Avec un taux d'incidence passĂ© de 38 (pour 100.000) habitants Ă 62 en quelques semaines, Ă l'issue des vacances de La Toussaint, la peur d'un reconfinement guette La RĂ©union si ce taux devait ĂȘtre de 150. La communautĂ© des professionnels de santĂ© se veut cependant rassurante dans la mesure oĂč tout peut changer d'une semaine Ă l'autre. A condition que les RĂ©unionnais ne se relĂąchent pas s'ils souhaitent des fĂȘtes de NoĂ«l paisibles. (Photo d'illustration rb/ www.ipreunion.com)
Et si c'était inéluctable ? Alors que la Métropole est en pleine seconde vague, avec un deuxiÚme confinement depuis jeudi 29 octobre 2020, la crainte d'un retour progressif d'une des mesures les plus strictes du protocole sanitaire agite La Réunion. D'autant plus que les épidémiologistes craignaient un pic épidémique fin novembre, voire début décembre, pour l'ßle.
Le problÚme avec cette prédiction, c'est "qu'elle n'est plus valable", bat en brÚche le vice-président du Conseil de l'Ordre des médecins de La Réunion, Reuben Veerapen. "On a un modÚle qui peut plus ou moins bien prédire, mais sur une ou deux semaines", explique-t-il tout en soulignant la vitesse d'évolution du virus. "On peut faire une prédiction, mais seulement si on a un peu de recul sur l'épidémie, ce qu'on n'a pas", complÚte le docteur François ChiÚze, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'Agence régionale de santé (ARS).
- Une évolution exponentielle -
Difficile donc de prĂ©voir un pic Ă©pidĂ©mique, mais force est de constater "qu'on en prend le chemin", avance prudemment Reuben Veerapen en Ă©voquant les rĂ©centes donnĂ©es. En effet, on avait un "taux d'incidence de 38 (pour 100.000 habitants)-le plus bas de toute la France- qui est passĂ© en quelques semaines Ă 57 en raison d'un relĂąchement dĂ» aux vacances de La Toussaint", rapporte François ChiĂšze. "Aujourd'hui nous sommes Ă 62".Â
Une Ă©volution rapide confirmĂ©e par les plus rĂ©cents chiffres de l'ARS. "On avait une moyenne de 80 nouveaux cas journaliers la semaine derniĂšre, nous sommes entre 100 et 110 dĂ©sormais" continue François ChiĂšze. CĂŽtĂ© hospitalisation de patients Covid, la moyenne est passĂ©e "d'entre 20 et 30 Ă 50", confirme Reuben Veerapen. Des chiffres appelant Ă la prudence : "ça monte tout doucement pour finalement doubler, voire tripler, tous les trois jours", avertit Christine Kowalczyk, prĂ©sidente de lâUnion rĂ©gionale des mĂ©decins libĂ©raux Ă©voquant une situation oĂč le taux d'incidence dĂ©passerait les 150 pour 100.000 habitants.
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- Le spectre du couvre-feu -
Autre donnée plus inquiétante, cette semaine le taux d'incidence des personnes ùgées de 65 ans et plus a "passé la barre des 50 pour 100.000 habitants" nous apprend François ChiÚze. Une des conditions fixées par le préfet de La Réunion, Jacques Billant, pour mettre en place un couvre-feu.
Ce dernier n'a pas encore Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©, mais il pourrait l'ĂȘtre si le taux d'incidence global dĂ©passait les 150 pour 100.000 habitants, ou si plus de 25% des lits en rĂ©animation devaient ĂȘtre occupĂ©s par des patients Covid. "On a de la marge pour l'instant", rassure François ChiĂšze. "Seuls deux lits en rĂ©animation supplĂ©mentaires sont occupĂ©s cette semaine (14 en tout, ndlr) et nous pouvons monter jusqu'Ă 80. Et c'est "sans compter les dĂ©programmations d'opĂ©rations non essentielles". Un choix dĂ©jĂ effectuĂ© par de nombreux hĂŽpitaux mĂ©tropolitains face au manque de contrĂŽle du virus.
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L'inquiĂ©tude rĂšgne aussi autour du dĂ©pistage, notamment pour les voyageurs en provenance de l'Ăźle aux parfums. "Les tests ne sont pas obligatoires pour les vols inter-dom", explique Reuben Veerapen. "Et trĂšs peu sont effectuĂ©s Ă Mayotte". DĂšs la semaine prochaine, des tests antigĂ©niques, capables de dĂ©livrer un diagnostic en 30 minutes, devraient ĂȘtre proposĂ©s Ă l'aĂ©roport Roland-Garros. Une mesure sur la base du volontariat, regrette Christine Kowalczyk qui les aurait prĂ©fĂ©rĂ© obligatoires. A Mayotte, "le taux de positivitĂ© est de 10%, contre moins de 5% Ă La RĂ©union", prĂ©cise Reuben Veerapen.
