Tribune libre de Emmanuel Virin

Avenir de la filière canne à La Réunion : une occasion historique de reprendre en main notre destin

  • Publié le 26 avril 2026 à 21:24
  • Actualisé le 26 avril 2026 à 21:28
Grève à l'usine Bois-Rouge : les planteurs en colère veulent mettre la pression sur Tereos [?]

La séparation de la quasi-totalité de ses actifs à La Réunion par le Groupe Tereos n’est plus, aujourd’hui, un secret de polichinelle. C'est une réalité qui ne peut nous laisser indifférents. Cette perspective soulève des enjeux majeurs pour l’avenir de notre filière canne-sucre, pilier historique de notre économie, de notre écologie et de notre identité. Cette filière fait vivre des milliers de familles réunionnaises et structure profondément notre territoire. (Photo Stephan Laï-Yu / www.imazpress.com)

Face à cette évolution stratégique, il apparaît indispensable que les acteurs locaux soient pleinement associés à cette démarche. La filière cannière réunionnaise ne peut se penser sans celles et ceux qui la font vivre au quotidien : planteurs, agriculteurs, industriels et collectivités. Leur implication directe dans les décisions structurantes est une condition essentielle pour garantir un développement équilibré, durable et ancré dans les réalités de notre île.

Aujourd’hui, à l’heure où les Réunionnais doivent être, plus que jamais, au cœur des décisions qui concernent leur avenir, il est impensable que des choix aussi stratégiques se fassent sans eux. Le retrait de Tereos ne doit pas ouvrir la porte à des intérêts privés extérieurs ou à une logique de pure spéculation financière.

- Une occasion historique de reprise en main collective -

Cette ouverture du capital décidée par le Groupe Tereos (dans un premier temps avant une cession totale) est une occasion historique de souveraineté. À ce titre, j’en appelle à la mise en place de mécanismes permettant aux planteurs et agriculteurs réunionnais d’entrer massivement au capital de l’outil industriel.

Pour protéger cet actif stratégique, nous devons privilégier des structures juridiques solides et collectives avec l’appui des collectivités (Région, Département, CCI)
• La forme coopérative doit être privilégiée pour remettre le planteur au centre du modèle.
• L’adossement à une Société d’Économie Mixte (SEM) au sein d'un Groupement d’Intérêt Économique (GIE) doit permettre aux collectivités de sécuriser l’intérêt général.

Il n'est pas question que des groupes privés prennent le contrôle souverain de nos usines.

- Un héritage à honorer : Le souvenir de 1923 -

Notre histoire nous le rappelle avec force : en 1923, l’usine de Quartier Français (fleuron actuel de Téréos) a été sauvée grâce à l’engagement et à l’unité des planteurs locaux parmi lesquels les frères Yvrin et Philidor Payet. Ils ont pris leurs responsabilités pour ne pas laisser mourir leur outil de travail. Cet exemple doit aujourd’hui nous inspirer. Comme nos aînés, nous ne devons pas laisser passer cette opportunité.

Cet outil industriel majeur ne doit pas nous échapper. Si nous laissons d'autres décider à notre place, nous condamnons non seulement une économie, mais aussi un équilibre environnemental fragile dont la canne est le premier rempart.

- Mobilisation générale pour une filière souveraine -

La filière canne doit redevenir réunionnaise, forte et souveraine. L’heure est désormais à une mobilisation générale, à l’engagement collectif. Préserver la filière canne, c’est préserver des milliers d’emplois, des savoirfaire uniques et une culture qui nous est propre.

Mobilisons-nous pour que l'outil de production réunionnais revienne enfin aux mains des Réunionnais.

Emmanuel Virin, citoyen engagé, délégué Les Républicains de la 6ème circonscription 

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