Voici la réponse de la députée réunionnaise Karine Lebon au maire du Port Olivier Hoarau concernant la proposition de loi visant à lutter contre les violences dans le domaine de la culture. (Photo photo Stephan Laï-yu/www.imazpress.com)
Monsieur le Maire,
Vous avez bien voulu m’adresser un courrier relatif à la proposition de loi visant à lutter contre les violences morales, sexistes et sexuelles dans le secteur de la culture, et je vous remercie d’avoir pris le temps de m’interpeller sur cet enjeu majeur.
Soyez assuré que je partage pleinement votre volonté de faire reculer ces violences qui continuent de toucher de nombreuses femmes et de nombreux hommes dans lemonde de la culture. Vous connaissez mon engagement de longue date sur ces questions. Il nourrit ma conviction qu’aucune victime ne doit être réduite au silence.
C’est dans cet esprit que j’ai choisi de cosigner cette proposition de loi. À ce jour, j’en suis d’ailleurs la seule députée ultramarine cosignataire. Les victimes doivent être écoutées, crues et accompagnées. Notre responsabilité collective est de leur garantir toute la protection nécessaire, tout en construisant un cadre juridique solide et respectueux des principes fondamentaux de notre État de droit.
Vous formulez plusieurs propositions d’évolution du texte qui alimenteront utilement la réflexion parlementaire. À ce stade, le rapporteur, M. Erwan Balanant, œuvre activement afin d’obtenir l’inscription de cette proposition de loi à l’ordre du jour d’une semaine transpartisane. Les conditions politiques ne sont toutefois pas encore totalement réunies pour permettre son examen.
Par ailleurs, la proposition de loi intégrale contre les violences faites aux femmes, que nous défendons depuis plusieurs mois et dont l’examen est annoncé pour le mois de septembre, répond déjà à une partie des préoccupations que vous soulevez, notamment en matière de protection des victimes et d’amélioration de leur prise en charge. Elle ne couvre cependant pas l’ensemble des spécificités du secteur culturel.
C’est pourquoi il sera également indispensable de poursuivre la mobilisation afin que cette proposition de loi consacrée aux violences dans la culture puisse être inscrite rapidement à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale.
Je vous remercie de votre vigilance et de votre engagement sur ces questions. Soyez assuré que je continuerai à défendre toutes les initiatives permettant de mieux prévenir ces violences, de protéger les victimes et de faire évoluer durablement les pratiques.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire, l’expression de ma parfaite considération.
Karine Lebon
Députée de La Réunion - Deuxième circonscription
