Alors que les régions ultrapériphériques (RUP), avec l’appui résolu de l’État français, affichent une unité historique pour défendre leurs spécificités agricoles, la Production Locale Réunie (PLR) rappeler avec force que le combat n’est ni gagné, ni stabilisé. À un point d’inflexion majeur, les décisions qui se prennent en ce moment même à Bruxelles engageront pour des décennies la sécurité alimentaire, l’équilibre économique et la stabilité sociale de nos territoires (Photo : Richard Bouhet/www.imazpress.com)
"Le sujet est désormais clairement posé à Bruxelles. Et les lignes peuvent bouger. Mais cela dépendra de la capacité des territoires et de leurs représentants à s’engager dans la durée. La Réunion a toute sa place dans ce moment européen décisif, elle doit pleinement s’en saisir. Et il ne faut surtout pas relâcher la pression alors que la ligne d’arrivée est en vue", réaffirme le porte-parole de la Production Locale Réunie Olivier Robert, Président de l’ARIBEV.
- Changer de braquet : une dynamique européenne inédite à transformer -
Lors du dernier Salon de l’Agriculture à Paris, la remise en main propre au président de la République d’un courrier signé par près d’une centaine d’organisations des filières agricoles et économiques des régions ultrapériphériques françaises, espagnoles et portugaises a marqué un tournant politique majeur.
Cet appel collectif formulait trois exigences claires :
- préserver le POSEI agricole comme instrument européen autonome ;
- renforcer son budget pour arriver à un doublement ;
- et sur le modèle de cet outil efficace, créer un POSEI pêche.
Le moment politique qui s’ouvre est donc capital : il ne s’agit pas seulement de défendre une ligne budgétaire, mais de protéger un bouclier juridique fondé sur l’article 349 du Traité, qui reconnaît la singularité permanente des RUP et justifie un traitement réellement bénéfique spécifique.
- Une nouvelle séquence européenne qui engage directement La Réunion -
Un nouveau cap a été franchi hier à Tenerife lors de la réunion organisée par le Gouvernement des Canaries le 17 mars 2026. Les représentants des RUP, les députés européens et les acteurs économiques y ont affirmé une position commune forte.
Le message porté a été limpide : supprimer le POSEI ou le dissoudre dans les règlements généraux de la PAC ou de l’OCM, n’est pas acceptable et remet en cause des mesures "sur mesure" dont dépendent les RUP.
La PLR salue le soutien explicite exprimé par Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, venue réaffirmer la position française : conserver pleinement les dispositifs spécifiques et appeler à une mobilisation conjointe de la France, de l’Espagne et du Portugal. Cette nouvelle séquence inscrit aujourd’hui le débat dans un cadre plus large : celui des discussions sur le futur cadre financier pluriannuel de l’Union européenne.
Avec l’abrogation du POSEI, ces mécanismes essenIels disparaîtraient et aucun autre cadre juridique européen ou national ne permettrait de les recréer.
Au contraire l’ensemble des acteurs présents ont réaffirmé la nécessité, non seulement de consolider le POSEI agricole mais aussi d’en créer un spécifique pour le secteur de la pêche dans les RUP.
Après 35 ans de combats et de consolidaIon juridique depuis 1989, il est inconcevable que les RUP deviennent, encore une fois, un dommage collatéral - sacrifiées au nom d’une simplificaIon inadaptée aux climats, aux géographies et aux contraintes incomparables qu’elles subissent.
La PLR considère que La Réunion doit pleinement s’inscrire dans cette dynamique collective portée par les RUP.
Un appel clair à l’engagement des élus réunionnais
Le POSEI n’est pas un dossier limité au secteur primaire - c’est un pilier stratégique pour les RUP et pour l’Europe.
Dans cette séquence, la Production Locale Réunie appelle l’ensemble des élus réunionnais à maintenir ce dossier au sommet de l'agenda politique en s’engageant pleinement et en se mobilisant pour ce dossier stratégique. Leur rôle est déterminant pour :
- maintenir le POSEI en tant qu’instrument européen, doté d’un budget doublé, au sommet de
l’agenda politique ;
- permettre la création d’un POSEI pêche
- porter, avec constance, la parole du territoire dans les espaces de décision ;
- peser, de manière conInue et visible, dans les arbitrages européens ;
- contribuer, avec les autres RUP, à une mobilisation cohérente, durable et déterminée.
Parce que le POSEI n’est pas un sujet sectoriel.
Parce qu’il garantit la sécurité et la stabilité de territoires européens vulnérables mais stratégiques.
Parce qu’il soutient une part essentielle de l’économie réunionnaise.
Parce qu’il conditionne directement notre capacité à produire, à transformer, à aeeindre la souveraineté alimentaire et à préserver les emplois.
Parce que, sans lui, ce sont des pans entiers de l’économie de La Réunion, de la société et de sa cohésion qui vacilleraient.
