Tribune libre de Philippe Naillet

Courrier à l'attention du ministre du Travail : urgence pour le maintien des PEC à La Réunion

  • Publié le 23 avril 2026 à 19:18
  • Actualisé le 23 avril 2026 à 19:20
philippe naillet député

Monsieur le Ministre, je vous adresse la présente concernant la situation critique pour les collectivités de La Réunion, et plus particulièrement pour les mairies, confrontées à la perspective d’une baisse drastique du nombre de Parcours Emploi Compétences (PEC). (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Cette incertitude, qui se renouvelle de manière regrettable année après année, menace directement le fonctionnement des services publics locaux déjà sous tension.

En effet, alors que le gouvernement attribuait 12 000 PEC annuels à La Réunion depuis 2020 avec une prise en charge de l’État de 60% sur 12 mois, ce dispositif essentiel au rétablissement du lien avec le monde du travail pour les bénéficiaires, est allé en s’amenuisant pour s’établir selon toute vraisemblance, à 2 000 contrats d’une durée de 6 mois, pris en charge par l’État qu’à 50% en 2026.

Cela représente une baisse de 70% à 80% du volume des contrats PEC tout simplement insoutenable alors qu’ils sont essentiels au bon fonctionnement des services publics locaux.

Pour exemple, entre 2024 et 2025 les effectifs de contrats PEC à la ville de Saint-Denis sont passés de 850 à 649, pour atteindre 580 aujourd’hui. À compter du mois de mai 2026, la non-reconduction progressive des contrats entraînera une dégradation immédiate du service. Cette évolution intervient à rebours des besoins du territoire. Elle revient à demander davantage à une école déjà en première ligne, avec moins de moyens pour agir.

 De ce fait, sans maintien des moyens existants, elle ne pourra plus assurer, dans des conditions dignes et sécurisées, l’accueil des près de 17 000 enfants scolarisés chaque jour, et toute baisse supplémentaire aurait des conséquences directes sur le fonctionnement des écoles et accentuerait les inégalités déjà à l’œuvre.

Par ailleurs, lors de sa visite dans l’île l’année dernière, Emmanuel Macron avait assuré aux élus locaux, un maintien à 10 000 contrats d’une durée de 10 mois avec néanmoins une baisse à 50% du financement pris en charge par l’État.

Le dispositif PEC a également démontré son efficacité sociale, économique et environnementale lorsqu’il a fallu lutter contre le Chikungunya et que l’ARS a eu recours à ces agents pour mettre en place la lutte antivectorielle.

Ainsi, alors que les collectivités doivent boucler leurs budgets avant fin avril, le manque de visibilité sur le volume des PEC, leur durée, ainsi que la part prise en charge par l’État, est source d’inquiétude pour des élus locaux qui doivent composer avec un climat socio-économique plus dégradé que dans l’hexagone.

Dès lors, je vous demande solennellement le maintien des contrats PEC, à minima au niveau de 2025, conformément aux engagements présidentiels et aux besoins importants sur le terrain.

Par ailleurs, je sollicite également de votre part une garantie de stabilité pour les années suivantes, avec la mise en place d’une logique pluriannuelle permettant aux collectivités de planifier sereinement leurs actions.

Enfin, je compte sur votre mobilisation pour que les promesses présidentielles soient tenues et que les Réunionnaises et les Réunionnais ne soient pas les victimes d’arbitrages déconnectés de leurs réalités.

Dans l’attente de votre retour, je reste à votre disposition pour échanger sur ce sujet urgent et vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes salutations distinguées.

Philippe NAILLET

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