Contre la propagation du virus

Port du masque obligatoire en entreprises : ça commence aujourd'hui

  • PubliĂ© le 1 septembre 2020 Ă  02:59
  • ActualisĂ© le 1 septembre 2020 Ă  07:24
BTP reprise

Si ce n'est dĂ©jĂ  fait, prĂ©parez-vous : depuis ce mardi 1er septembre 2020 , le port du masque est obligatoire dans toutes les entreprises. Dans les open-space (bureaux collectifs), les salles de rĂ©union, les couloirs, les vestiaires, les coins-cafĂ©s... vous devez ĂȘtre masquĂ©s en permanence. Seules les personnes travaillant dans un bureau individuel pourront se dĂ©masquer. Il existent aussi des exceptions. Passage en revue de ce qu'il faudra faire ou pas Ă  La RĂ©union comme partout en France (Photo rb/www.ipreunion.com)

‱ Masquez-vous dans tous les espaces clos partagĂ©s

"Il est nécessaire de systématiser le port du masque dans tous les espaces de travail qui sont clos et partagés", comme les "salles de réunions, couloirs, vestiaires, open space" a annoncé le 18 août dernier la ministre du Travail Elisabeth Borne. Une dispositif réglementaire a ensuite fixé le cadre légal de cette obligation.

Cette "systématisation" ou "généralisation" du port du masque - la ministre et ses services n'utilisent pas le terme "obligation" - s'applique à des espaces comme les "salles de réunions, couloirs, vestiaires, open spaces". Le "protocole national pour assurer la santé et la protection des salariés en entreprise dans la période de crise sanitaire" a été publié lundisur le site du ministÚre.

 Ce texte remplace le "protocole de dĂ©confinement" en vigueur depuis le 24 juin, qui impose, entre autres, le masque uniquement quand la distance d'un mĂštre n'est pas respectĂ©e. Le port du masque doit ĂȘtre associĂ© Ă  tous les autres gestes barriĂšres (notamment le lavage des mains) et aux prescriptions d'ordre gĂ©nĂ©ral comme l'aĂ©ration des locaux.

Lire aussi : Covid-19 : le port du masque en entreprise devient obligatoire Ă  partir du 1er septembre

Donc, on récapitule.

Vous partagez votre espace de travail avec vos collĂšgues (bana i apĂšl sa l'open space), masquez-vous.
Vous dĂ©ambulez dans les couloirs en quĂȘte d'un ladi lafĂ© ou vous  partez d'un pas dĂ©cidĂ© vers le bureau de la ou du boss, masquez-vous.
Vous participez à une réunion, masquez-vous (ce qui aura aussi l'avantage de cacher d'éventuels bùillement intempestifs).
Vous allez au coin-cafĂ© parce qu'il faut faire le plein d'Ă©nergie ou de ladi lafĂ© (et oui encore), ne vous dĂ©masquez qu'Ă  l'ultime seconde, celle oĂč la tasse de cafĂ© ou de thĂ© approche votre bouche.

Vous avez la chance, ou pas, de travailler dans un bureau individuel, démasquez-vous. Vous allez en réunion, au coin-café etc ? Tout est dit au juste au-dessus.

 Le port du masque sera "nécessaire" aussi pour les travailleurs exerçant en extérieur en cas de regroupement et d'incapacité à respecter la distance d'un mÚtre, selon le protocole sanitaire présenté lundi aux partenaires sociaux, qui entre en vigueur mardi, et dont l'AFP a obtenu copie. "Pour les travailleurs en extérieur, le port du masque est nécessaire en cas de regroupement ou d'incapacité de respecter la distance d'un mÚtre entre personnes", est-il écrit.

‱ En voiture aussi

 Dans les véhicules aussi, "la présence de plusieurs salariés" rend obligatoire le port du masque, associé notamment à une procédure de nettoyage/désinfection réguliÚre du véhicule. Le masque est "un complément des gestes barriÚres mais ne peut se substituer au respect des différentes mesures dont les rÚgles de distanciation physique et d'hygiÚne des mains". Les visiÚres sont présentées comme un moyen "supplémentaire de protection du visage et des yeux face aux virus transmis par les gouttelettes", mais "ne sont pas une alternative au port du masque".

‱ Quand peut-on ne pas mettre le masque  ?

"Les adaptations sont relativement limitées", indique Laurent Pietraszewski, secrétaire d'Etat chargé de la Santé au travail.

- Quand une personne travaille seule : en atelier, lorsque le salarié est amené à faire "des efforts physiques intenses", seulement si l'espace est bien ventilé et qu'il y a une "densité de personnes pas trop importante". Il peut porter une visiÚre à la place, selon le secrétariat d'Etat.

