Suite à l'adoption par le Parlement de la loi d'urgence agricole, La Voix Citoyenne - La Réunion prend acte des mesures de court terme déployées pour répondre à la détresse légitime du monde paysan. Toutefois, nous tenons à alerter les Réunionnaises et les Réunionnais : ce texte est avant tout un pansement sur une crise profonde. Il ne constitue en rien une loi d'orientation ou de prospective pour l'agriculture de demain.
Sa déclinaison dans nos territoires ultramarins appelle à la plus grande vigilance.
Giovanni PAYET, président de La Voix Citoyenne - La Réunion et ancien candidat aux élections municipales de Saint-Denis, souligne le manque d'ambition structurelle du texte : "Notre modèle agricole insulaire est à la croisée des chemins. Cette loi gère l'urgence économique immédiate, mais elle est malheureusement dépourvue de vision à long terme. L'urgence ne doit justifier aucun recul sur la transition écologique, ni hypothéquer notre objectif vital de souveraineté alimentaire."
Des dispositions ultramarines sous haute surveillance environnementale
Le texte adopté intègre plusieurs dispositions spécifiques aux Outre-mer qu'il est indispensable de mettre en relief, mais surtout d'encadrer rigoureusement sur le terrain :
- Le danger d'un recul sur l'eau et les insecticides : L'adaptation des normes aux réalités tropicales ne doit en aucun cas ouvrir la porte à des dérives. La préservation de notre ressource en eau est vitale. Nous nous opposons fermement à toute disposition qui faciliterait le maintien ou l'augmentation de l'usage des insecticides en Outre-mer sous couvert de simplification. La protection de nos nappes phréatiques, de nos rivières et de nos lagons face aux pollutions chimiques doit rester une ligne rouge absolue.
- La grande oubliée : l'agriculture biologique. L'urgence agricole ne peut se résumer à renflouer un modèle productiviste à bout de souffle. L'agriculture biologique (AB), qui subit également de plein fouet les crises actuelles, manque cruellement de soutien dans ce texte. L'AB est pourtant un pilier incontournable pour garantir une alimentation saine, sans résidus de pesticides, et pour assurer une véritable résilience de notre territoire.
- Le soutien à la diversification vivrière : Les leviers financiers débloqués doivent prioritairement accompagner les agriculteurs vers la production locale destinée à nourrir la population, face à la concurrence des importations qui fragilisent nos paysans.
Pour une agriculture résiliente alignée avec le concept "Une seule santé"
Pour La Voix Citoyenne - La Réunion, la santé publique, la protection de nos écosystèmes et la qualité de notre alimentation sont indissociables. Nous défendons une approche globale de type "Une seule santé" (One Health), qui protège conjointement la santé de nos sols, de notre faune, de notre flore et des citoyens.
"L'État et les collectivités doivent co-construire les décrets d'application avec les acteurs locaux pour s'assurer que les financements accompagnent une véritable transition vers l'agroécologie et le bio, et non un statu quo toxique. La terre et l'eau sont nos premiers biens communs" rappelle Giovanni Payet.
