Tribune libre de Ary Yee-Chong-Tchi-Kan

Le mois de janvier achève la clarification

  • Publié le 8 février 2026 à 19:46
  • Actualisé le 8 février 2026 à 19:55
Des voitures en attente d'exportation au terminal à conteneurs de Longtan du port de Nanjing, dans la province du Jiangsu, le 14 janvier 2026 en Chine

Au lendemain des fêtes, Trump envahit le Venezuela et capture le président Maduro et son épouse. Il en est fier et exhibe son trophée, menottes aux poignets. Il se lance dans une offensive au Groenland, puis déplace sa puissance maritime dans une tentative d’attaquer l’Iran. Dans les 3 cas, Trump agit sans contrôle et se heurte à une résistance sournoise.

En effet, les pays alliés des Etats-Unis se précipitent en Chine pour rencontrer le grand chef communiste. Ils signent des échanges commerciaux et des accords de coopération. Citons : la France, la Corée du Sud, l’Irlande, le Canada, la Finlande et le Royaume-Uni. Ils suivent le courant dominant de l’Histoire.

Le premier ministre du Canada expose son analyse. Selon lui, nous sommes au cœur d’une « rupture » et non  d’une « transition ». L’ordre ancien était « une fiction ». Lui qui a dirigé la banque centrale du Canada proclame qu’on ne reviendra pas arrière. « Nous ne devrions pas le regretter. La nostalgie n’est pas une stratégie ». Il pointait du doigt la politique hégémonique des Etats-Unis, engluée dans une dette de plus de 38 000 milliards de dollars. Incapable de rembourser, Trump utilise la force, le chantage et le viol des souverainetés pour atténuer son malheur.

Du côté de la Chine, le 31 janvier 2026, XI Jinping écrit une tribune dans le journal théorique du Parti communiste Chinois « Qiushi ». Il délivre sa vision d’une nouvelle architecture monétaire mondiale et du rôle du Yuan. La perspective est claire : accélérer les conditions d’exportation du Yuan et le doter d’un statut de réserve monétaire. Les victoires déjà obtenues dans la plupart des secteurs stratégiques vont stimuler la confiance. Le Yuan ne représente que 2% des réserves mondiales. Le marché est ouvert. La dégringolade du dollar offre des marges substantielles.

Le terrain est propice. La Chine est le premier partenaire commercial de 120 pays. Elle va réformer son système financier : une « banque centrale forte », des institutions financières de dimension mondiale, des centres financiers capables d’attirer les capitaux mondiaux et influencer les prix. Le ton est donné. Le yuan sera garanti sur l’or. La mesure rappelle un moment historique où, en 1944, à Bretton-Woods, 44 nations ont signé des Accords pour gérer l’après-guerre. Le dollar devenait une référence mondiale sur la base 1 dollar = 0,31 once d’or. Cet étalon a été brisé par le président Américain Nixon, le 15 août 1971. A sa place, les Etats-Unis impriment des dollars en papier sans garantie solide. La fameuse fiction.

La Chine, elle, parie sur l’or comme elle a parié sur les terres et métaux rares dont elle domine le marché. En 2026, l’once d’or pourrait dépasser les 5000 dollars; en 2030, plus de 7000. Elle valait 35 dollars en 1944. La raréfaction de ce métal précieux, le coût de son extraction et de sa transformation en feront un axe stratégique majeur. La Chine est blindée et ne communique pas sur son stock d’or. Cependant, en ce début de février, la question est : la Chine seule pourra-t-elle faire face à la déflagration si par « stupidité » du président américain, la situation intérieure des Etats-Unis devient incontrôlable?

Ary Yee-Chong-Tchi-Kan

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