le simple cadre de la restauration. Il s’agit de construire une filière durable et reconnue au niveau national.

"Aujourd’hui, on travaille avec la Chambre des commerces pour une structuration de la filière de la cuisine créole. L’enjeu demain matin, c’est de pouvoir reconnaître cette cuisine créole au niveau académique", explique-t-il.

Selon lui, cette reconnaissance est essentielle afin de permettre à la cuisine réunionnaise d’obtenir une véritable place dans les formations professionnelles et dans les établissements de restauration.

"Notre cuisine, qui est notre patrimoine culinaire, doit avoir toute sa place au sein de la société créole", insiste-t-il.

Le président de l’Institut souligne également les difficultés rencontrées par le secteur en matière de recrutement. De nombreux hôtels et restaurants manquent aujourd’hui de personnel qualifié spécifiquement formé à la gastronomie locale.

"Cette cuisine n’est pas reconnue. Il faut qu’elle soit reconnue. Il faut qu’on soit reconnu en tant que peuple, civilisation qui possède une cuisine très riche", affirme Jean-Charles Bertrand.

L’Institut salue ainsi le rôle joué par la CCIR dans cette dynamique. "La Chambre des commerces est une pièce maîtresse au niveau de la formation", ajoute-t-il, estimant que cette collaboration permettra de "construire pour demain, pour La Réunion et pour le rayonnement du territoire".

- Une formation dédiée dès la prochaine rentrée -

Pierrick Robert, président de la CCIR, a annoncé pour l'occasion le lancement prochain d’une formation dédiée à la gastronomie locale.

"Nous allons collaborer avec l’Institut et le rectorat pour déployer une formation sur la gastronomie locale qui devrait commencer dès la prochaine rentrée de septembre dans nos centres de formation", explique-t-il.

Cette nouvelle formation répond à une demande forte des professionnels du secteur de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme.

"Aujourd’hui, nous formons principalement à la gastronomie française. Mais sur l’aspect culinaire typiquement réunionnais, il n’y a pas véritablement de formation structurée", reconnaît le président de la CCIR.

L’objectif est désormais de créer un véritable titre professionnel permettant de former des jeunes Réunionnais à la cuisine locale. "Nous sommes véritablement sur un titre professionnel pour former des jeunes réunionnais à la gastronomie locale", précise Pierrick Robert.

- La CCIR tournée vers l’investissement -

Au-delà du projet autour de la gastronomie créole, la CCIR a également présenté sa situation économique et ses perspectives de développement.

Pierrick Robert assure que les comptes de l’institution restent stables, avec une stratégie axée sur la proximité avec les entreprises réunionnaises.

"Je me suis engagé à ne pas faire de plan social à la CCI de La Réunion et à continuer à servir à la même hauteur nos ressortissants ", déclare-t-il.

Parmi les actions mises en avant figurent la caravane économique, la cellule d’accompagnement des entreprises en difficulté ou encore les aides d’urgence déployées après le cyclone Garance.

Le président de la CCIR insiste aussi sur la solidité financière de l’institution. "Nous n’avons pas aujourd’hui de taux d’endettement. Un endettement nul à la Chambre de commerce et nous continuons à investir", souligne-t-il.

Plusieurs projets structurants ont ainsi été évoqués, notamment l’acquisition du Domaine des Pierres en 2023, la construction d’un entrepôt de 1.000 m2 au Port pour un investissement de 2,5 millions d’euros, ainsi que l’achat prochain de neuf locaux dans l’ouest de l’île destinés à soutenir différents secteurs économiques.
 

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