Sous l'effet conjugué des politiques austéritaires menées dans notre pays depuis des années, de la crise du logement et de la dégradation des soins : la situation des enfants se dégrade dramatiquement en France et particulièrement dans les Outre-mer (Photo : sly/www.imazpress.com)
Le rapport de l'UNICEF rendu public le 29 janvier 2026 est sans appel :
- 21,9% des enfants en France vivent sous le seuil de pauvreté, soit environ 3 millions d'enfants. Une hausse de 2,6% en 10 ans. À La Réunion ce chiffre monte à 46% soit 110 500 enfants ;
- 32 000 enfants à minima sont sans-abri soit une hausse de 6% par rapport à 2023 ;
- 2 159 enfants sans solution d'hébergement en 2025 soit une hausse de 30% par rapport à 2022. 38 enfants sont décédés dans la rue en 2024. À La Réunion en 2025, 1 750 appels de familles avec enfants pour un hébergement d’urgence sont restés sans réponse, selon le Kolèktif des associations pour le logement 974, parmi lesquels il y aurait 615 enfants de moins de 3 ans.
- 60 enfants sont morts victimes de violence dans leur famille en 2023. Un enfant décède tous les 5 jours victime de maltraitance ;
- 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles par an ;
- 40 709 situations d'enfants en danger ont été signalés en 2025 soit une hausse de 13% par rapport à 2023 ;
- 13% des enfants en élémentaire présentent un trouble probable de santé mentale. Plus de 400 adolescents décèdent chaque année par suicide.
- 13% des jeunes sont en difficulté de lecture. Ce chiffre monte à 30% à La Réunion, 52% en Guyane, 58% à Mayotte ;
- la mortalité infantile repart à la hausse depuis 2023. Un enfant sur 250 meurt avant un an. Ce chiffre est deux fois plus élevé en Outre-Mer que dans l'Hexagone ;
- 5,8 % des enfants vivent dans des zones à haut risque de pollution aux pesticides. Les enfants les plus pauvres sont trois fois plus exposés aux particules fines. Un enfant sur cinq en Guyane est victime de saturnisme.
Cette situation scandaleuse et catastrophique de l'enfance en France n'a rien d'une fatalité. Elle est le fruit des politiques menées dans notre pays depuis plus de 40 ans, accentuées encore par le macronisme et sa politique de classe à l'état pur.
Alors qu’en 1980 la France se classait 5e pays de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) avec la mortalité infantile la plus faible, nous sommes désormais tombés à la 20e place, derrière la Grèce, la République tchèque ou la Lituanie.
Un pays qui laisse mourir et abandonne ses enfants de la sorte est un pays qui condamne son futur. Il y a urgence à agir, et c’est pourquoi la France insoumise propose un plan d’urgence pour répondre concrètement aux besoins des enfants dans notre pays :
• Rembourser l’entretien postnatal des mères ;
• Redonner urgemment des moyens aux maternités ;
• Redonner les moyens à la pédiatrie et à la pédopsychiatrie ;
• Créer un Pôle public du médicament ;
• Garantir le droit au logement des enfants : interdire les expulsions locatives sans relogement, réquisitionner les logements vides et ouvrir des places d’hébergements d’urgence ;
• Créer un corps de fonctionnaire d’accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) pour garantir une éducation digne à tous les élèves en situation de handicap ;
• Reconstruire et recentraliser la protection de l’enfance ;
• Instaurer la gratuité des crèches publiques, investir massivement dans la formation, l’amélioration des conditions de travail et la rémunération des professionnelles de la petite enfance ;
• Garantir le droit à la santé des enfants, notamment la santé mentale ;
• Mettre un terme à la pauvreté monétaire des familles:versement des allocation familiales dès le premier enfant, doublement de l’allocation de soutien familial, hausse de l’aide personnalisée pour le logement (APL), hausse du SMIC à 1 600 euros net, des salaires, et blocage des prix des produits de première nécessité ;
• Assurer la gratuité de l’éducation : garantir la gratuité des cantines, des fournitures, du transport et des sorties scolaires et activités périscolaires ;
• Maintenir la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (CIIVISE) au-delà de sa date butoir prévue en décembre 2023 ;
• Créer un Observatoire de la non-scolarisation et le doter de moyens ;
• Abroger le code de justice pénale des mineurs de Dupond-Moretti ;
• Abroger le contrôle au faciès qui touche les jeunes adolescents ;
• Respecter les droits fondamentaux des enfants étrangers : abroger les tests osseux, interdire l’enfermement des enfants dans les Centres de rétention administrative (CRA), et appliquer la présomption de minorité ;
• Instaurer une zone tampon pour protéger les enfants des pesticides de 200 mètres autour des habitations, des crèches, des écoles ou encore des hôpitaux.
Perceval Gaillard
Député de la 7ème circonscription de La Réunion
