Tribune libre de l'UFR

Harcèlement sexuel présumé au sein de la police à La Réunion : l’omerta ne peut plus être tolérée

  • Publié le 31 mars 2026 à 15:55
  • Actualisé le 31 mars 2026 à 15:59
commissariat malartic

L’Union des Femmes Réunionnaises a pris connaissance avec la plus grande gravité des informations révélées par la presse faisant état d’une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour des faits présumés de harcèlement sexuel au sein de la police nationale à La Réunion, visant potentiellement un haut responsable. (Photo d'illustration Richard Bouhet/www.imazpress.com)

Si ces faits étaient confirmés, ils constitueraient une faute d’une extrême gravité, d’autant plus insupportable qu’ils interviendraient au sein même d’une institution chargée de protéger les victimes, notamment de violences sexistes et sexuelles.

L’UFR tient à rappeler que les violences sexistes et sexuelles ne s’arrêtent pas aux portes des institutions. Elles traversent l’ensemble de la société, y compris les structures censées garantir la sécurité de toutes et tous. Cette réalité impose une exigence absolue de transparence, de protection des victimes et de sanctions exemplaires.

Nos pensées vont en premier lieu à la victime présumée, aujourd’hui en arrêt de travail. La parole des victimes doit être accueillie, protégée et accompagnée, sans pression ni remise en cause systématique. Dans le même temps, l’UFR rappelle son attachement au respect de la présomption d’innocence, qui ne saurait toutefois servir de prétexte au silence, à l’inaction ou à l’étouffement des faits.

Cette affaire, si elle est avérée, mettrait en lumière une contradiction profonde. Comment demander aux femmes victimes de violences de faire confiance aux institutions si celles-ci ne sont pas irréprochables en leur sein ? La crédibilité de la lutte contre les violences faites aux femmes repose sur une exigence de cohérence et d’exemplarité, y compris au plus haut niveau des institutions.

L’UFR appelle à ce que toute la lumière soit faite dans les plus brefs délais, dans des conditions garantissant à la fois l’indépendance de l’enquête et la protection de la victime présumée. Plus largement, cette situation doit conduire à renforcer les dispositifs de prévention et de traitement des violences sexistes et sexuelles au sein des institutions publiques.

À La Réunion comme ailleurs, les femmes doivent pouvoir parler sans peur et être protégées, quel que soit le statut de l’agresseur présumé. Le silence, la minimisation et l’impunité ne sont plus acceptables.

Le 31 mars 2026.

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