Depuis plusieurs semaines, une campagne d’attaques et d’accusations vise Terracoop. Mais derrière ces polémiques, une réalité bien plus importante se joue : l’avenir de l’agriculture réunionnaise.
Car le débat actuel ne concerne pas simplement un différend entre coopératives. Il pose une question fondamentale : voulons- nous préserver un système fermé dominé par quelques acteurs, ou ouvrir la filière agricole à plus de transparence, plus de concurrence et plus de choix pour les éleveurs ?
Aujourd’hui, ce choix est devant nous.
Une décision lourde de conséquences
Le 20 mars, l’URCOOPA doit se prononcer sur une décision qui pourrait exclure Terracoop de l’Union et lui interdirende distribuer des aliments à ses adhérents.
Si elle était confirmée, cette décision ne serait pas anodine. Elle mettrait en danger près de 300 emplois et risquerait d’effacer toute alternative dans l’approvisionnement en alimentation animale à La Réunion.
Terracoop n’est pourtant ni un nouvel entrant ni un acteur marginal. Nous sommes membre fondateur de l’Union et représentons une part importante des exploitants agricoles.
Notre seul tort serait d’avoir proposé une autre voie.
Les vraies questions que l’on évite
Pendant que certains tentent de détourner l’attention, les difficultés structurelles de Soficoop restent bien réelles.
Elles sont aujourd’hui connues : 17,2 millions d’euros de déséquilibre financier, 15,1 millions d’euros d’investissements dont les retours restent incertains, ou encore la reprise des magasins Jardicane.
Face à cette situation, la solution envisagée serait aujourd’hui un nouvel emprunt de 15 millions d’euros.
Encore de la dette.
Mais une question demeure : qui paiera réellement cette facture ? Au bout de la chaîne, ce sont toujours les mêmes : les éleveurs et les coopérateurs.
Le cœur du problème : un monopole historique
La virulence des attaques contre Terracoop n’est pas un hasard. Elle s’explique par un enjeu central : le monopole historique de l’alimentation animale.
Dans toute économie, l’absence de concurrence conduit à la même conséquence : moins de transparence et des prix plus élevés.
Ce sont les exploitations agricoles qui en subissent les effets chaque jour.
Introduire davantage de concurrence ne signifie pas affaiblir la filière. Au contraire, cela permettrait
- plus de transparence sur les prix,
- plus de choix pour les éleveurs,
- des tarifs mieux alignés sur les marchés internationaux.
C’est précisément ce changement que nous proposons.
Et c’est précisément ce changement qui dérange.
Une alternative crédible pour la filière
Contrairement à ce qui est parfois affirmé, notre projet n’est pas de fragiliser la filière agricole réunionnaise.
Notre objectif est de la sauver et de la renforcer.
Parce que nous avons assaini nos comptes et conservé la confiance de nos partenaires financiers, nous proposons un plan clair :
- 42,2 millions d’euros injectés immédiatement,
- 175 millions d’euros d’investissements sur dix ans,
- le maintien de l’ensemble des emplois,
- et une évolution du marché de l’alimentation animale.
Nous avons également choisi la responsabilité en signant un protocole d’accord avec les groupes Duchemann et Grondin afin de mettre fin à des litiges judiciaires qui pouvaient peser lourdement sur l’avenir de Soficoop.
L’agriculture réunionnaise mérite mieux
Les éleveurs réunionnais affrontent déjà des défis considérables : hausse des coûts de production, pression économique, concurrence internationale.
Dans ce contexte, la filière ne peut plus fonctionner comme hier.
Elle doit évoluer.
Elle doit gagner en transparence
Elle doit permettre aux agriculteurs de retrouver des marges de manœuvre économiques.
L’agriculture réunionnaise mérite un modèle fondé sur la responsabilité, la coopération et la liberté de choix.
Parce que l’avenir de l’agriculture péi ne peut pas dépendre d’un monopole.
