La CPME Réunion exprime sa profonde inquiétude face à l’escalade des tensions au sein du groupe Urcoopa, de la Soficoop et de ses partenaires, Terracoop et la Sicalait (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Alors que les incidents récents marquent une rupture préoccupante dans la gouvernance de l’un des piliers de notre économie locale, la CPME Réunion tire la sonnette d’alarme : ce conflit ne doit pas prendre en otage l’avenir des éleveurs réunionnais.
- Une menace directe sur notre souveraineté alimentaire -
Depuis l’adhésion de "La Coopération Agricole" à la CPME nationale en 2023, notre organisation représente activement les intérêts de plus de 2 000 coopératives françaises, dont 93 % sont des TPE et PME. À La Réunion, le monde agricole est le cœur battant de notre souveraineté alimentaire et la coopération agricole est un adhérent historique de notre syndicat.
Le blocage actuel de l’outil de production et les difficultés de livraison d’aliments mettent en péril des centaines de structures fragiles. Chaque jour de conflit supplémentaire est un coup porté à la viabilité de nos entreprises agricoles, qui sont avant tout des PME territoriales sans solutions alternatives d’approvisionnement.
- Les jeunes agriculteurs : les premières victimes de l’instabilité -
La CPME Réunion est particulièrement préoccupée par le sort des jeunes agriculteurs. Ces derniers, souvent engagés dans des modèles économiques aux marges de manœuvre restreintes et endettés pour leur installation après de lourds investissements, ne peuvent supporter une rupture d’approvisionnement ou une hausse artificielle des coûts de production liée à des crises de gouvernance. Pour eux, l’arrêt des livraisons n’est pas un simple désagrément logistique, c’est une menace de faillite immédiate.
- Appel à un retour à la raison et à l’apaisement -
La CPME appelle à la mise en œuvre immédiate d’action de médiation entre les acteurs,
Mais avant tout, la CPME Réunion demande :
1. La sécurisation absolue des circuits de livraison pour garantir qu’aucune exploitation ne soit privée d’aliments pour bétail.
2. La reprise immédiate d’un dialogue constructif entre toutes les parties prenantes, loin des postures de force et des contentieux judiciaires paralysants.
3. Une transparence totale sur les projets de redressement pour assurer la pérennité de l’outil coopératif au bénéfice exclusif des producteurs.
"Ne rajoutons de l’instabilité à l’instabilité pour nos exploitants pays. On ne peut pas parler de souveraineté alimentaire si, à l’échelle de notre île, nous laissons nos outils de coopération s’effondrer sous le poids de conflits internes", déclare la présidence de la CPME Réunion. "Une exploitation qui disparaît est une perte irréparable pour le territoire. L’urgence est à l’apaisement."
La CPME Réunion réaffirme sa solidarité avec les éleveurs et les salariés du groupe, et se tient prête à soutenir toute médiation visant à rétablir un climat de confiance nécessaire à la poursuite de l’activité économique.
