Trafic de stupéfiants à La Réunion : une menace "réelle qui reste sous contrôle", assure la police

  • Publié le 17 avril 2026 à 18:12
  • Actualisé le 17 avril 2026 à 20:35
enquete drogue

Après le démantèlement d’un réseau de trafic de stupéfiants à Saint-Denis et au Port, avec près de 500.000 euros saisis et plusieurs interpellations, la police a souhaité faire le point sur la lutte contre les stupéfiants dans l'île. Cette affaire illustre une nouvelle fois l’ampleur du phénomène, que la police qualifie désormais de "narcobanditisme", et alors que les saisies augmentent d'année en année. (Photo Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Pour les forces de l'ordre, cette opération met désormais en lumière un réseau structuré mêlant trafic de drogue et circulation d’importantes sommes d’argent liquide. Six personnes ont été placées en garde à vue dans ce dossier. 

Depuis le début de l’année 2026, les autorités ont déjà interpellé de nombreuses mules et saisi plusieurs dizaines de kilos de stupéfiants, preuve d’une activité soutenue. 

Pour Laurent Chavanne, ces opérations permettent de mieux comprendre les réseaux : "Le but, c’est de savoir comment fonctionne le trafic et de prévoir des contre-mesures".

Si La Réunion attire les trafiquants, c’est aussi pour des raisons économiques. Les prix élevés à la revente permettent de dégager des marges importantes. "Ils vont faire un ratio entre le coût, les risques et les avantages", souligne Laurent Chavanne.

Pour autant, la police rejette le terme de "tsunami blanc", qui a pû être évoqué par les douanes. "Un tsunami, c’est très fort. On n’est pas sur un tsunami. En revanche, il y a une vraie menace", admet le directeur de la police.

- Des routes de trafic en constante évolution -

Au-delà du trafic avec l'Hexagone, de nouvelles routes d’approvisionnement ont aussi fait leur apparition. Les réseaux s’adaptent en permanence pour contourner les contrôles.

"Nous avons constaté plusieurs personnes porteuses de plusieurs dizaines de kilos de cannabis en provenance de Thaïlande. C’était une route qui jusque-là n’avait pas été découverte", explique le directeur.

Cette stratégie repose sur une logique simple : multiplier les itinéraires pour limiter les pertes. "C’est une technique pour eux afin d’être plus efficaces pour introduire les produits", souligne-t-il.

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- Une violence encore limitée -

Malgré ces enjeux financiers, la violence reste contenue. L’île ne connaît pas, à ce stade, les règlements de comptes fréquents observés dans d’autres territoires. "Nous n’en sommes pas à ce point-là, ici, à La Réunion", assure le directeur territorial.

Cette relative stabilité s’explique notamment par les contraintes liées à l’insularité, qui limitent l’accès aux armes à feu, contrairement aux Antilles "où les routes de trafic se croisent".

Pour autant, les autorités restent prudentes. "C’est une crainte", reconnaît Laurent Chavanne, évoquant le risque d’une montée des violences si les réseaux se renforcent.

Face à cette menace, la stratégie repose sur une action globale : renseignement, démantèlement des réseaux, surveillance des flux financiers et adaptation constante.

"C’est un combat permanent", conclut-il.

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