Le jeudi 19 mars 1946 sera marqué par le 80ème anniversaire de la départementalisation des "quatre vieilles" : la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et La Réunion. Malheureusement, la campagne des municipales de 2026, la coulée du volcan à la mer....risquent de faire passer ce passé historique au second plan à La Réunion (Photo d'archives : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
Puisque pas même un Ministre est annoncé à cette occasion mémorable, pas même les autorités de l'état et des collectivités ont donné signe de marquer cette date du 19 mars, pas même les politiques semblent faits de ce jour un sujet d'actualité.
À noter que cette grande avancée a été portée à l'époque pour La Réunion par des grands personnages, les députés Léon Lepervanche et Raymond Vergès. Tandis qu'Aimé Césaire et Léopold Bissol pour la Guadeloupe et Martinique, Gaston Monnerville pour la Guyane. Alors même que le gouvernement a estimé "qu’il ne peut y avoir pour les vieilles colonies une législation différente de celle qui s’applique à La France Métropolitaine".
Depuis, si la départementalisation a été un vecteur de progrès économique et social, qui a eu des impacts variés et très positifs sur notre territoire. Ce qui a permis de combler les nombreux retards dans le domaine d'amélioration des infrastructures, de la santé, des hôpitaux, des services publics dont les écoles, des droits sociaux, politiques économiques et sociales...etc, etc.
Cependant, 80 ans après, des inégalités sociales persistent toujours. La pauvreté, le chômage, l'illettrisme, le mal logement, les catastrophes naturelles qui s'invitent de plus en plus, les problématiques de l'insécurité...continuent à nous inquiéter grandement.
À croire que la départementalisation reste toujours un sujet assez complexe d'après son histoire, malgré qu'elle soit en une éternelle évolution. Alors ne mérite-t-elle pas une attention particulière encore plus dans cette empreinte de 80 ans et de mettre les problématiques sur la table ?
Manière peut-être appréhender les défis qui nous attendent, surtout en raison du changement climatique, du vieillissement de la population, d'une jeunesse qui s'inquiète pour leur avenir, de la pauvreté en héritage...etc, etc.
En finalité, on peut même s'interroger aujourd'hui si la départementalisation fait encore l'unanimité et partie de l'histoire réunionnaise 80 ans passés ? Après tout, comment faire de ce passé une force d'avenir ?
Jean-Claude Comorassamy
