Depuis une quinzaine de jours, dans de nombreuses académies de la métropole, puis à La Réunion, de nombreux lycéens manifestent pour dénoncer leurs conditions d’étude : locaux vétustes et souvent inadaptés, manque de personnels, classes surchargées, emplois du temps trop chargés, parfois étendus sur l’ensemble des horaires d’ouverture du lycée, avec de nombreuses heures sans cours ou encore accès toujours plus difficile, voire rendu impossible, aux études supérieures. (Photo Richard Bouhet / www.imazpress.com)
Leurs revendications sont légitimes. La FSU les partage et les soutient. Elles sont la conséquence directe des choix budgétaires et politiques imposés par les différents gouvernements d’Emmanuel Macron, notamement les réformes Blanquer et Parcoursup transformant le lycée en parcours du combattant, tant du point de vue du stress que de la gestion du temps, entraînant des emplois du temps parfois beaucoup trop chargés.
A ces revendications légitimes, le gouvernement, au lieu de l’écoute et de la discussion, a fait le choix, dans un premier temps, de répondre par la la force et la répression policière : charges violentes, utilisation d’armes létales, multiplication des interpellations et des déferrements.
La FSU condamne fermement cette réponse qui confirme que ce gouvernement est aux abois, ne sachant répondre que par la violence à la colère sociale, y compris celle de la jeunesse. La simple participation des lycéens et lycéennes aux mobilisations ne doit entraîner ni sanctions ni poursuites.
La FSU apporte son soutien à toutes les personnes qui ont été blessées ces derniers jours et espère que les rassemblementsetmanifestationsà laRéunioncontinueront d’être pacifiques.
Les violences doivent cesser, la jeunesse doit être protégée. Il y a urgence à permettre l’expression lycéenne et étudiante sans entrave et dans un cadre démocratique, pacifique, libre et serein. L’École forme des futurs citoyens qui doivent pouvoir exercer leurs droits à s’exprimer, à manifester, à se réunir.
Les réponses apportées dans un deuxième temps sont loin d’être satisfaisantes pour répondre aux revendications des lycéens :
• Plateforme pour recueillir les demandes des lycéens : On sait ce que vont en devenir les réponses (rappelons–nous des cahiers de doléences des gilets jaunes, des conclusions de la convention citoyenne, ...)
• Moments de démocracie participative dans les lycées : De telles discussions ont déjà lieu régulièrement dans les établissements. Cette proposition n’a donc pour seul but que de faire retourner les élèves dans leurs lycées
• 3000 nouveaux professuers devant les élèves : D’où viennent ces enseignants ? Comment seront-ils affectés ? Neva-t-on pas déshabiller Pierre pour habiller Paul ?
Ces propositions sont le signe d’un ministre et d’un gouvernement ne sachant pas quoi répondre sur le fond, et essayant de gagner du temps en espérant un essoufflement du mouvement.
Les lycéens ne sont pas dupes, et décident de poursuivre leur mobilisation. La FSU se tient donc à leurs côtés, a posé un préavis de grève sur toute la période et appelle les personnels de l’éducation, tout en respectant l’indépendance de ce mouvement lycéen, à accompagner ces élèves, à les encadrer et à les protéger, notamment lors des rassemblements et manifestations prévusau cours de cette mobilisation.
Le gouvernement doit répondre aux revendications par des réponses budgétaires et politiques. Si le budget ne présente aucune réponse à la colère qui s’exprime, il portera une très lourde responsabilité dans l’aggravation de la situation.
La FSU Réunion
