L’heure n’est plus seulement à la promotion mais à la défense d’un modèle vital : à l’occasion du Salon International de l’Agriculture, les représentants de la Production Locale Réunionnaise (PLR) se mobilisent massivement pour porter la voix de l’excellence insulaire. Derrière la vitrine des savoir-faire, les acteurs des filières tirent la sonnette d’alarme : l’Europe doit rester un partenaire de confiance pour ses territoires d'Outre-mer et continuer à soutenir ses producteurs (Photo : sly/www.imazpress.com)
Ce rendez-vous intervient dans un contexte déterminant, celui des discussions engagées sur le prochain cadre financier pluriannuel européen, qui n’identifie toujours pas, à ce stade, clairement sa stratégie d’accompagnement en faveur des régions ultrapériphériques.
"Le Salon International de l’Agriculture est un temps essentiel de dialogue avec les décideurs publics pour les confronter aux réalités de nos filières. Nous profitons de ce moment privilégié pour exhorter les institutions européennes à ne pas tourner le dos aux Outre-mer, à honorer les engagements pris. Elles doivent entendre que le POSEI n’est pas un coût à réduire mais un investissement stratégique pour la souveraineté alimentaire, la cohésion et la paix sociale de nos territoires et l’avenir du projet européen dans ses régions les plus exposées. Produire, transformer et se développer à 10.000 kilomètres du continent est un défi de chaque instant. L’Europe doit rester ce partenaire de confiance en maintenant une politique adaptée à nos réalités, seule clé pour bâtir l’avenir", déclarent d’une seule voix les représentants de la PLR (Olivier Robert de l’ARIBEV, Thibaud Langlois de l’ARIV, Gérard Zitte de l’ARIPA, Côme Damour de l’ARIFEL, Michel Dijoux de l’ADIR et Philippe Labro du Syndicat du Sucre).
- Un choix politique aux conséquences lourdes -
En effet, à l’horizon 2028, la Commission européenne envisage de remettre en cause ces aides spécifiques. Une décision qui intervient paradoxalement au moment où l’Europe affirme pourtant vouloir renforcer sa souveraineté alimentaire, accélérer la transition écologique et sécuriser ses chaînes d’approvisionnement.
Remettre en cause le POSEI reviendrait inéluctablement à fragiliser brutalement des filières enbères, à menacer des milliers d’emplois, à reme_re en cause l’équilibre économique, social et territorial des Outre-mer qui produisent déjà sous de fortes contraintes. On ne peut prôner davantage d’autonomie tout en réduisant les budgets desbnés aux territoires qui l'incarnent chaque jour.
Car derrière les arbitrages budgétaires, ce sont des femmes et des hommes, des exploitations familiales, des savoir-faire industriels et des paysages qui sont en jeu. Affaiblir l’agriculture ultramarine, c’est accroître la dépendance alimentaire, renoncer à une production locale durable et exposer davantage encore ces territoires aux crises mondiales.
Un modèle agricole complémentaire, solidaire, qui produit, qui innove... et qui nourrit !
Au Salon International de l’Agriculture 2026, la PLR portera un message clair : à La Réunion, l’agriculture ne survit pas, elle produit, elle transforme, elle exporte, elle innove.
• Un espace politique : Un lieu stratégique de dialogue avec les décideurs nationaux et européens pour débloquer les freins (foncier, impasses phytosanitaires, renouvellement de la flotte de pêche, ...).
• Un espace vivant : Dégustations sublimées par la cheffe Larissa Rajaonarivelo et naturellement découverte des produits péi.
Au Pavillon 7.2 – stand N043, dans la continuité du Village Réunion, la PLR accueillera élus, décideurs institutionnels et grand public sur un espace de 72 m2, dédié à la compréhension d’un modèle agricole et de la pêche réunionnais fondé sur l’organisation collective et la complémentarité des filières. 2025
- Une année cyclonique révélatrice de la solidité et de la résilience du modèle agricole réunionnais -
L’année 2025 restera comme une année de chocs climatiques majeurs, marquée notamment par le passage du cyclone Garance, le 27 février, d’une intensité inédite depuis plus de soixante ans.
Ces événements extrêmes ont mis à rude épreuve l’ensemble des filières agricoles réunionnaises - fruits et légumes, élevage, canne-sucre, pêche et aquaculture - fragilisant leur capacité de production et accentuant les tensions économiques et logistiques.
Mais ils ont surtout rappelé une évidence : le modèle agricole réunionnais tient parce qu’il est solidaire et complémentaire.
Ces crises mettent en lumière des contraintes communes à toutes les filières et confirment la nécessité d’un accompagnement public adapté aux réalités ultramarines. Sans politiques différenciées, il n’y a pas de résilience durable.
- Des fragilités persistantes qui appellent des réponses durables -
À cet enjeu commun aux RUP s’ajoutent des difficultés plus spécifiques : pressions sur le foncier agricole, impasses phytosanitaires pour les secteurs maraîchers, arboricoles et pour la culture de la canne à sucre, prise en compte insuffisante des spécificités et des besoins des cultures tropicales dans les appels à projet, accompagnement complémentaire nécessaire des filière viande, incertitudes sur le renouvellement des flottes de pêche...
