Dimanche Ă Moscou, l'Ă©quipe de France disputera sa troisiĂšme finale de Coupe du monde. .. Les deux premiĂšres ont Ă©tĂ© marquĂ©es par les coups de tĂȘte de ZinĂ©dine Zidane, vers le but en 1998 pour dominer le BrĂ©sil (3-0), ou sur le torse de l'Italien Marco Materazzi en 2006, pour sortir la tĂȘte basse (1-1, 5-3 aux tab).
âą Et 1, et 2, et 3-0
12 juillet 1998, Ă Saint-Denis
Brésil-France 0-3
"Sur les coups de pied arrĂȘtĂ©s, ils sont assez dilettantes. Si vous ĂȘtes un peu futĂ©s et malins, essayez de bouger, de les perturber. Ils n'ont pas une rigueur de marquage Ă©norme", conseille le sĂ©lectionneur AimĂ© Jacquet avant la finale contre le BrĂ©sil au Stade de France.
ConcentrĂ©, ZinĂ©dine Zidane Ă©coute religieusement. C'est lui qui marquera les deux premiers buts de la tĂȘte, d'abord sur un corner d'Emmanuel Petit (27e), puis de Youri Djorkaeff juste avant la pause. Ces deux buts enivrent dĂ©jĂ tout un peuple, qui ne demandait que ça, mais qui doit encore attendre la seconde pĂ©riode avant d'accrocher enfin une Ă©toile qui manque cruellement aux Bleus.
Au retour des vestiaires, les BrĂ©siliens lancent toutes leurs forces vers l'avant et retrouvent un peu d'espoir aprĂšs l'expulsion de Marcel Desailly (67e) pour un deuxiĂšme carton jaune. Mais les Bleus, portĂ©s par leur public, rĂ©sistent Ă tout et concluent mĂȘme le score par un contre Ă©clair et un ultime but d'Emmanuel Petit en fin de match (90e+3). "Et 1, et 2, et 3-0", hurle tout un pays qui fĂȘte ses hĂ©ros. En face il y avait pourtant une incroyable collection de grands joueurs: Ronaldo, Rivaldo, Roberto Carlos, Bebeto, Leonardo... Mais la gĂ©nĂ©ration Zidane est nĂ©e.
âą Coup de tĂȘte pour une dĂ©faite
Italie-France, 1-1 (5-3 aux tab)
Un coup de boule et un grand sentiment de gĂąchis: voilĂ ce qu'il restera de cette dĂ©faite au goĂ»t amer pour les Bleus. Tout commence pourtant parfaitement dans cette soirĂ©e du 9 juillet Ă Berlin. Pour sa derniĂšre apparition en Coupe du monde, le maestro Zidane peaufine son entrĂ©e sur scĂšne dans cette finale. Six minutes aprĂšs le coup d'envoi, Florent Malouda s'effondre dans la surface italienne, aprĂšs une faute de l'autre homme du match, Marco Materazzi. La panenka sur le penalty, qui frappe la transversale mais franchit tout de mĂȘme la ligne, bĂ©tonne la lĂ©gende de "Zizou".
Quelques minutes aprĂšs le but français, Materazzi balance toutefois un coup de tĂȘte rageur sur corner et Ă©galise.
L'histoire va en retenir un autre. Pendant les prolongations, Zidane dĂ©goupille Ă la 108e minute, aprĂšs s'ĂȘtre chauffĂ© avec Materazzi. "On jouait le mĂȘme match, on avait marquĂ© tous les deux mais lui Ă©tait un grand champion et moi j'Ă©tais nul (...) C'est comme ça que j'ai perçu ses moqueries et j'ai rĂ©agi", racontera l'Italien dans une interview accordĂ©e Ă l'Equipe Magazine, en affirmant avoir lancĂ© Ă ZZ "je prĂ©fĂšre ta putain de soeur".
Zizou craque et lui envoie, sur le torse, le coup de boule le plus célÚbre du monde. Carton rouge. A sa sortie, le sélectionneur Raymond Domenech n'a pas un regard pour lui. La suite est terrible, spécialement pour David Trezeguet, le seul à manquer son penalty lors de la séance de tirs au but. Ses larmes et ses excuses devant la foule quelques jours plus tard place de la Concorde à Paris resteront elles aussi dans l'histoire.
AFP


