Quatre-vingts ans, jour pour jour, après la départementalisation des Outre-mer à savoir La Guadeloupe, La Guyane, La Martinique et La Réunion, La France a annoncé l’extension de la Charte sociale européenne à ses territoires ultramarins, mettant fin à plus de cinq décennies d’exclusion de ces derniers du principal traité européen de protection des droits sociaux. (Photo d'illustration Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)
Cette mesure qui entrera en vigueur le 1er mai 2026, vise à garantir une égalité des droits sociaux pour tous les citoyens européens.
Concrètement, cette extension doit permettre aux ultramarins de bénéficier d’un niveau de protection juridique de leurs droits sociaux équivalent au reste du territoire national.
En effet, la Charte sociale européenne est un instrument central du Conseil de l’Europe qui garantit des droits fondamentaux tels que l’accès à l’emploi, à la santé, à un logement décent ou encore à la protection sociale. Elle prévoit également des dispositifs en faveur des publics les plus vulnérables, constituant ainsi un socle du modèle social européen.
Si je me réjouis de son extension aux Outre-mer, force est de constater que celle-ci intervient 53 ans après sa ratification par la France.
Il aura fallu une forte mobilisation des parlementaires ainsi que des acteurs associatifs et de la société civile pour convaincre le gouvernement d’y procéder. Un tel délai nous rappelle tout le chemin restant à parcourir pour atteindre l’égalité réelle entre tous les citoyens français.
Alors que les effets néfastes du budget 2026 se font sentir fortement là où la vie est plus chère et la pauvreté plus répandue, le gouvernement doit redresser la barre et adopter le réflexe Outre-mer dans tous les domaines. Il faut enfin mettre en œuvre les moyens à la hauteur pour que les territoires ultramarins, qui apportent à la France tant d’atouts stratégiques, cessent d’être les variables d’ajustement perpétuelles des politiques publiques.
Philippe NAILLET
Député de La Réunion 1ère circonscription
