Une réunion était organisée ce lundi 27 avril 2026 afin de présenter les grandes lignes d'un plan contre la consommation de drogues à La Réunion, en augmentation ces dernières années. Les autorités veulent lancer une mobilisation régionale, dans une démarche de construction d’un plan réunionnais contre les drogues et le narcotrafic qui devra aboutir d’ici la fin du mois de juin à l’occasion d’un séminaire de présentation et de lancement de ce plan (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
"La Réunion fait face aujourd’hui à l’un de ses plus grands défis pour l’avenir", affirme le préfet Patrice Latron en ouverture. S’il rappelle que l’île est historiquement confrontée aux addictions, notamment à l’alcool ou au zamal, il insiste sur une évolution récente beaucoup plus inquiétante : "Depuis quelques années, nous constatons l’arrivée de nouvelles drogues, de nouveaux produits de synthèse… et nous ne sommes qu’au début du processus."
Cocaïne, MDMA, ecstasy, kétamine ou encore cathinones de synthèse circulent désormais plus largement, dans un contexte où les saisies explosent et où les réseaux se structurent.
"Il y a un véritable écosystème de la drogue qui est en train de se diffuser à La Réunion", alerte le préfet, rappelant aussi la montée du phénomène des "mules" et des modes d’acheminement de plus en plus sophistiqués.
Au-delà de la seule question sécuritaire, les autorités pointent un risque de déstabilisation sociale. "Dans une île déjà marquée par la précarité, l’arrivée du narcotrafic constitue une menace majeure pour le tissu social", insiste Patrice Latron. Il met en garde contre un scénario similaire à celui observé dans certaines régions de l'Hexagone ou aux Antilles, où violences et trafics se sont installés durablement.
Face à cette situation, l’État souhaite changer d’échelle. "La politique répressive ne suffit pas", reconnaît le préfet. "Il faut s’attaquer à la demande, par la prévention, la communication et l’éducation", dit-il. L’objectif est clair : faire de la lutte contre les drogues une "grande cause régionale" mobilisant l’ensemble de la société.
- L'ARS, la préfecture et de nombreux acteurs mobilisés -
Le directeur général de l’ARS, Jean-Jacques Coiplet, abonde dans ce sens. "Nous ne réussirons ce combat qu’en agissant ensemble", admet-il.
Il insiste surtout sur la diversification des usages et la complexification des prises en charge. "Nous faisons face à des consommations multiples, à des produits plus puissants, avec des impacts sanitaires lourds", regrette-t-il.
La stratégie repose sur deux piliers : prévention et sanction. Parmi les priorités, protéger les jeunes, retarder l’entrée dans la consommation, accompagner les usagers et renforcer la communication. "Il faut montrer la réalité", insiste Patrice Latron, plaidant pour des témoignages directs d’anciens consommateurs afin de "parler au cœur des gens", mais aussi souhaitant la mobilisation d'influenceurs, plus à même d'être écoutés chez les jeunes.
Un plan d’action est en cours de finalisation et sera officiellement présenté le 26 juin, lors de la journée internationale contre l’abus et le trafic de drogues. "
Cette réunion n’est qu’une première étape", conclut Patrice Latron. "C’est par une mobilisation collective que nous pourrons, peut-être, faire bouger les choses."
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