Le 9 août prochain, nous célèbrerons le 197è anniversaire de la naissance d’Edmond Albius. Voilà près de deux siècles qu’est né à La Réunion, sur les terres de Sainte-Suzanne, un enfant qui allait changer le destin de la vanille et marquer l’histoire de l’agriculture mondiale. À seulement douze ans, Edmond Albius découvrait le procédé de fécondation manuelle de la vanille, une découverte qui permit à cette culture de se développer à travers le monde et qui continue aujourd’hui de faire vivre des milliers de familles. (Photo d'illustration www.imazpress.com)
Pourtant, l’homme est resté dans l’ombre de son œuvre.
Comme tant d’autres femmes et hommes issus de l’esclavage, Edmond Albius a connu les injustices, la pauvreté et l’oubli. Celui qui a tant apporté à l’humanité est mort sans avoir reçu la reconnaissance qu’il méritait.
Cette blessure de notre mémoire collective demeure ouverte.
Depuis des années, les associations de la Maison du Patrimoine de Sainte-Suzanne, des bénévoles, quelques rares historiens et des citoyens se mobilisent avec passion pour transmettre son histoire. Stèles, expositions, conférences, ouvrages, actions auprès de la jeunesse, outils pédagogiques : tout est entrepris pour que son nom continue de vivre.
Mais La mémoire ne peut pas reposer uniquement sur le dévouement de quelques passionnés. Elle est une responsabilité collective.
J’en appelle solennellement à l’Etat, à La Région Réunion, au Département, aux communes, aux parlementaires, aux universitaires , aux intercommunalités et à l’ensemble des décideurs publics.
Faisons de la reconnaissance d’Edmond Albius une grande cause nationale et réunionnaise.
A l’approche du bicentenaire de sa naissance en 2029, il est temps de créer un comité scientifique de haut niveau afin de rassembler les connaissances historiques, de coordonner les recherches et de construire un projet ambitieux de rayonnement international, en étudiant notamment les démarches qui pourraient être engagées auprès de l’UNESCO.
Le bicentenaire ne doit pas être une simple cérémonie commémorative. Il doit devenir un événement mondial célébrant le génie, l’intelligence et la contribution d’un enfant de La Réunion à l’histoire universelle.
A travers Edmond Albius, c’est aussi la mémoire de toutes les personnes réduites en esclavage que nous honorons. Elles ont construit notre pays par leur travail, leur courage, leurs savoir- faire et leur humanité. Elles nous ont légué une part essentielle de notre patrimoine culturel, agricole et immatériel.
Nous leur devons respect, reconnaissance et transmission.
Nous n’avons pas le droit de laisser Edmond Albius disparaître une seconde fois dans l’oubli.
Chaque école devrait connaître son histoire. Chaque Réunionnais devrait pouvoir être fier de son héritage. Chaque décideur devrait mesurer l’importance de préserver cette mémoire qui nous rassemble.
Le temps des discours est passé : le temps de l’action est venu.
Ensemble, faisons du bicentenaire de 2029 un rendez-vous historique. Ensemble, donnons enfin à Edmond Albius la place qu’il mérite dans la mémoire du monde.
Parce qu’un peuple qui honore ses bâtisseurs, prépare l’avenir.
Bernard Batou, écrivain et président de l' Association Sauvegarde Mémoire Réunionnaise

Au vu du nombre des courriers publiés sur l'histoire de l'esclavage, le patrimoine, la mémoire...la région Réunion est aux abonnés absents. Il est temps qu'elle se réveille, surtout pas au moment des élections ! La communication c'est son fort mais les actes, rien de rien...