Nous dénonçons avec la plus grande fermeté la suppression annoncée de 90 postes d’enseignants à La Réunion, dont 25 dans le premier degré et 65 dans le second degré, pour la rentrée scolaire 2026 (Photo : sly/www.imazpress.com)
La Réunion n’est pas la France hexagonale. Les décisions prises aujourd’hui le sont à distance, sans tenir compte des réalités sociales et éducatives que nous affrontons ici : un taux de chômage élevé, une part importante de la population vivant sous le seuil de pauvreté et des inégalités scolaires très fortes. Appliquer mécaniquement des critères nationaux à notre territoire est une profonde erreur.
À Saint-Denis, nous faisons face chaque jour à une école déjà sous tension : des classes trop chargées, des enseignants absents non remplacés, des équipes éducatives fragilisées.
Supprimer des postes, c’est faire le choix d’une dégradation assumée du service public d’éducation. L’école doit pouvoir accueillir correctement tous les enfants, sans exception. Une école inclusive ne peut pas reposer sur des discours. Elle exige des enseignants en nombre suffisant, des classes aux effectifs maîtrisés, des AESH présents lorsque les droits sont reconnus et une capacité réelle à assurer les remplacements. Sans ces moyens, ce sont les élèves qui décrochent et les équipes qui s’épuisent.
À Saint-Denis, l’éducation est une priorité. À travers le projet École du bonheur, la Ville agit concrètement pour le bien-être des élèves et le soutien aux équipes éducatives. Mais une commune ne peut pas, et ne doit pas, compenser en permanence les défaillances et le désengagement de l’État.
Derrière ces choix budgétaires, il y a une réalité : des enfants moins accompagnés, des parcours scolaires fragilisés, des jeunes que l’on laisse glisser hors du système.
Ce sont des vies que l’on complique et des avenirs que l’on n’aide plus à construire. Nous le disons clairement : on ne sacrifie pas l’école, on ne sacrifie pas notre jeunesse. Supprimer des postes d’enseignants à La Réunion, c’est tourner le dos à nos réalités et prendre une lourde responsabilité sur l’avenir de nos enfants. Nous demandons donc à l’État de revenir immédiatement sur cette décision.
