Ce mercredi 18 février 2026, l'association One Voice annonce déposer un référé devant le tribunal administratif "contre l’arrêté préfectoral du 9 février 2026 autorisant la chasse aux tangues du 15 février au 15 avril 2026". L’association demande la suspension "en urgence" de ce texte. L'audience aura lieu ce jeudi. Nous publions ci-dessous le communiqué de l'association (Photo D.R.)
L’arrêté contesté ouvre la chasse aux tangues du 15 février au 11 mars 2026 avec interdiction de tuer les femelles et les petits non sevrés, puis du 14 mars au 15 avril 2026 sans restriction particulière.
Introduits sur l’île à partir de 1801, les tangues, petits mammifères insectivores originaires de Madagascar, font aujourd’hui partie du patrimoine naturel et culturel réunionnais. Leur population serait en fort déclin. Selon l’Office français de la biodiversité, cette baisse s’explique notamment par la destruction de leur habitat, une fécondité réduite, mais aussi par la chasse et le braconnage. Entre 2019 et 2021, leur population aurait chuté de 38 %.
Déjà victimes d’un braconnage massif, les tangues sont, en plus, traqués chaque année durant plusieurs mois au nom d’une chasse "traditionnelle " qui n’est rien d’autre que du déterrage.
Concrètement, des chasseurs envoient leurs chiens dans les terriers pour en extraire les animaux, alors même que les petits viennent de naître.
- L'animal arraché à son refuge pour le mettre à mort -
Cette pratique, qui consiste à arracher un animal à son refuge pour le mettre à mort, rappelle tragiquement le sort infligé aux blaireaux et aux renards lors de la vénerie sous terre dans l’Hexagone.
En plus d’être particulièrement cruelles, les périodes de chasse autorisées correspondent à des moments cruciaux pour l’espèce. Le pic de naissance est au mois de janvier.
Les nouveaux nés restent dans le terrier pendant les 20 premiers jours de leur vie, sont sevrés 50 jours après leur naissance, restent dépendants des adultes pendant encore plusieurs semaines et n’atteignent leur maturité sexuelle qu’au bout de 6 mois. Autoriser la chasse dès la mi-février expose donc directement les petits, encore dépendants de leur mère, ainsi que les femelles gestantes.
Même si l’arrêté interdit officiellement de tuer les femelles gestantes et les jeunes non sevrés durant la première période, cette précision est insuffisante pour protéger réellement les petits et les femelles des mises à mort, puisqu’en pratique, les chiens utilisés pour la chasse peuvent pénétrer dans les terriers et blesser ou tuer mères et petits.
- Des décisions de justice déjà intervenues contre cette pratique -
Plusieurs décisions récentes du tribunal administratif de La Réunion ont suspendu et annulé des arrêtés similaires. Le juge administratif a d’ailleurs récemment reconnu que la seule interdiction formelle de tuer les femelles gestantes et les jeunes non sevrés ne suffit pas à prévenir les risques liés à l’utilisation de chiens dans les terriers.
Pour One Voice, au-delà de la cruauté inhérente à la pratique du déterrage, l’arrêté du 9 février 2026 méconnaît ces précédents contentieux et ne tire pas les conséquences des annulations et suspensions successives.
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Tang ça lé bon ça. Dit à zot alé marché don.