- En open space, le salarié peut faire des "pauses" si plusieurs critÚres sont réunis, en fonction de la zone de circulation du virus (verte, orange, rouge). Dans les zones vertes, à faible circulation, il faut une "bonne" ventilation/aération de la piÚce; écrans de protection entre les postes de travail (en vitre ou plexiglas); mise à disposition de visiÚres; présence d'une procédure de prévention et d'un référent Covid. Dans les zones oranges, à circulation modérée, deux critÚres supplémentaires s'ajoutent: locaux de grand volume et présence d'extraction d'air haute. Dans les zones rouge, s'ajoute un critÚre de densité: 4 m2 par personne.

‱ Et quand le port du masque est impossible?

En milieu froid (-18 degrĂ©s), des discussions auront lieu cette semaine pour trouver les modes adĂ©quats de prĂ©vention (distanciation, hygiĂšne avant et aprĂšs sortie de ces milieux). Les partenaires sociaux doivent faire remonter au ministĂšre d'autres cas oĂč le port du masque est impossible.

Des dérogations sont possibles sur les plateaux de télévision, s'il y a une bonne ventilation, de grands volumes. Un décret a aussi été pris pour dispenser les chanteurs d'opéra.

‱ Qui doit payer les masques

Pas de panique, cette obligation de porter le masque au travail, ne va pas alléger votre portefeuille.

ConsidĂ©rĂ© comme un "Ă©quipement individuel de sĂ©curitĂ©", le coĂ»t du masque, chirurgical ou en tissu, est Ă  la charge de l'employeur quel que soit le secteur d'activitĂ©, prĂ©cise la loi. Vous ĂȘtre donc en droit de demander Ă  votre boss de vous fournir cet Ă©quipement.

‱ Vous ne voulez pas porter le masque en entreprise

Vous ne pouvez pas vous soustraire à cette obligation légale, sauf si vous justifiez d'une contre-indication médicale et/ou si vous exercez une profession nécessitant des "adaptations à ce principe général" a indiqué la ministre du Travail.

‱ Vous refusez de portez le masque

En MĂ©tropole, selon un sondage rĂ©alisĂ© par la plateforme de recrutement par intĂ©rim Qapa, un français sur quatre se dit prĂȘt Ă  ne pas porter son masque au travail, malgrĂ© l'obligation.

Ils s'exposent à des sanctions. En effet, le non-respect des rÚgles des protocoles édictés par le ministÚre du Travail pourra donner lieu à un avertissement pour faute professionnelle.

L'employeur sera d'autant plus prompt Ă  sanctionner la faute que sa responsabilitĂ© pĂ©nale peut ĂȘtre mise en cause, notamment pour manquement Ă  une obligation de sĂ©curitĂ© et de prudence.

‱ A La RĂ©union on parle "d'une bonne dĂ©cision" mais si elle est "contraignante'

MĂȘme si l'obligation de port du masque est contraignante, une majoritĂ© de personnes interrogĂ©es par Imaz Press le porteront malgrĂ© tout. Elle considĂšrent mĂȘme que c'est plutĂŽt "une bonne dĂ©cision".

"C'est une bonne chose. Il vaut mieux prendre les meilleures prĂ©cautions sur les lieux de travail, qui peuvent ĂȘtre des nids Ă  maladie" souligne Gabriel, qui travaille dans le milieu hospitalier.

Idriss, employĂ© d'une compagnie d'assurance qui travaille en open space, considĂšre que "c'est une excellente mesure, mĂȘme si le masque et souvent gĂȘnant et parfois un peu Ă©touffant, il faut faire le maximum pour ralentir le virus, et Ă©viter que l'on se retrouve de nouveau confinĂ©."

Certains sont dubitatifs. "Je n'ai aucun problÚme à porter obligatoirement le masque, mais je suis un peu sceptique" note Célia. "Je trouve la mesure contradictoire avec les discours que l'on a eu sur les masques depuis le début de l'épidémie"

Et puis il y a la minoritĂ© farouchement anti-masque. Daniel en fait partie. Il le clame haut et fort : "je ne porterai pas le masque au travail. C'est bien trop gĂȘnant, je respire mal avec, hors de question que je le supporte toute la journĂ©e, tant pis pour les sanctions."

Il précise son propos en ajoutant : "je pense que c'est presque plus dangereux que de ne rien porter, d'ailleurs c'est ce que le gouvernement nous disait il y a quelques semaines"

La cacophonie de la communication d'Etat sur le virus, masques "inutiles" et subitement obligatoire, tests massifs "sans  intĂ©rĂȘt scientifique" et tout aussi subitement vantĂ©s, a visiblement laissĂ©e des traces.

www.ipreunion.com / [email protected]

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