Smur pédiatrique : les élus de la Civis demandent la suspension de toute décision d'implantation d'un site unique dans le nord

  • Publié le 12 octobre 2026 à 17:07
  • Actualisé le 12 octobre 2026 à 17:33
helicoptere du samu

(Actualisé) "Manque de respect, provocation" les élus de la Civis s'indignent de la façon dont les décisions sont prises au sujet du Smur pédiatrique. Ils parlent d'une même voix lorsqu'ils demandent à Jean-Jacques Coiplet, directeur de l'Agence régionale de santé, des explications quant aux choix de mettre en place une seule antenne du Smur pédiatrique au nord de l'île, en lieu et place de deux antennes, dont l'une au sud. "Les élus demandent la suspension de toute décision sur l'implantation d'un site unique pour le SMUR pédiatrique, et de réunir sans délai les élus de la Civis en leur communiquant les données et études ayant fondé ce choix". (Photo : Stephan Laï-Yu/www.imazpress.com)

Ce lundi 12 octobre 2026, les élus de la Civis partagent leur indignation : "Les moyens prévus pour les urgences pédiatriques apparaissent en effet concentrés dans le Nord : 2,8 millions d'euros, des véhicules et des recrutements, quand le Sud se voyait doter d'une infirmière. Une telle répartition est inéquitable. Elle place l'ensemble du Sud, dans une situation critique face à l'urgence pédiatrique, où chaque minute compte pour la vie d'un enfant. Cette situation constitue, à nos yeux, une véritable provocation et témoigne d'un manque de respect envers les élus du Sud et envers la démarche que nous avons engagée au service de nos populations".

Le mercredi 30 septembre 2026, l'Agence régionale de santé (ARS) et le CHU réfutaient toute suppression de soins d'urgence pédiatriques dans le sud. Lionel Calenge, directeur général du CHU de La Réunion annonçait alors la création d'un Smur pédiatrique régional localisé au nord de l'île.

"Au départ, nous partions sur deux antennes, l'une au nord, l’autre au sud, mais ce dispositif ne couvrait que 35 % des besoins. Le projet retenu va couvrir 100 % des besoins sur tout le territoire", explique-t-il. Le 17 septembre dernier, l'Association des maires de La Réunion (AMDR) avait exprimé son inquiétude concernant la suppression potentielle du SMUR pédiatrique et néonatal du sud de l'île. Une décision que les maires des villes de la Civis refusent d'accepeter. 

À lire aussi : Smur pédiatrique : le CHU réfute toute suppression dans le Sud et annonce la création d'un nouveau dispositif régional

- "Manque de respect, provocation" les élus de la Civis s'indignent de la façon dont les décisions sont prises au sujet du Smur pédiatrique  - 

L'implantation d'une antenne unique du Smur pédiatrique au nord de l'île crystalise les tensions entre les élus des différentes ville de la Civis et l'ARS. Les élus dénoncent un manque de respect de la part de l'Agence Régional de Santé :  "Cette situation constitue, à nos yeux, une véritable provocation et témoigne d'un manque de respect envers les élus du Sud et envers la démarche que nous avons engagée au service de nos populations", expliquent les élus. 

Dans un communiqué envoyé aux rédactions ce lundi 12 octobre 2026, les maires des villes de l'Étang-Salé, des Avirons, de Petite-Île, Saint-Louis, Saint-Pierre et de Cilaos ne comprennent toujours pas le choix de l'ARS, ils ne comprennent pas non plus le manque de respect et qualifie la façon de faire de provocation. 

Au directeur de lARS, les élus écrivent : "Les maires et élus de la Civis tiennent à vous faire part, sans détour, de leur vive inquiétude et de leur profonde indignation quant à la manière dont est conduit le dossier du SMUR pédiatrique. Lorsque nous vous avons alerté sur le risque d'un renoncement à une organisation en deux antennes, l'une à Saint-Pierre, l'autre à Saint-Denis, vous vous étes étonné que nous puissions nous fonder sur de simples "rumeurs" et avez souhaité connaitre les acteurs qui les relayaient. Vous nous avez surtout assuré qu'une décision de cette importance ne saurait être envisagée sans concertation préalable avec les élus".

"Or les faits contredisent ces assurances" ajoutent les élus. 

"Vous avez par ailleurs informé monsieur David Lorion, maire de Saint-Pierre et Président de la Civis, quelques heures avant la conférence de presse, par téléphone, de l'existence d'un projet régional reposant sur un site unique au Nord. Il vous a immédiatement exprimé sa forte désapprobation. Une annonce faite à la dernière minute ne saurait tenir lieu de concertation avec les élus".

La lettre continue ainsi : "Nous vous demandons en conséquence de suspendre toute décision sur l'implantation d'un site unique pour le SMUR pédiatrique, de réunir sans délai les élus de la Civis en leur communiquant les données et études ayant fondé ce choix ainsi que la répartition précise des moyens financiers, matériels et humains prévus pour chaque site, et de rétablir l'organisation en deux antennes, Nord et Sud, initialement envisagée, avec des moyens équitablement repartis,

Faute de réponse satisfaisante, les élus de la Civis annoncent poursuivre leur mobilisation, "notamment en nous rapprochant de nos parlementaires et en saisissant les instances nationales, afin que ces choix ne soient pas appliqués au détriment des populations du sud".

À lire aussi : Inquiétude sur l'éventuelle suppression du SMUR pédiatrique et néonatal du Sud : l'AMDR écrit au directeur de l'Agence Régional de Santé

ee/www.imazpress.com/[email protected]

guest
0 Commentaires