Tribune libre de Pascal Plante

Hausse des carburants et tensions géopolitiques : la CPME Réunion appelle à la solidarité et à l’anticipation

  • Publié le 11 mai 2026 à 15:10
  • Actualisé le 11 mai 2026 à 15:28
pascal plante

Le mercredi 6 mai, s’est tenu en préfecture, une réunion du Comité départemental d'accompagnement et de soutien des entreprises (CDAED) à l'invitation du Préfet de La Réunion et en présence de la Région Réunion (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Suite à l’annonce des tarifs des carburants pour le mois de mai 2026 par la Préfecture de La Réunion, et dans un contexte international marqué par les incertitudes persistantes liées au conflit contre l’Iran, la CPME Réunion y a exprimé sa vive préoccupation pour la survie des TPE-PME locales.

- Un message de solidarité et de soutien aux entrepreneurs -

Le Président de la CPME Réunion, Pascal PLANTE, tient avant tout à assurer l'ensemble des chefs d'entreprise de son soutien. "Les TPE-PME et ETI réunionnaises sont le cœur battant de notre tissu économique et sans un accompagnement plus vigoureux, la crise énergétique pourrait se transformer en crise économique durable".

- Mobiliser les outils existants, malgré leurs limites -

Même si le plan de soutien national et les mesures locales sont jugés insuffisants par certains et trop complexes par d’autres — notamment à cause d'un dispositif de "guichet" excluant de nombreuses entreprises industrielles et de services — la CPME Réunion exhorte les entreprises à se saisir de tous les leviers d'aide actuellement disponibles.

● La CPME demande cependant une simplification immédiate : le passage d'une logique d'aide sur dossier à un mécanisme de remise automatique.
● Elle réclame l'élargissement des aides à toutes les entreprises dont le poste "énergie" impacte lourdement les marges, au-delà des seuls secteurs du transport ou de l'agriculture.
● Elle demande d’élargir les dispositifs d’activité partielle actuellement inopérants

- Pour une stratégie durable : le Plan de Résilience Économique (PRE) -

Au-delà de l'urgence, la CPME Réunion réaffirme que la gestion de crise ne peut plus reposer sur du "saupoudrage" ou des mesures ponctuelles. S’appuyant sur la Boussole stratégique de la France océanique, elle propose l'institutionnalisation d'un Plan de Résilience Économique en situation de crise, qui intégrera un dispositif de type ORSEC Eco.. Ce plan, conçu pour offrir une réponse automatique et territorialisée, repose sur plusieurs piliers essentiels :

● Automaticité et rapidité : Remplacer les guichets administratifs par un droit opposable à la poursuite d'activité, incluant des moratoires fiscaux et sociaux automatiques, sans pénalités
● Soutien à la trésorerie : Création d'une banque de relance territoriale gérée par Bpifrance pour garantir les besoins immédiats en fonds de roulement des entreprises vitales
● Résilience structurelle : Lancement d'un diagnostic express de vulnérabilité économique (type « Diag 360 ») pour orienter chaque entreprise vers un parcours de redressement adapté. Avec une cartographie des filières critiques pour priorisation des plans de continuité économique en lien avec le Groupement de Prévention Agréé
● Solidarité interentreprises : Mise en place d'un fonds de compensation alimenté par les acteurs majeurs et les assurances pour mutualiser l'effort de relance post-crise.

La Préfecture de La Réunion a convenu d’organiser rapidement une réunion avec les partenaires économiques pour avancer sur ces propositions de la CPME Réunion. Un travail sera mené au sein du SOCLE (ADIR, CPME, FRBTP, MEDEF, UMIH et SICR) pour adopter une position commune sur la base des propositions de la CPME..

- Respecter les délais de paiement et les clauses de révision des prix -

En parallèle, la CPME invite l’ensemble des grands donneurs d’ordre publics comme privés à honorer leurs délais de paiement et à activer les clauses de révision des prix. Le Gouvernement l’a rappelé dans sa circulaire du 24 avril dernier relative à l'exécution des contrats de la commande publique dans le contexte actuel de hausse des prix de certaines matières premières. La CPME va écrire en ce sens à l’ensemble des acteurs de la commande publique. On sait que 25% des défaillances d’entreprises sont directement liés à des retards de paiement. Il faut arrêter cette hécatombe et les opérateurs publics doivent être exemplaires en ce domaine.

- Un cap pour 2030 -

"Nous ne pouvons plus nous contenter de pansements. La France Océanique a besoin d'un CAP clair et d'une boussole pour naviguer dans l'incertitude" conclut Pascal PLANTE. La CPME Réunion appelle l'État à intégrer ce Plan de Résilience Economique (PRE) dans une future loi d’orientation pour les outre-mers, afin de passer d’une gestion de l’urgence à une véritable stratégie de continuité économique pour nos territoires.

L’heure est une nouvelle fois à la solidarité pour accompagner nos entreprises et préserver nos emplois. L’heure n’est plus à la réflexion mais à l’action.

Pascal Plante, Président de la CPME Réunion

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