Il y a des questions qui traversent les siècles. "Être ou ne pas être" en est une. Mais à Sainte-Suzanne, la question n’est plus philosophique : elle est politique. Comment être candidat ? Avec quelle droiture, quelle vision, quelle fidélité envers celles et ceux qui vivent ici, travaillent ici, espèrent ici. (Photo DR)
Car la vérité, la seule, appartient au peuple.
C’est lui qui sait.
C’est lui qui voit.
C’est lui qui ressent, dans sa chair, ce qui lui manque et ce qu’on lui promet depuis trop longtemps.
Pourtant, dans notre commune, un système a prospéré.
Un système qui a su convoquer l’histoire d’un parti comme on brandit un talisman.
Un système qui a entretenu des mythes, des figures, des récits glorieux, pour mieux masquer l’immobilisme.
Un système qui a fait croire, encore et encore, à un grand soir qui n’est jamais venu.
Je me présente dans ce paysage là.
Un paysage où le maire sortant est souvent décrit comme un stratège, un maître du "diviser pour mieux rassembler.
Un paysage où l’on confond parfois candidature et carrière, projet collectif et calcul personnel.
Et dans ce décor, on m’a attribué un rôle : celui du "petit candidat".
Petit, parce que je ne porte pas l’étendard d’un grand parti.
Petit, parce que je ne dois rien à personne.
Petit, parce que certains pensent qu’en m’isolant, ils finiront par me réduire au silence.
Petit, parce que l’on ne peut pas m’acheter.
Mais c’est précisément pour cela que j’ai choisi d’entrer en politique en portant les valeurs qui me définissent et que défend l’Union pour La Réunion de Demain (URD) : intégrité, transparence, sens des responsabilités, et la conviction profonde que la politique doit redevenir un service rendu à la population, plutôt qu’un instrument de pouvoir.
C’est cette boussole-là qui guide ma démarche, et non les alliances de circonstance ou les fidélités imposées. Les faits sont là, têtus, implacables.
Parmi toutes les candidatures qui se pressent aujourd’hui, nous ne sommes que trois, tout au plus, à n’avoir jamais été liés, de près ou de loin, au maire sortant.
Je peux, moi, l’affirmer, ma parole n’est pas lestée par des dettes politiques.
Je n’ai pas été façonné par ce système que beaucoup dénoncent, tout en y ayant participé.
Alors oui, les candidatures se multiplient.
Sept, huit, peut-être davantage.
Mais derrière cette profusion, chacun voit bien la mécanique : on disperse au premier tour, on se rassemble au second, on se partage les postes, et l’on recommence.
Toujours. Inlassablement.
Au détriment des habitants.
Je suis, sembletil, un "petit candidat".
Mais je suis avant tout un enfant de cette ville qui a grandi à Camp des Évis et qui a vu Sainte-Suzanne s’enliser dans un clientélisme systémique et s’abîmer.
Et je refuse de détourner le regard.
Je ne me bats pas contre des ombres, je me bats contre un système, contre une manière de faire de la politique qui étouffe l’avenir.
Une manière de faire qui recycle les mêmes méthodes, les mêmes alliances, les mêmes promesses.
Certains diront que c’est de l’idéalisme et d’autres parleront d’angélisme.
Qu’ils le disent.
Moi, j’appelle cela la fidélité à une ville qui m’a construit.
La fidélité à une idée simple : la politique doit servir, non se servir.
J’ai gardé le silence trop longtemps, et tant qu’il restera un souffle pour le dire, je continuerai.
"Ensemble pour Demain" avec Louis Eddie Richard, candidat URD à Sainte-Suzanne
