Tribune libre de Jean-Claude Comorassamy

Le modèle "emplois-jeunes" de 1997 a été un tremplin à l'emploi durable, pourquoi pas son retour ?

  • Publié le 7 février 2026 à 11:47
  • Actualisé le 7 février 2026 à 12:06
village emploi au port

Le dispositif emplois-jeunes de 1997 a largement contribué, à faire baisser le chômage des jeunes par la création des milliers emplois permanents. Son efficacité invite aujourd'hui nos élus à réfléchir sur les meilleures réponses à apporter pour lutter contre ce chômage endémique. (Photo sly/www.imazpress.com)

À l'opposé de la proposition du MEDEF dernièrement avec son "CPE bis" (contrat premier emploi) qui pourrait être rompu sans motif pendant les trois premières années, dont la finalité "travailler pour la peau patate", tout en bénéficiant des aides financières et des exonérations maximales de la part de l'État.

Tandis que les anciens "emplois-jeunes" créés à la fin 1997 en faveur de l'emploi des jeunes dans les secteurs non marchand et associatif, contrats de droit privé à durée déterminée (60 mois) ou indéterminée, avaient répondu aux deux dimensions, d'une part satisfaire à des besoins de services n'ayant pas encore reçus de réponses adaptées ou renforcées, d'autres part améliorer la situation de l'emploi des jeunes.

Évidemment, une grande grosse partie du coût de ces emplois a été subventionnée par l'État, puisqu'il a accordé un montant annuel forfaitaire par poste créé (hauteur 80% du SMIC charges comprises à l'époque) pendant 5 ans pour un temps plein.

Le jeune percevait un salaire au moins égal au salaire minimum (SMIC) ou au minimum conventionnel éventuellement applicable. Ces contrats peuvent être suspendus afin de permettre au jeune d'effectuer une période d'essai dans un autre emploi et aussi s'orienter à des formations.

Les employeurs ont été des organismes de droit privé à but non lucratif tels que les associations, les employeurs de droit public, les collectivités territoriales, les intercommunalités, les établissements publics hôpitaux, éducation nationale et services de l'Etat, des structures de droit privé chargées de la gestion d'un service public structures sociales, médico-sociales dont les EHPAD (Établissement d'Hébergement des Personnes Âgées Dépendantes).

Des véritables métiers et personnels formés depuis, comme des aides-éducateurs, informaticiens, aides-documentalistes, adjoints de sécurité auprès de la police, aide-bibliothécaires...etc, etc tous ces jeunes avec des contrats de professionnalisation et formations ont pu accéder à des nouveaux postes. Certains sont devenus éducateurs suite à la formation à l'IRTS (Institut Régional de travail social), d'autres infirmiers ou ouvriers professionnels...etc, etc. Vous remarquez qu'il n'y a rien à voir aux contrats aidés actuels.

Alors que nous savons déjà que les moyens sont insuffisants dans le secteur social, médico-social, éducatif, santé...etc, pour répondre à des besoins croissants.

Nous savons aussi par apport au vieillissement de la population, face à la perte d'autonomie, des milliers d'emplois seront nécessaires et qu'il faudra créer plusieurs milliers de place en EHPAD, aussi des aides à domicile et soins (d'après les statistiques de la DRESS). Les politiques ne peuvent pas faire la sourde oreille et de dire qu'ils ne savaient pas.

La problématique des emplois-jeunes, défis du vieillissement de la population et de perte d'autonomie doivent devenir un enjeu clé des futures élections, que ce soit les élections municipales, départementales surtout les présidentielles. Il s'agit d'un défi de recrutement, de places en EHPAD, de soins, de services à domicile, habitats adaptés....etc, etc.

Nous savons aussi que faute d'une loi de programmation, nous n'aurons ni les financements, ni les professionnels nécessaires pour répondre à ces nouveaux besoins.

Malgré tout, le dispositif emplois-jeunes comme en 1997 sous l'ère du gouvernement Lionel Jospin, devrait être réactivé pour sauver du cataclysme qui s'annonce.

Il s'agit d'une vision à répondre au mieux au vieillissement de la population tout en donnant espoir à nos jeunes qui vont retrouver un travail qui ne sera pas un travail précaire, un vrai métier grâce à la formation et un salaire.

Maintenant la balle est le camp des politiques.

Jean Claude Comorassamy

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1 Commentaires
Zangui
Zangui
3 heures

Bana lé okipé po ramas mentèr Odilé Lebon Ratenon, Gaillard, Mayo, Naillet....? Nou va voir zot proposition ké zot nana po nout mon gramoune et po mwin jeune kan nora débat dan' télé.