Menaces sur les crédits européens alloués à La Réunion : le Président de la République alerté par les élus locaux

  • Publié le 16 juin 2026 à 15:32
Le président de la République Emmanuel Macron le 21 mai 2026 à Paris

Le Conseil européen des chefs d’État et de Gouvernement de l’Union européenne doit se réunir les 18 et 19 juin 2026. Les questions liées à la politique agricole commune dans l’optique du futur cadre financier pluriannuel devraient être certainement évoquées. Dans cette perspective," compte tenu des menaces plannt sur le maintient du POSEI (programme d'options spécifiques à l'éloignement et à l'insularité), et de la gravité des enjeux pour l'agriculture de La Réunion, la Présidente du Conseil régional, Huguette Bello, et le Président du Conseil départemental, Cyrille Melchior, conjointement avec le Vice-Président du Parlement européen, Younous Omarjee, ont adressé un courrier au Président de la République (Photo AFP)

"L’objectif poursuivi est d’obtenir du Conseil européen un engagement en faveur du maintien du POSEI et d’une augmentation significative de la dotation budgétaire dans le futur cadre financier pluriannuel, en cohérence avec le vote favorable intervenu au Parlement européen en avril dernier. La reconduction et le renforcement du POSEI sont en effet indispensables pour garantir l’avenir de nos filières et préserver notre modèle agricole" idniquent les signataires dont nous publions le communiqué ci-dessous :
 

Monsieur le Président de la République,

Confrontées à la permanence et à la combinaison de contraintes structurelles reconnues par l'article 349 du Traité sur le Fonctionnement de l'Union Européenne, les Régions ultrapériphériques bénéficient au sein des politiques européennes de mesures spécifiques adaptées à leur situation.

À l'heure où se négocient des évolutions majeures pour la période 2028-2034, il est indispensable de sauvegarder, de renforcer et d'approfondir cette approche différenciée qui constitue un prolongement concret des principes de solidarité et de cohésion au cœur du projet européen,

Cet impératif se manifeste notamment dans le domaine agricole, où les régions ultrapériphériques connaissent des réalités particulières.

Le Programme d'Options Spécifiques à l'Éloignement et à l'insularité (POSEI) mis en œuvre par l'Europe depuis 1989 a permis de développer les productions locales sur ces territoires.

Dans un contexte où la souveraineté et la sécurité alimentaires s'affirment comme un enjeu stratégique de premier plan pour l'Union Européenne, il est essentiel que ses politiques intègrent pleinement les régions ultrapériphériques comme des atouts de cette souveraineté. Cela justifie le soutien aux modèles agricoles spécifiques de nos régions.

Ainsi, nos filières ont fait la démonstration de leur capacité à contribuer à la souveraineté alimentaire de la population malgré la juxtaposition de contraintes pesant sur les unités productives beaucoup plus petites, un marché insulaire de taille réduite, et une concurrence intense et inégale liée notamment au développement des accords de libre-échange. Il est donc essentiel de poursuivre ce développement et de garantir les moyens permettant de faire face aux vulnérabilités de territoires insulaires en milieu tropical, lesquelles sont accrues par les évolutions climatiques, sanitaires et économiques mondiales.

L'enjeu est de réduire nos dépendances en tirant le meilleur parti de nos multiples atouts dans nos zones régionales d'appartenance.

Nous demandons que le dispositif du POSEI soit confirmé comme un instrument spécifique et pérenne en faveur des régions ultrapériphériques, sans remise en cause de son existence à chaque nouvelle période de programmation.

Lors du débat sur le Cadre Financier Pluriannuel au Conseil Européen des 18 et 19 juin prochains, nous comptons sur votre mobilisation conjointe avec vos homologues espagnols et portugais pour exiger ensemble que l'Union Européenne rétablisse, pour la prochaine programmation, le POSEI, à hauteur des besoins réels de nos économies, en cohérence avec le vote du Parlement européen intervenu en avril dernier.

Cela suppose une revalorisation significative de son enveloppe financière reflétant la juste prise en compte des fluctuations croissantes de coûts de production et des intrants qui n'ont pas été actualisés depuis plus de dix ans, sans oublier l'intégration récente de Mayotte à budget constant.

Dans le même esprit, le financement européen à 100%, inscrit historiquement au sein du programme POSEI, doit être maintenu, ce qui n'est pas le cas dans la proposition actuelle de la Commission qui le globalise dans les futurs PPNR avec en conséquence une part à co-financer par l'Etat membre. Enfin, le règlement (UE) no 228/2013 doit rester le texte juridique de référence pour maintenir l'intégralité des dispositions qu'il contient, dont certaines sont normatives et conçues sur-mesure pour nos territoires.

Produire en milieu insulaire et tropical plaide en faveur d'un encadrement spécifique, et non aligné sur les critères, normes et valeurs cibles à références continentales,
Aussi, conformément à la position que vous avez exprimée à l'usine sucrière de Bois Rouge lors de votre visite à La Réunion en avril 2025, nous souhaitons pouvoir compter sur votre engagement, que soit défendue pleinement la pérennité d'un POSEI ambitieux et adapté aux réalités des régions ultrapériphériques afin de garantir le développement de nos productions agricoles.

Nous vous prions d'agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre très haute considération.

le vice-Président du Parlement
la présidente du Conseil régional, Huguette Bello
Le président du Conseil européen
le président du conseil départementla, Cyrille Melchior
le député européen, Younous Omarjee 

 

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