Je veux m'adresser directement aux planteurs, mais aussi à l'ensemble des acteurs économiques de La Réunion. Car ce qui est en train de se jouer aujourd'hui dépasse largement la filière canne : c’est une question de responsabilité collective et d'avenir pour notre territoire. (Photo Jean Michel MOUTAMA photo Sly imazpress)
- Reprendre le contrôle de nos décisions -
Soyons lucides : nous avons trop longtemps regardé partir nos centres de décision. Ces dernières années, trop d'entreprises réunionnaises ont échappé au contrôle des Réunionnais et trop de décisions stratégiques se prennent désormais loin de notre île. À chaque fois, les conséquences sont les mêmes : moins de maîtrise et moins de capacité à décider pour nous- mêmes.
L'industrie sucrière est l’un des derniers grands piliers de notre économie. Pourtant, son contrôle est aujourd'hui largement extérieur à La Réunion. Devons-nous continuer ainsi ?
- 2009 : Une erreur que nous ne répéterons pas -
Ce moment, nous l'avons déjà connu en 2009, lors de la cession de l'industrie au groupe Tereos.
À l'époque, une opportunité existait pour que les acteurs locaux prennent leur place. Elle n'a pas été saisie, et notre centrale syndicale a fait une erreur à ce moment-là. Nous l'assumons pleinement, car assumer, c'est avancer. Aujourd'hui, la donne a changé. Le groupe Tereos a décidé de céder des actions afin de ne plus être majoritaire dans l'entreprise. Cette fois, nous n'avons plus d'excuse pour rester spectateurs.
La place est à prendre.
- Mon appel aux planteurs et aux forces économiques -
Planteurs, nous devons prendre nos responsabilités. Nous ne pouvons plus accepter d'être uniquement ceux qui produisent, sans jamais décider. Prendre part au capital de l'outil industriel est devenu une nécessité vitale.
J'en appelle aussi aux forces économiques réunionnaises : nous avons une chance unique de construire un modèle réunionnais. C’est l’heure de la mobilisation. Cette chance ne se représentera pas. Si nous échouons, nous aurons simplement choisi de laisser notre avenir s'écrire ailleurs.
Le Président de la CGPER
MOUTAMA Jean Michel