Cependant, le retour des motifs impérieux a permis une baisse du nombre de voyageurs à destination de La Réunion, entraßnant une baisse significative de cas importés : "le taux de positivité des nouveaux arrivants est passé de 26% à 1,7%", rapporte François ChiÚze. De bons résultats qui ne doivent pas endormir les Réunionnais. "Depuis la mi-août, nous connaissons notre premiÚre vague", rappelait la communauté des professionnels de santé soulignant que le virus était désormais autochtone.
Autre chiffre important : seuls 10% des voyageurs font leur test à J+4 une fois arrivés à La Réunion, selon l'ARS. Un seuil qu'il serait bon de remonter, en comptant sur la responsabilité collective.
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- Une piqûre de rappel -
"Il faut une piqĂ»re de rappel aux RĂ©unionnais", estime en consĂ©quence le docteur Veerapen. "J'ai l'impression que la population a baissĂ© sa garde", continue-t-il en citant pelle mĂȘle marchĂ©s, magasins, restaurants, stations balnĂ©aires oĂč le masque est peu ou mal portĂ©. "Tout dĂ©pend de la population" rappelle-t-il en insistant sur le respect des mesures barriĂšres. Un sentiment partagĂ© par François ChiĂšze et Christine Kowalczyk. Cette derniĂšre estime qu'il "faut faire confiance aux mesures barriĂšres. Et arrĂȘter de penser que porter un masque est liberticide, ça ne l'est pas. Un couvre-feu, si".
D'autant plus que les chiffres donnĂ©s sont peut-ĂȘtre un peu en-dessous de la rĂ©alitĂ©. "1.500 tests sont rĂ©alisĂ©s chaque jour quand il faudrait qu'ils soient au moins Ă 1.700", informe Reuben Veerapen. Le taux d'incidence de 150 pourrait ĂȘtre atteint plus tĂŽt qu'on ne le pense si un relĂąchement de la population devait ĂȘtre observĂ©.
Un respect nĂ©cessaire "Ă la sĂ©curitĂ© des citoyens et Ă la survie de l'Ă©conomie de l'Ăźle", complĂšte François ChiĂšze alors mĂȘme qu'un couvre-feu pourrait avoir des consĂ©quences graves sur les restaurants et bars, entre autres. Le remĂšde au mal n'est pas mystique : "un meilleur contrĂŽle des cas importĂ©s, un meilleur respect des mesures barriĂšres, et un vĂ©ritable respect de l'isolement quand on est positif", rĂ©sume Reuben Veerapen. "Il y a encore trop de personnes qui vont faire leurs courses alors qu'ils doivent rester chez eux. Il faut comprendre, enfin". Des fĂȘtes de NoĂ«l, il en dĂ©pend.
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Avez-vous notĂ© que les augmentations fortes du nombre de cas correspondent Ă chaque fois aux retours de vacances ? AoĂ"t puis octobre...
Tout le monde avait dit qu'il fallait limiter les dĂ©placements. Les irresponsables sont ceux qui ont militĂ© pour la rĂ©ouverture d'une part (Serveaux et cie...), et ceux qui ont laissĂ© faire sans aucun contrĂ'le d'autre part (fin de la quatorzaine et des motifs impĂ©rieux, refus d'imposer des tests Ă J+7 ou le tĂ©lĂ©travail). La PrĂ©fecture ne peut pas rendre la population responsable de l'incurie du gouvernement.
Qu'un couvre feu serait nécessaire et plus de précaution car il y a beaucoup de personnes ne respectent pas les gestes barriÚres.
Aigri de la situation le prĂ©fet ne fait pas son boulot et les avions en provenance de Mayotte continue de rentrer sans contrĂ'le sanitaire Ars autoritĂ©s une bande d incompĂ©tent
ça ne peut plus durer ! les gens s'en moquent, je vois tous les jours le manquement Ă appliquer les procĂ©dures sanitaires, un exemple : Dans les stations services, devant les caisses, certaines mesures ne sont pas appliquĂ©es, et bien d'autres lieux oĂč on s'agglutine les uns autour des autres, sans gĂšne, ni respect, etc ...
Quand je vois les gens avec leur pif en dehors du masque ca me fait marrer c est pas comme ca qu on va stopper les cocovid
Noel en confinement... mdr l annĂ©e derniĂšre jai pass Le 24 dĂ©cembre avec moi mĂȘme tte seule devant ma tĂ©lĂ© j avais 50 balais ... soit disant pleins d'amis personne ne m a tendue la main hihihi mon seul enfant etait avec son pĂšre... et j ai plus de famille lol suis encore la ... a un moment donnĂ© fauda etre un peu EGOISTE regardez autour de vous c est pas Noel qui est important c est la capacitĂ© de rĂ©silience... que vous n avez vraiment pas ... Ă©veillons-nous, il est important de le faire vos petites vies Ă©triquĂ©es vont voler en eclatSignĂ© une battante qui lutte contre l adversitĂ© et qui aime toujours l HumanitĂ©
Noël, sous les flamboyants ? Noël, en plein confinement ?
Si "tout dĂ©pend de la population", eh bien on est cuits. Si, si vous verrez, NoĂ"l c'est confinĂ©s qu'on le fĂȘtera, merci Ă tous les irresponsables !