À La Réunion, la nouvelle hausse des prix des carburants entrée en vigueur ce mois-ci est une nouvelle épreuve pour les familles. Encore une hausse subie, encore une baisse du pouvoir d’achat, mais cette fois, une question doit être posée clairement : Qui profite réellement de cette hausse ? (Photo d'illustration Emmanuel Grondin/www.imazpress.com)
Il existe une réalité qu’on ne peut plus cacher. À chaque augmentation du prix du carburant, les recettes fiscales progressent mécaniquement et notamment : l’octroi de mer, dont la compétence relève de la Région Réunion :
- sur la base des volumes de consommation annuels (plusieurs centaines de millions de litres)
- et d’une hausse moyenne de plusieurs centimes par litre
Les recettes supplémentaires pour le seul mois d’avril sont estimées à plus de 3 millions d’euros.
3 millions d’euros : une manne...ou une responsabilité ?
3 millions d’euros, ce n’est pas une ligne comptable. C’est du pouvoir d’achat pris directement dans la poche des Réunionnais. Pendant que les salariés comptent chaque euro, les familles réduisent leurs déplacements, les petites entreprises suffoquent, la collectivité régionale, elle, encaisse davantage.
Madame Huguette Bello, présidente de la Région Réunion, ne peut pas rester silencieuse car il ne s’agit pas d’un phénomène extérieur incontrôlable. Il s’agit d’une recette publique supplémentaire directement liée à une hausse subie par la population.
Nous sommes devant une exigence : rendre aux Réunionnais ce qu’on leur prend. La question est simple : pourquoi la Région Réunion conserverait-elle cette recette exceptionnelle de plus de 1,5 millions ? pour en faire quoi ?
Alors que, ces recettes sont issues d’une hausse subie, elles aggravent la vie chère et elles fragilisent encore davantage les plus modestes.
Des solutions immédiates existent. La Région peut décider, dès aujourd’hui de neutraliser tout ou partie de cette hausse fiscale, de créer un fonds de compensation carburant et de redistribuer ces recettes exceptionnelles aux Réunionnais. C’est un choix politique. Rien d’autre.
Ne rien faire, c’est d’accepter que la vie chère s’aggrave, accepter que les collectivités s’enrichissent pendant que la population s’appauvrit et d’accepter évidemment une fracture sociale toujours plus profonde.
Il s’agit d’un moment de vérité politique. Dans une période où la confiance est fragile, les Réunionnais attendent des actes, pas des explications, pas des justifications mais des décisions.
À La Réunion, la vie chère est une urgence, et face à cette urgence : chaque euro compte et chaque décision engage.
Madame la Présidente, les Réunionnais ne peuvent pas être les seuls à payer. À vous maintenant de rendre cet effort.
Emmanuel VIRIN
Citoyen engagé
Délégué Les Républicains de la 6ème circonscription
